La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
- Автор: Нивен Ларриё, Пурнель Джерри
- Год: 1981
- Язык: французский
- Год: Albin Michel
- ISBN: 2-226-01315-6
- Переводчик: Eric Cowen
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
Rod avait déjà entendu parler de la géante gazeuse. Les premiers astronomes en avaient déduit l’existence d’après des perturbations dans l’orbite du Grain autour de l’Œil. Ils connaissaient la masse de cette planète gazeuse et le Mac-Arthur la trouva presque exactement à l’endroit où il la cherchait : soixante-dix degrés par rapport au Grain. Elle était plus lourde que Jupiter, mais plus petite, bien plus dense, avec un noyau de résidus de fusion. Tandis que les scientifiques travaillaient, les militaires calculaient des routes vers la planète, au cas où un des vaisseaux aurait à se ravitailler en propergol. C’était une rude épreuve pour les astronefs et les équipages que d’aller écoper de l’hydrogène, en fonçant à travers l’atmosphère d’une géante gazeuse sur une trajectoire hyperbolique, mais cela valait toujours mieux que de rester coincé dans un système stellaire lointain et étranger.
« En ce moment, nous cherchons les points troyens, commandant », dit Buckman à Rod, deux heures après la percée.
« Avez-vous repéré la planète habitée ?
— Pas encore. » Buckman raccrocha.
Pourquoi Buckman s’inquiétait-il des points troyens ? Soixante degrés avant et après la planète géante se trouveraient deux points d’équilibre, appelés troyens en souvenir des astéroïdes qui occupent des emplacements analogues sur l’orbite de Jupiter. Après des millions d’années, ils auraient ramassé des nuages de poussière et des agrégats de rocher. Mais pourquoi Buckman s’en souciait-il ?
L’astrophysicien appela après avoir fait aboutir sa recherche. « Ils sont pleins à craquer ! dit Buckman, qui exultait. Soit ce système est plein d’astéroïdes d’un bout à l’autre, soit il règne ici une nouvelle mécanique céleste. Il y a plus de saletés aux troyens de béta du Grain qu’on en a jamais signalé dans aucun autre système. C’est un mystère qu’elles ne se soient pas agglomérées pour former deux lunes…
— Avez-vous trouvé la planète habitable ?
— Pas encore », dit Buckman en disparaissant de l’écran. Cela se passait trois heures après la percée.
Il rappela une demi-heure plus tard. « Les astéroïdes des points troyens ont une très haute albédo, commandant. Ils doivent être englués de poussière. Ça expliquerait peut-être pourquoi tant de gros corps célestes y sont restés. Les nuages de poussière les ralentissent, puis les polissent…
— Docteur Buckman ! Il y a un monde habité dans ce système et il est vital que nous le trouvions ! Ce sont les premiers extraterrestres intelligents…
— Bon sang, commandant, on cherche ! On cherche ! »
Buckman jeta un coup d’œil sur le côté et se retira.
L’écran resta blanc pendant un instant, ne montrant qu’une vue mal mise au point d’un technicien assis en arrière-plan.
Blaine se retrouva face au ministre de la Science, Horvath, qui dit : « Excusez mon intrusion, commandant. Dois-je comprendre que vous n’êtes pas satisfait de nos méthodes de travail ?
— Docteur Horvath, je ne veux pas empiéter sur votre domaine. Mais vous avez pris le contrôle de tous mes instruments et on ne me parle que d’astéroïdes. Je me demande si nous cherchons la même chose ? »
La réponse d’Horvath fut calme. « Nous ne sommes pas au milieu d’un combat spatial, commandant. » Il marqua une pause. « Lors d’une opération de guerre, vous connaîtriez votre cible. Vous posséderiez probablement les éphémérides des planètes de tout système vous intéressant…
— Mince, les équipes géologiques trouvent bien les planètes qu’elles cherchent.
— Avez-vous jamais fait partie de l’une d’elles ?
