Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sous les vents de Neptune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sous les vents de Neptune

Электронная книга - «Sous les vents de Neptune». Краткое содержание книги:

Cette formation sur les empreintes génétiques au Québec, Jean-Baptiste Adamsberg l’accueille avec soulagement. Deux semaines sans subir l'inexplicable hostilité de son adjoint Danglard, le paradis ! Mais une coupure de presse ravive de pesants souvenirs sur un meurtre commis durant sa jeunesse qui mettait en cause son frère Raphaël, disparu depuis. Le tueur au Trident serait-il de retour ? Un malaise et un coma éthylique plus tard, Adamsberg perd le contrôle. Seules la mansuétude d’un Danglard et l’ingéniosité de sa collaboratrice Violette Retancourt pourront le sortir, presque indemne, des affres du passé.
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 89
Перейти на страницу:

— Alban ?

— Le premier violon, un de mes bons chums. Il a rencontré cette Forestier, une Française, et il l’a fait auditionner. Il a été emballé et, criss, il l’a engagée sur le pouce.

— Hey ! Adamsberg ! appela Laliberté. Tu te mouves les sabots ou quoi ?

— Merci, Ginette, dit Adamsberg en partant rejoindre son coéquipier.

— Qu’est-ce que je te disais ? reprit le surintendant en s’enfonçant dans sa voiture dans un éclat de rire. Toi, faut toujours que tu fasses du salon, hein ? Et avec une de mes inspectrices encore, et le deuxième jour. On peut dire que t’as du casque !

— Pas du tout, Aurèle, on parlait musique. Musique classique, même, ajouta Adamsberg comme si ce « classique » certifiait l’honorabilité de leurs rapports.

— Musique my eye ! rigola le surintendant en démarrant. Fais pas ton petit saint de plâtre, je suis pas si léger de croyance. Tu l’as vue hier soir, right ?

— Par hasard. Je dînais aux Cinq Dimanches et elle est venue à ma table.

— Lâche la batte avec Ginette. Elle est mariée et complètement mariée.

— Je lui rendais un papier, c’est tout. Crois-moi si tu veux.

— Ne prends pas les nerfs. Je m’amuse.

En fin d’une journée laborieuse scandée par les puissants éclats de voix du surintendant, et tous échantillons prélevés chez la serviable famille de Jules et Linda Saint-Croix, Adamsberg grimpait dans sa voiture de fonction.

— Tu vas-tu faire quoi, ce soir ? lui demanda Laliberté, la tête penchée par la vitre.

— Aller voir la rivière, me balader un peu. Et puis dîner au centre-ville.

— T’as du serpent dans le corps, toi, faut toujours que tu te mouves.

— J’aime ça, je te l’ai dit.

— C’est surtout que t’aimes prendre du lousse. Moi, je vais jamais agousser les filles dans le centre-ville. On me repère trop là-bas. Alors quand j’ai des impatiences, je vais sur Ottawa. Allez, man, fais de ton best ! ajouta-t-il en claquant de la main sur la portière. Bonjour et à demain.

— Larmes, urine, morve, poussières et sperme, récita Adamsberg en mettant le contact.

— Sperme, faut l’espérer, dit Laliberté en fronçant les sourcils, tout sens professionnel revenu. Si Jules Saint-Croix accepte de faire un petit effort ce soir. Il avait dit yes au début mais j’ai l’impression qu’il n’est plus si partant. Criss, on peut forcer personne.

Adamsberg laissa Laliberté à ses soucis d’éprouvette et fila droit vers la rivière.

Après s’être empli du bruit des vagues de l’Outaouais, il s’enfonça dans le sentier de portage pour rejoindre à pied le centre-ville. S’il avait bien compris la topographie, le chemin devait aboutir au grand pont des chutes de la Chaudière. De là, il n’était plus qu’à un quart d’heure du centre. Le chemin cahoteux était séparé d’une piste cyclable par une bande de forêt qui le plongeait dans une obscurité complète. Il avait emprunté une lampe-torche à Retancourt, seul membre de l’équipe susceptible d’avoir emporté ce type de matériel. Il s’en tira à peu près bien, évitant de peu un petit lac que formait la rivière sur ses berges, échappant aux branches basses. Il ne sentait plus le froid quand il déboucha à la sortie du sentier, à deux pas du pont de fonte, gigantesque ouvrage dont les poutrelles croisées lui évoquèrent une triple tour Eiffel affalée sur l’Outaouais.

