Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Les enfants d'Icare - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les enfants d'Icare

Электронная книга - «Les enfants d'Icare». Краткое содержание книги:

« Il se trouvait à un moment où l’Histoire retient son souffle, où le présent se détache de ce qui a été… Toutes les réussites du passé se trouvaient réduites à néant, mais une seule pensée revenait inlassablement dans l’esprit de Reinhold comme un écho tenace : désormais l’homme n’était plus seul dans l’univers. »
L’astronef étranger s’était posé sur Terre et nul ne l’avait vu arriver. Maintenant qu’il était là, plus rien ne serait comme avant. Sans se montrer, ses occupants ne tardent pas à imposer leur volonté à l’homme. Ils exigent et obtiennent le désarmement général.
L’action des Suzerains est incontestablement bénéfique et cependant un doute terrible subsiste… Pourquoi aucun humain n’a-t-il pu les apercevoir ? L’existence de l’humanité n’est-elle pas menacée ?
1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 63
Перейти на страницу:

Un vent de tempête continuait de souffler dans son crâne quand, s’approchant de la berge, il laissa errer son regard sur la Tamise dont le flot paresseux glissait vers la mer. Il était difficile pour un garçon ayant la formation scientifique orthodoxe qui était la sienne de s’incliner devant la preuve qu’il détenait dorénavant. Il n’aurait jamais la certitude absolue de sa véracité mais les présomptions étaient écrasantes. Tout en suivant le bord du fleuve à pas lents, il passa les faits en revue.

Premier fait : Aucune des personnes présentes chez Rupert lors de la soirée n’avait pu savoir qu’il poserait cette question-là. Lui-même ne le savait pas d’avance. Ç’avait été une réaction spontanée dictée par les circonstances. Donc, personne n’avait pu préparer de réponse, personne n’avait pu avoir cette réponse toute prête dans la tête.

Second fait : « NGS 549672 » ne signifiait sans doute rien pour quiconque n’était pas astronome. Bien que le grand recensement géographique national eût été achevé un demi-siècle auparavant, seuls quelques milliers de spécialistes étaient au courant de son existence. Quelqu’un qui y choisirait un nombre au hasard serait dans l’incapacité de dire en quel point du ciel se trouvait l’étoile correspondante.

Mais – et c’était le troisième fait qu’il découvrait soudain – la petite étoile insignifiante baptisée NGS 549672 était précisément située au bon endroit, au cœur de la constellation de Carina, à l’extrémité du lumineux sillage que Jan avait vu quelques nuits plus tôt quitter le système solaire pour s’enfoncer dans les abîmes de l’espace.

Une coïncidence ? C’était invraisemblable. NGS 549672 ne pouvait pas ne pas être la patrie des Suzerains. Cependant, accepter cette thèse, c’était violer tous les principes de la méthode scientifique auxquels Jan était indéfectiblement attaché. Eh bien soit ! Violons les principes ! Acceptons comme un fait que la fantastique expérience de Rupert ait d’une façon ou d’une autre établi un contact avec une source de connaissances jusque-là insoupçonnée !

Rashaverak ? C’était, semblait-il, l’explication la plus probable. Le Suzerain s’était trouvé en dehors du cercle mais ce n’était là qu’un détail secondaire. D’ailleurs, ce n’était pas le mécanisme paraphysique qui intéressait Jan, mais seulement l’exploitation du résultat obtenu.

On savait fort peu de chose sur NGS 549672 que rien ne distinguait d’un million d’autres étoiles. Le catalogue indiquait toutefois sa magnitude, ses coordonnées et les caractéristiques de son spectre. Il suffirait de se documenter un peu et d’effectuer quelques calculs élémentaires pour savoir, de manière au moins approximative, à quelle distance de la Terre orbitait la planète des Suzerains.

Un sourire se forma lentement sur les lèvres du jeune homme quand, tournant le dos à la Tamise, il balaya du regard la blanche et étincelante façade du Palais des Sciences. Savoir, c’est pouvoir – et il était le seul homme sur Terre à savoir d’où les Suzerains étaient originaires. Quel usage ferait-il de ce savoir, il l’ignorait. Il resterait enfoui à l’abri dans son cerveau en attendant que l’heure sonne à l’horloge du destin.