— Non.
— Eh bien, imaginez le problème que nous affrontons. Jusqu’à ce que nous ayons localisé la géante gazeuse et ses points troyens, nous n’étions pas sûrs du plan de l’écliptique du système. D’après les instruments de la sonde, nous avons déduit la température que les Granéens trouvent confortable. À partir de cela nous avons déduit quelle distance devait séparer leur planète de leur soleil… mais il nous reste tout de même un toroïde de cent vingt millions de kilomètres de rayon à fouiller. Vous me suivez ? »
Blaine hocha de la tête.
« Nous allons devoir examiner toute cette région. Nous savons que la planète n’est pas cachée derrière le soleil parce que nous sommes au-dessus du plan équatorial du système. Mais, quand nous aurons fini de photographier tout cela, il nous restera à trouver un petit point de lumière au milieu de cet énorme champ d’étoiles.
— Peut-être étais-je trop impatient.
— Peut-être. Nous attendons tous aussi patiemment que nous le pouvons. » Il sourit – un spasme qui plissa son visage durant moins d’une seconde – et disparut.
Six heures après la percée, Horvath revint au rapport. Il n’y avait pas trace de Buckman. « Non, commandant, nous n’avons pas trouvé la planète habitée. Mais les observations du docteur Buckman, source de gaspillage de notre temps, ont permis d’identifier une civilisation granéenne. Aux points troyens.
— Ils sont peuplés ?
— Absolument. Ils sont tous deux remplis d’émissions de microondes. L’albédo des planétoïdes les plus gros aurait dû nous y faire penser. Les surfaces polies sont des produits naturels de la civilisation… J’ai peur que l’équipe du docteur Buckman ne travaille un peu trop dans l’optique d’un univers mort.
— Merci, docteur. Ces émissions nous sont-elles destinées ?
— Je ne le pense pas, commandant. Mais le troyen le plus proche est en dessous de nous, selon le plan du système… à environ trois millions de kilomètres. Je suggère que nous y allions. D’après la densité des communications qu’on trouve ici, il se peut que la planète habitée ne soit pas le lieu central de la civilisation granéenne. Peut-être comme la Terre. Ou pis que ça. »
Rod fut remué. Il avait trouvé la Terre elle-même fort choquante, et pas tant d’années en arrière que cela… On avait établi la Néo-Annapolis sur le monde d’origine pour que les officiers impériaux sachent bien combien le grand œuvre de l’Empire était vital.
Si les hommes n’avaient pas connu la propulsion Alderson avant les dernières batailles de la Terre et que l’étoile la plus proche ait été distante de trente-cinq années-lumière au lieu de quatre… « Quelle pensée abominable.
— Je suis bien d’accord. On ne peut que deviner, mais, quoi qu’il en soit, il y a une activité civilisée tout près et je pense que nous devrions y aller voir.
— Je… un instant. » Le chef de timonerie Lud Shattuck était dans le puits d’accès à la passerelle et faisait des signes désespérés vers l’écran numéro quatre de Rod.
« Nous avons mis en marche les systèmes de localisation d’émission radio, capitaine, cria Shattuck. Regardez. »
L’écran montrait un espace noir ponctué de points blancs correspondant aux étoiles, et d’une tache bleu-vert entourée d’un cercle lumineux. Rod vit la tache clignoter, deux fois.
« Nous avons trouvé la planète des Granéens », dit Rod avec satisfaction. Il ne put y résister : « Nous vous coiffons sur le poteau, docteur. »
Après cette longue attente, il semblait que tout arrivait en même temps.
La lumière d’abord. Il aurait pu se trouver derrière elle un monde semblable à la Terre et c’était sans doute le cas, car elle était située dans le tore qu’Horvath explorait. Mais elle cachait ce monde et il n’était pas surprenant que les gens du service des communications l’ait trouvée les premiers. C’était leur travail que de rechercher les émissions radio.