Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
« Balise déclenchée ! cria Engilbert du bas de la dune.
— C’est pas trop tôt, gronda Tancrède en serrant les dents, les yeux rivés sur le sommet de la dune en face. Allez, montrez-vous un peu… »
Les tirs venant du fond des dunes ralentirent alors brutalement, comme si les ennemis hésitaient sur la conduite à tenir.
« Restez planqués ! lâcha Tancrède dans son micro à l’adresse de Liétaud et Ludovico. Laissez-les se pointer de notre côté ! »
Alors même qu’il prononçait ces paroles, une trentaine d’hommes surgirent dans le désordre du faîte de leur dune et se jetèrent sur l’autre versant, en plein dans leur axe de tir. Ils se remirent aussitôt en position pour faire face à une attaque venant de poursuivants hypothétiques.
« Ça y est, ils sont tombés dans le panneau ! »
Tancrède se dressa de toute sa hauteur sur la crête de sable et hurla : « Feu à volonté ! »
Les seize hommes restants de l’unité se mirent alors à décharger leurs armes sur les soldats massés en bas. Le temps que ceux-ci réalisent leur erreur, la moitié avait déjà été abattue, submergée sous un déluge de charges d’énergie pure qui suscitaient des geysers de sable virevoltants. Dans la panique, ils retournèrent de l’autre côté de la dune, mais Liétaud et Ludovico les y accueillirent par leurs tirs de fusil T-farad, faisant encore cinq morts dans leurs rangs.
Envahi par une irrésistible ardeur guerrière, Liétaud avançait en vidant son arme sur les ennemis au lieu de rester à couvert comme Ludovico. Tout à coup, il fut soulevé de terre et violemment projeté en arrière, atteint d’une charge d’énergie en plein thorax. Tancrède le vit traverser la crête de la dune de part en part comme un obus et disparaître de l’autre côté.
Les ennemis encore en état de se battre s’étaient repliés sur l’autre versant de leur dune et tiraient de manière sporadique. Pressé d’en finir et rageant de la perte de Liétaud, Tancrède lança la charge en hurlant : « Assaut ! Assaut ! »
Galvanisés par leur chef, tous les hommes du détachement se ruèrent alors à l’assaut de la crête ennemie et la bataille devint sauvage. Mais cette fois, ils avaient l’avantage du nombre et leurs adversaires se trouvèrent rapidement débordés. Les derniers combats furent menés quasiment à bout portant, les charges T-farad terrassant les ennemis encore debout à seulement quelques mètres de distance. Pas un ne jeta son arme pour se rendre. Pas un ne survécut.
Le silence succéda à la fureur de la mêlée. Exténués, les hommes du premier détachement de la 78e unité se laissèrent tomber sur le sol en cherchant leur souffle, la gorge en feu. Tancrède fit rapidement le compte de leurs pertes et dénombra huit morts dans leurs rangs. Puis il grimpa sur la dune où il avait vu Liétaud pour la dernière fois.
De l’autre côté, il découvrit le corps de Ludovico, touché dans les derniers instants du combat, ceux de Renaud et Olinde et tout en bas, celui de Liétaud, immobile. Il se retourna et vit Engilbert qui l’interrogeait du regard depuis le sommet de l’autre dune. Il se connecta sur son canal.
« Engilbert, je crois que j’ai une mauvaise nouvelle… », commença-t-il. Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase.
Un homme descendait du ciel pour se mettre à sa hauteur, porté par une petite plate-forme métallique flottant dans les airs. Il avait une tenue d’officier et le grade de capitaine. Au-dessus de lui, une grille circulaire rattachée à la plate-forme diffusait un souffle d’air frais lui évitant ainsi de souffrir de la chaleur.
« Lieutenant de Tarente ! Félicitations pour cette manœuvre de débordement. Très adroit.
— Merci, mon capitaine, répondit Tancrède en inclinant la tête. J’ai néanmoins perdu quarante pour cent de mes hommes.