10

La race humaine continuait de se prélasser avec indolence sous le soleil de ce long été de paix et de prospérité sans nuages. Il était inconcevable que l’hiver vienne. L’Âge de Raison, trop prématurément annoncé deux siècles et demi plus tôt par les artisans de la Révolution française, était vraiment arrivé. Cette fois, il n’y avait pas à en douter.

Cela n’allait évidemment pas sans certains inconvénients, mais on les acceptait de bonne grâce. Il fallait être d’un âge canonique pour se rendre compte que les journaux que sortaient les télé-imprimeurs dont tous les foyers étaient équipés étaient d’une lecture quelque peu fastidieuse. C’en était fini des crises qui, jadis, faisaient les gros titres à la une. Il n’y avait plus de crimes mystérieux pour dérouter la police et faire naître dans le cœur des foules cette vertueuse indignation qui n’était souvent qu’envie refoulée. Les meurtres qui se commettaient n’étaient jamais mystérieux : il suffisait de manœuvrer un cadran et l’on assistait de visu à sa reconstitution. L’existence d’instruments capables d’une telle prouesse avait suscité au début une panique phénoménale parmi les citoyens les plus respectueux de la loi. Cet affolement, les Suzerains, pour qui la plupart des caprices de la psychologie humaine n’avaient pas de secrets mais à qui certaines de ses excentricités échappaient encore, néanmoins, ne l’avaient pas prévu. Ils s’étaient vus dans l’obligation de préciser sans équivoque qu’aucun mouchard n’espionnerait les Terriens et qu’une surveillance extrêmement stricte serait exercée sur le nombre infime d’appareils confiés à des mains humaines. C’est ainsi, par exemple, que le projecteur de Rupert Boyce cessait d’être opérant au delà des limites de la réserve, de sorte que Maïa et lui-même étaient les seules personnes qui se trouvaient dans son rayon d’action.

La presse n’accordait même pas une attention particulière aux rares crimes graves qui avaient lieu : les gens bien élevés, après tout, ne font pas de gorges chaudes sur les aberrations d’autrui.

La durée de la semaine de travail était maintenant de vingt heures en moyenne mais ces vingt heures étaient une sinécure. Les tâches qui demeuraient encore étaient des besognes mécaniques de routine. L’intelligence humaine était trop précieuse pour être gaspillée alors que quelques centaines de transistors, une poignée de cellules photo-électriques et un mètre cube de circuits imprimés étaient parfaitement capables d’accomplir le même labeur. Certaines usines fonctionnaient des semaines entières sans recevoir la visite d’un seul être humain. On ne faisait appel à l’homme que pour dénouer les situations délicates, prendre les décisions, concevoir de nouvelles entreprises – les robots se chargeaient du reste.

Une pareille somme de loisirs aurait, un siècle plus tôt, créé d’énormes problèmes. L’éducation avait résolu la plupart d’entre eux, car un esprit bien meublé ignore l’ennui. Le niveau de culture existant aurait été inimaginable autrefois. Rien ne permettait de penser que l’intelligence de l’espèce eût progressé, mais pour la première fois, l’individu avait toutes les possibilités voulues pour utiliser au mieux ses capacités intellectuelles.

Presque tout le monde possédait deux résidences situées en des points très éloignés du globe. Maintenant que les pôles étaient ouverts à l’habitat, une considérable fraction de la race humaine émigrait régulièrement tous les six mois de l’Arctique à l’Antarctique afin de bénéficier du long été polaire qui ignorait la nuit. À moins que l’on préférât se retirer dans le désert, au sommet des montagnes ou même sous la mer. Aucun lieu de la planète n’était désormais inaccessible à la science et la technologie. Il suffisait que l’on ait vraiment envie d’y aller.

Les plus originales de ces résidences offraient de temps en temps à la presse l’occasion de publier des nouvelles à sensation. Même dans la société la plus parfaitement organisée, il y aura toujours des accidents. Peut-être le fait que des gens estimaient que la possession d’une villa douillette nichée sous le faîte de l’Everest ou derrière le rideau écumant des chutes du Zambèze valait la peine de prendre le risque de se rompre le cou – ce qui arrivait quelquefois – était-il un bon signe. Cela avait pour conséquence qu’il y avait toujours quelqu’un à sauver quelque part. C’était devenu une sorte de jeu – presque un sport planétaire.

1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 63
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)