La crêperie bretonne du centre-ville s’efforçait de rappeler la terre natale des ancêtres du tenancier, avec filets, bouées et poissons séchés. Et trident. Adamsberg se figea devant l’outil qui le défiait de ses pointes sur le mur d’en face. Trident de mer, harpon de Neptune, avec ses trois lames fines terminées en crochets. Très différent de son trident personnel, qui était un outil de laboureur, épais et lourd, un trident de terre, si l’on peut dire. Comme on parle d’un ver de terre, ou d’un crapaud de terre, même. Mais ils étaient loin, ces tridents mordants et ces crapauds explosifs, délaissés dans les brumes de l’autre côté de l’Atlantique.

Le serveur lui apporta une crêpe de taille anormale, tout en lui parlant de la vie.

Délaissés de l’autre côté de l’Atlantique, les tridents, les crapauds, les juges, les cathédrales et les greniers de Barbe-Bleue.

Délaissés mais l’attendant, surveillant son retour. Tous ces visages et ces blessures, toutes ces craintes attachés à ses pas par le filin inlassable de la mémoire. Quant à Camille, c’est ici même qu’elle ressurgissait, en plein cœur d’une ville perdue de l’immense Canada. L’idée de ces cinq concerts qui se donneraient à deux cents kilomètres de la GRC l’embarrassait, comme s’il risquait de pouvoir entendre sonner l’alto depuis le balcon de sa chambre. Que Danglard ne l’apprenne pas, c’était tout ce qu’il souhaitait. Le capitaine serait capable de courir à Montréal ventre à terre et de le dévisager en maugréant tout le jour suivant.

Il choisit un café et un verre de vin pour dessert et, sans lever les yeux de la carte, il prit conscience que quelqu’un s’était assis à sa table sans s’annoncer. La jeune fille de la pierre Champlain, qui rappela le serveur pour commander un second café.

— Bonne journée ? lui demanda-t-elle en souriant.

La jeune fille alluma une cigarette et le regarda franchement.

Merde, se dit Adamsberg, et il se demanda pourquoi. En d’autres moments, il aurait saisi l’occasion par le col. Mais il ne ressentait aucune envie de l’attirer dans son lit, soit que les tourments de la semaine passée fassent encore leur œuvre, soit, peut-être, qu’il cherchât à contrer les intuitions du surintendant.

— Je t’embête, affirma-t-elle. Tu es fatigué. Les bœufs t’ont rincé.

— C’est cela, dit-il, et il s’aperçut qu’il avait oublié son prénom.

— Ta veste est mouillée, dit-elle en le touchant. Ta voiture fuit ? Tu es venu en vélo ?

Que voulait-elle savoir ? Tout ?

— Je suis venu à pied.

— Personne ne va à pied par ici. Tu n’as pas remarqué ?

— Si. Mais je suis passé par le sentier de portage.

— Tout du long ? Mais t’as mis combien de temps ?

— Un peu plus d’une heure.

— Eh bien t’as du casque, comme aurait dit mon chum.

— Et pourquoi j’ai du casque ?

— Parce que le sentier, la nuit, c’est le repaire des homos.

— Et après ? Que veux-tu qu’ils me fassent ?

— Et des violeurs aussi. Je n’en suis pas sûre, c’est une rumeur. Mais quand Noëlla y va le soir, elle ne dépasse jamais la pierre Champlain. Ça lui suffit pour regarder le fleuve.

— Il paraît que c’est une rivière.

Noëlla fit la moue.

— Quand c’est grand comme ça, j’appelle ça un fleuve. J’ai servi toute la journée des crétins de Français, je suis crevée. Je fais le service au Caribou, je te l’ai dit ? Je n’aime pas les Français quand ils crient en groupe, je préfère les Québécois, ils sont plus gentils. Sauf mon chum. Tu te souviens qu’il m’a virée comme un salaud ?

La jeune fille était à nouveau lancée et Adamsberg voyait mal comment s’en libérer.

— Tiens, regarde sa photo. Beau, tu ne trouves pas ? Tu es beau aussi dans ton genre. Pas très ordinaire, un peu de bric et de broc et tu n’es pas un jeune homme. Mais j’aime bien ton nez, tes yeux. Et j’aime bien quand tu souris, dit-elle en effleurant ses paupières et ses lèvres d’un doigt. Et quand tu parles aussi. Ta voix. Tu le sais, pour ta voix ?

— Hey, Noëlla, intervint le serveur en déposant les additions sur la table. T’as-tu toujours ta job au Caribou ?

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)