Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sous les vents de Neptune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sous les vents de Neptune

Электронная книга - «Sous les vents de Neptune». Краткое содержание книги:

Cette formation sur les empreintes génétiques au Québec, Jean-Baptiste Adamsberg l’accueille avec soulagement. Deux semaines sans subir l'inexplicable hostilité de son adjoint Danglard, le paradis ! Mais une coupure de presse ravive de pesants souvenirs sur un meurtre commis durant sa jeunesse qui mettait en cause son frère Raphaël, disparu depuis. Le tueur au Trident serait-il de retour ? Un malaise et un coma éthylique plus tard, Adamsberg perd le contrôle. Seules la mansuétude d’un Danglard et l’ingéniosité de sa collaboratrice Violette Retancourt pourront le sortir, presque indemne, des affres du passé.
1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 89
Перейти на страницу:

Non, pensa-t-il en s’étendant sur son lit. Non, il n’avait jamais réellement compris qu’il perdait Camille en perdant Camille. Simple logique dont il n’avait que faire. Il y avait à présent ce foutu père qui l’expulsait hors du paysage. Jusqu’à Danglard qui avait choisi son parti contre lui. Il imaginait sans peine le capitaine entrant à la maternité et serrant la main du nouveau venu, un homme fiable, un homme sûr, offrant toute sa droiture en bienfaisant contraste. Un gars irréprochable et rectiligne, un industriel avec un labrador, deux labradors, des chaussures et des lacets neufs.

Adamsberg le haït férocement. Ce soir, il aurait massacré ce type et ses chiens dans l’instant. Lui, le flic, lui, le bœuf, le coch, il l’aurait tué. Et d’un coup de trident, pourquoi pas ?

XXII

À son réveil tardif, Adamsberg n’alla pas défier le boss des bernaches et abandonna tout projet de visite contemplative aux lacs. Il bifurqua aussitôt vers le sentier. La jeune fille ne travaillait pas le dimanche et il avait une bonne chance de la trouver à la pierre Champlain. Elle était là en effet, sourire ambigu et cigarette aux lèvres, prête à le suivre au studio.

Adamsberg trouva dans l’engouement de sa compagne un réconfort partiel au déplaisir qu’il avait subi la veille. Il fut ardu de la déloger à six heures du soir. Assise nue sur le lit, Noëlla ne voulait rien entendre, décidée à passer la nuit ici même. Hors de question, lui expliqua doucement Adamsberg en la rhabillant peu à peu, ses collègues allaient rentrer incessamment. Il dut lui passer son blouson et la mener par le bras jusqu’à la porte.

Une fois Noëlla dehors, ses pensées ne s’attardèrent pas plus longtemps sur la jeune fille et il appela Mordent à Paris. Le commandant était un homme de l’ombre et il ne le réveillerait pas à minuit un quart. À sa rigueur de paperassier se joignait un penchant désuet pour l’accordéon et la chanson populaire, et il revenait ce soir d’un bal qui semblait l’avoir réjoui.

— À dire vrai, Mordent, dit Adamsberg, je ne vous appelle pas pour donner des nouvelles. Tout roule, l’équipe suit bien, rien à mentionner.

— Les collègues ? s’informa malgré tout le commandant.

— C’est correct, comme ils disent ici. Agréables et compétents.

— Soirées libres ou extinction des feux à dix heures ?

— Libres, mais vous ne perdez rien de ce côté. Hull-Gatineau n’est pas exactement une vaste scène de cabarets et de fêtes foraines. C’est un peu plate, comme dit Ginette.

— Mais c’est beau ?

— Très. Pas d’embrouille à la Brigade ?

— Rien de complexe. Objet du coup de fil, commissaire ?

— L’exemplaire des Nouvelles d’Alsace du vendredi 10 octobre. Ou bien de tout autre journal régional ou local, je ne sais pas.

— Objet de la recherche ?

— Le meurtre commis à Schiltigheim dans la soirée du samedi 4 octobre. Victime, Élisabeth Wind. Chargé de l’enquête, le commandant Trabelmann. Accusé, Bernard Vétilleux. Ce que je cherche, Mordent, c’est un article ou un entrefilet signalant la visite d’un flic parisien et le soupçon d’un tueur en série. Quelque chose de cet ordre. Vendredi 10, pas un autre jour.

— Le flic parisien, c’est vous, je suppose ?

— C’est cela.

