Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sous les vents de Neptune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sous les vents de Neptune

Электронная книга - «Sous les vents de Neptune». Краткое содержание книги:

Cette formation sur les empreintes génétiques au Québec, Jean-Baptiste Adamsberg l’accueille avec soulagement. Deux semaines sans subir l'inexplicable hostilité de son adjoint Danglard, le paradis ! Mais une coupure de presse ravive de pesants souvenirs sur un meurtre commis durant sa jeunesse qui mettait en cause son frère Raphaël, disparu depuis. Le tueur au Trident serait-il de retour ? Un malaise et un coma éthylique plus tard, Adamsberg perd le contrôle. Seules la mansuétude d’un Danglard et l’ingéniosité de sa collaboratrice Violette Retancourt pourront le sortir, presque indemne, des affres du passé.
1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 89
Перейти на страницу:

— Salut, répondit-il.

— Français, affirma la jeune fille. Qu’est-ce que tu fais ? Tu voyages ?

— Je bosse.

La jeune fille souffla la fumée puis lança son mégot dans l’eau.

— Moi, je suis perdue. Alors, j’attends un peu.

— Perdue comment ? demanda prudemment Adamsberg, tout en déchiffrant les inscriptions de la pierre Champlain.

— À Paris, j’ai croisé un type à la faculté de droit, un Canadien. Il m’a proposé de le suivre et j’ai dit oui. Il avait l’air d’un chum formidable.

— Chum ?

— Copain, ami, petit ami. On voulait vivre ensemble.

— Bon, dit Adamsberg, en retrait.

— Et six mois plus tard, tu sais ce qu’il a fait, mon chum ? Il a largué Noëlla et elle s’est retrouvée le bec dans l’eau.

— C’est toi, Noëlla ?

— Oui. Finalement, elle a pu se faire héberger par une copine.

— Bon, répéta Adamsberg, qui n’en désirait pas tant.

— Alors j’attends, dit la jeune fille en allumant une nouvelle cigarette. Je me fais des dollars dans un bar d’Ottawa, et dès que j’ai le compte, je rentre à Paris. Elle est sotte, cette histoire.

— Et qu’est-ce que tu viens faire ici si tôt ?

— Elle écoute le vent. Elle y vient souvent, le matin, le soir. Je me dis que, même si on est perdu, on doit se trouver un endroit. J’ai choisi cette pierre. Comment t’appelles-tu ?

— Jean-Baptiste.

— Mais ton nom ?

— Adamsberg.

— Et tu fais quoi ?

— Flic.

— C’est marrant, ça. Les flics ici, c’est les bœufs, les chiens, ou les cochs, comme les cochons. Mon chum les aimait pas. « Check les bœufs ! » il disait. « Vise les flics ! », quoi. Et il se tirait aussi sec. Tu travailles avec les cops de Gatineau ?

Adamsberg hocha la tête et profita de la pluie neigeuse qui s’était mise à tomber pour battre en retraite.

— Salut, dit-elle sans bouger de sa pierre.

Adamsberg se gara à neuf heures moins deux devant la GRC. Laliberté lui fit un grand signe depuis le pas de la porte.

— Entre vite ! cria-t-il. Il mouille à boire debout ! Hey, man, qu’est-ce que t’as fait ? reprit-il en examinant le pantalon boueux du commissaire.

— Je me suis cassé la gueule dans le sentier de portage, expliqua Adamsberg en frottant les traînées de terre.

— T’es sorti ce matin ? Ça se peut-tu ?

— Je voulais voir la rivière. Les chutes, les arbres, le vieux sentier.

— Criss, t’es un maudit malade, dit Laliberté en riant. Et comment que tu t’es pris une fouille ?

— C’est-à-dire ? N’y vois pas d’offense, surintendant, mais je ne comprends pas tout ce que tu dis.

— Inquiète-toi pas, je le prends pas personnel. Et appelle-moi Aurèle. Je voulais dire : et comment que t’es tombé ?

— Dans une des descentes du sentier, j’ai glissé sur une pierre.

— Tu t’es pas cassé une assiette au moins ?

— Non, tout va bien.

— Il y a un de tes collègues qu’est pas encore arrivé. Le grand slaque, là.

— Ne l’appelle pas comme ça, Aurèle. Lui, il comprend le québécois.

— Comment c’est possible ?

— Il lit comme dix. Il a sans doute l’air d’un mou, mais il n’y a pas un demi-gramme de slaque dans sa tête. Seulement, il a du mal à s’arracher le matin.