— Oui, mais eux, ils en ont perdu cent pour cent, répondit l’officier en montrant les corps de leurs adversaires d’un air satisfait. Voilà ce qui compte ! »
Il appuya sur l’un des boutons de son pupitre et la note basse d’une corne retentit dans les hauteurs avec la puissance du tonnerre. Suivi une voix synthétique qui annonça : Fin de l’exercice.
À cet instant, les morts se réveillèrent.
Ceux qui avaient été mortellement touchés pendant les combats se redressèrent en frottant leurs membres endoloris, comme s’ils sortaient d’un sommeil difficile. Certains soldats de la 78e leur tendirent la main pour les aider à se relever. Le capitaine déplaça sa petite plate-forme afin de s’approcher d’eux et les apostropha en pointant un doigt accusateur :
« Quant à vous, bande d’incapables, vous rendez-vous compte de la facilité avec laquelle vous avez été trompés ! Vous n’êtes que des d’assistés de la technologie ! Dès que vos appareils ne vous renseignent plus, vous faites n’importe quoi ! Mais vous verrez lorsque vous serez là-bas, vous apprendrez la différence qu’il y a entre réalité et simulation ! »
Les ex-trépassés baissaient la tête ou regardaient ailleurs de peur d’affronter le visage furibond de l’officier instructeur, qui ajoutait à la honte d’avoir été battus l’humiliation de leur faire la leçon en public. Les vainqueurs, eux, pouffaient discrètement devant leurs mines déconfites, savourant le plaisir d’échapper à la diatribe.
Pendant ce temps, Tancrède était descendu de l’autre côté et aidait Liétaud à se remettre sur ses jambes. Le Flamand peinait encore pour retrouver son sens de l’équilibre : « Ah Seigneur, comme je déteste la sim-mort. Cet état d’inconscience me file des migraines terribles à chaque fois. Je suis sûr que la vraie mort est moins désagréable que ça !
— Ne sois pas trop pressé de pouvoir comparer », dit Tancrède en riant.
Le jeune homme était toujours de mauvaise humeur lorsqu’il se faisait abattre.
« Allez, arrête de râler. Tu as voulu jouer les têtes brûlées, tu en as payé le prix.
— Je sais, je sais », maugréa Liétaud. Il se frotta la nuque avec une grimace. « Je n’ai pas pu résister.
— Avec toi, c’est toujours pareil. Tu te tiens à carreau pendant les neuf dixièmes de la mission et tu perds patience à la fin. Crois-tu que ton statut de Classe 3 empêche les charges de t’atteindre ?
— C’est bon, c’est bon. Arrête le sermon, on croirait entendre mon frère. »
Ils remontèrent en haut de la dune. Soudain, le ciel disparut et le soleil s’éteignit, laissant place à un gigantesque dôme métallique, strié de centaines de poutres parallèles et ponctué d’autant de projecteurs holo. Les dunes ainsi que les quelques rocs épars étaient toujours là, constituant un désert artificiel circulaire de plus de cinq cents mètres de diamètre. Sous le sol se cachaient d’énormes machineries qui permettaient de modifier la topographie du dôme en moins d’une nuit et, théoriquement, autorisaient une infinie variation de terrains. Tous les dômes d’entraînement du Saint-Michel avaient leur spécificité ; celui-ci était dédié aux déserts de sable.
Les hommes accueillirent avec soulagement le retour de la fraîcheur et rallièrent la grande porte d’entrée au nord de la coupole. Les cinq énormes cylindres des simulateurs météo accrochés à la voûte basculèrent à cent quatre-vingts degrés, puis s’élevèrent lentement pour réintégrer le logement dans lequel les techniciens pouvaient procéder à leur maintenance. En hauteur, une baie vitrée faisait le tour complet du dôme, permettant à d’éventuels spectateurs de suivre les exercices. C’était un spectacle assez prisé des membres d’équipage du Saint-Michel lorsqu’ils prenaient leur repos. Toutefois, aujourd’hui, la coursive était quasiment vide.