— Secret défense dans la Brigade ou laisser-aller en salle des Racontars ?

— Secret absolu, Mordent. Cette affaire ne me vaut que des emmerdements.

— C’est urgent ?

— Prioritaire. Tenez-moi au courant dès que vous tenez quelque chose.

— Et si je ne tiens rien ?

— Très important aussi. Appelez-moi dans un cas comme dans l’autre.

— Une seconde, intervint Mordent. Pourriez-vous m’adresser chaque jour un mail détaillant vos activités à la GRC ? Brézillon attend un rapport précis au retour de mission et je suppose que vous aimeriez que je m’en charge.

— Oui, merci du coup de main, Mordent.

Le rapport. Il l’avait totalement négligé. Adamsberg s’obligea à rédiger pour le commandant un compte rendu des prélèvements des jours passés, tant qu’il avait en mémoire les efforts de Jules et Linda Saint-Croix. Il était encore juste temps, les récents surgissements de Fulgence, du nouveau père et de Noëlla ayant fait refluer assez loin ces cartons de sueur et d’urine. Il n’était pas mécontent de se défaire demain de son dur et jovial compagnon et de se retrouver en tandem avec Sanscartier le Bon.

Tard le soir, il entendit une voiture freiner sur le parking. Il jeta un œil par son balcon et en vit descendre le groupe de Montréal, Danglard en tête, courbé sous l’averse de neige. Lui, il aurait bien envie de lui donner l’heure, comme aurait dit le surintendant.

XXIII

Il est étrange à quel point trois jours suffisent à dissiper l’étonnement et, déjà, à enclencher la routine, pensait Adamsberg en se garant devant les bâtiments de la GRC, à quelques mètres de l’écureuil diligent qui gardait la porte. Les sensations d’étrangeté s’estompaient, chaque corps commençait à creuser son nid dans le nouveau territoire et à le mouler à sa forme, comme on affaisse peu à peu l’assiette de son fauteuil. C’est ainsi que chacun reprit la même place dans la salle de réunion, ce lundi, à l’écoute du surintendant. Après le terrain, laboratoire, extraction d’échantillons, placement sur médaillons, deux millimètres de diamètre, dépôt dans les quatre-vingt-seize alvéoles des plaques de traitement. Consignes qu’Adamsberg nota mollement pour son courrier du jour à Mordent.

Adamsberg laissa Fernand Sanscartier disposer les cartons, préparer les médaillons, lancer les poinçons robotisés. Tous deux, accoudés à une rambarde blanche, regardaient le va-et-vient des pointes. Depuis deux jours, Adamsberg dormait mal et le mouvement monotone des dizaines de poinçons synchrones l’abrutissait.

— Ça vous assomme un homme, hein ? Tu veux-tu que j’aille nous chercher un régulier ?

— Un double-régulier, Sanscartier, bien serré.

Le sergent revint en portant avec précaution les gobelets.

— Brûle-toi pas, dit-il en tendant son café à Adamsberg.

Les deux hommes reprirent leur pose, penchés sur le garde-corps.

— Moment donné, dit Sanscartier, on pourra plus pisser tranquillement dans la neige sans faire surgir un code-barres et trois hélicos de cops.

— Moment donné, répéta Adamsberg en écho, on n’aura même plus besoin d’interroger les gars.

— Moment donné, on n’aura même plus besoin de les voir. D’entendre leur voix, de se demander si des fois. On se pointera sur la scène du crime, on prélèvera une vapeur de sueur, et le gars sera pogné à domicile avec une pince et livré dans une boîte à sa mesure.

— Et moment donné, on s’emmerdera.

— Tu le trouves-tu bon, ce breuvage ?

— Pas très.

— C’est pas notre spécialité.

— Et tu t’ennuies ici, Sanscartier ?

Le sergent pesa sa réponse.

— J’aurais le goût de retourner sur le terrain. Là où je pourrais me servir de mes yeux, et puis pisser dans la neige, si tu me comprends. Surtout que ma blonde, elle reste à Toronto. Mais dis-le pas au boss, je me ferais passer au batte.

Un signal rouge s’alluma et les deux hommes restèrent un moment sans bouger, regardant les poinçons immobilisés. Puis Sanscartier s’écarta pesamment de la rambarde.

— Faut qu’on se mouve. Si le boss nous pogne à brasser de l’air, il va manger ses bas.

1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)