— On va prendre un café en l’attendant, dit le surintendant en se dirigeant vers la machine. T’as des piastres ?

Adamsberg sortit de sa poche une poignée de monnaie inconnue et Laliberté y piocha la pièce appropriée.

— Tu veux-tu un décaf ou un régulier ?

— Un régulier, hasarda Adamsberg.

— Ça va te remettre sur tes quilles, dit Aurèle en lui tendant un grand gobelet brûlant. Alors comme ça, le matin, tu vas prendre un respir ?

— Je vais marcher. Le matin, le jour, le soir, n’importe quand. J’aime ça, j’en ai besoin.

— Ouais, dit Aurèle avec un sourire. À moins que tu partes en découverte. Tu cherches une blonde ? Une fille ?

— Non. Mais il y en avait une, bizarrement, assise toute seule près de la pierre Champlain, à huit heures du matin à peine. Ça m’a paru bizarre.

— C’est même assez croche, tu veux dire. Une blonde toute seule dans le sentier, elle cherche quelque chose. Il y a jamais personne par là. Te fais pas encotillonner, Adamsberg. On a vite fait de se retrouver mal amanché et après, on reste bête.

Conversation d’hommes au distributeur, songea Adamsberg. Ici comme ailleurs.

— Allez viens, conclut le surintendant. On va pas bégopper des heures sur les femmes, on a du boulot.

Laliberté donna les consignes aux tandems réunis dans la salle. Les équipes étaient constituées, Danglard se retrouvant affecté avec l’innocent Sanscartier. Laliberté avait regroupé les femmes entre elles, par correction probablement, associant Retancourt avec la frêle Louisseize et Froissy avec Ginette Saint-Preux. Aujourd’hui : terrain. Prélèvements dans huit maisons de citoyens ayant accepté de se prêter à l’expérience. Sur carton spécial permettant l’adhésion des substances corporelles, scandait Laliberté en leur présentant l’objet mains levées comme une hostie sacrée. Neutralisant les contaminations bactériennes ou virales sans nécessité de congélation.

— Innovation qui entraîne un, économie de temps, deux, d’argent, et trois, d’espace.

Tout en écoutant le strict exposé du surintendant, Adamsberg se penchait sur sa chaise, les mains dans ses poches encore mouillées. Ses doigts rencontrèrent le prospectus vert qu’il avait ramassé sur la table pour le rendre à Ginette Saint-Preux. Le truc était en sale état, détrempé, et il le sortit avec précaution pour ne pas le déchirer. Discrètement, il l’étala sur la table du plat de la main pour lui redonner forme.

— Aujourd’hui, continuait Laliberté, prélèvements de un, sueur, deux, salive et trois, sang. Demain : larmes, urine, morve et poussières cutanées. Sperme pour ceux des citoyens qui auront accepté de remplir l’éprouvette.

Adamsberg tressaillit. Pas à cause de l’éprouvette du citoyen mais de ce qu’il venait de lire en lissant le papier mouillé.

— Checkez bien, conclut fortement Laliberté en se tournant vers l’équipe de Paris, que les codes des cartons correspondent à ceux des trousses. Comme je le dis toujours, faut savoir compter jusqu’à trois : de la rigueur, de la rigueur, et de la rigueur. Je connais pas d’autre moyen de réussir[2].

Les huit binômes se dirigèrent vers les voitures, munis des adresses des citoyens qui prêtaient obligeamment leur demeure et leur corps à l’épreuve des prélèvements. Adamsberg arrêta Ginette au passage.

— Je voulais vous rendre ça, dit-il en lui tendant le papier vert. Vous l’aviez laissé au restaurant et vous sembliez y tenir.

— Sacrament, je me demandais où je l’avais fourré.

— Je suis désolé, il a pris la pluie.

— Inquiète-toi pas. Je cours le poser dans mon bureau. Tu peux-tu dire à Hélène que j’arrive de suite ?

— Ginette, dit Adamsberg en la retenant par le bras et en désignant le prospectus. Cette Camille Forestier, à l’alto, elle est bien du quintette de Montréal ?

— Osti, non. Alban m’a dit que l’altiste du groupe avait fait du petit. Elle a dû s’étendre à son quatrième mois de grossesse alors que les répétitions commençaient.

вернуться

2

« De la rigueur, de la rigueur et de la rigueur, je connais pas d’autre moyen de réussir » est extrait d’une publicité télévisée québécoise pour l’UQAM (Université du Québec à Montréal), Québec, années 2001, 2002

1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)