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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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(Un sacré paquet de Serdaigles essayaient de ne pas avoir l'air de regarder).

"Hé," dit Harry. Sa voix vacilla. "Tu m'as manqué. Tu... vas me reparler maintenant ?"

Hermione hocha la tête, rien de plus, car elle ne savait pas quoi répondre. Il lui avait manqué à elle aussi mais elle commençait à se rendre compte, avec une certaine culpabilité, que ça avait peut-être été bien pire pour lui. Elle avait d'autres amis, tandis que Harry... parfois elle trouvait que ça n'était pas juste qu'il ne parle qu'à elle, car cela voulait dire qu'elle devait lui parler ; mais Harry avait l'air d'avoir lui aussi subi plusieurs injustices.

"Qu'est-ce qui se passe ?" dit-elle ? "Il y a plein de rumeurs. Des gens disent que tu es allé te battre contre Bellatrix Black, d'autres que tu es parti la rejoindre -" et ces rumeurs disaient que Hermione avait tout inventé au sujet du phénix alors Hermione avait hurlé que toute la salle commune de Serdaigle l'avait vu, si bien que la rumeur suivante avait prétendu que Hermione avait aussi inventé ça, ce qui était d'un niveau de stupidité tellement inconcevable que ça l'avait laissée complètement pantoise.

"Je ne peux pas en parler," dit Harry dans un souffle. "Je ne peux presque rien en dire. J'aimerais pouvoir tout te raconter," sa voix trembla, "mais je ne peux pas... je ne sais pas mais en tout cas si ça peut t'aider : je n'irai plus déjeuner avec le professeur Quirrell..."

Il mit alors ses mains sur son visage et masqua ses yeux.

Hermione sentit le malaise qui se répandait dans son estomac.

"Est-ce que tu pleures ?" dit Hermione.

"Ouais," dit Harry d'une voix qui se rapprochait du chuchotement. "Je ne veux pas que quelqu'un d'autre me voie."

Il y eut un court silence. Elle voulait l'aider mais elle savait pas quoi faire pour aider les garçons qui pleuraient, elle ne savait pas ce qui se passait ; elle sentait que des événements colossaux se produisaient autour d'elle - non, autour de Harry - et que si elle avait su ce qui se passait elle aurait probablement été effrayée, alarmée, ou quelque chose dans le genre, mais elle ignorait tout.

"Le professeur Quirrell a-t-il fait quelque chose de mal ?" dit-elle enfin ?

"Ce n'est pas pour ça que je n'irais plus déjeuner avec lui," dit Harry, toujours dans un souffle, ses mains toujours contre ses yeux. "C'est le directeur qui en a décidé ainsi. Mais ouais, le professeur Quirrell m'a dit certaines choses et je crois qu'elles ont diminué ma confiance en lui..." la voix de Harry vacillait beaucoup. "Je me sens assez seul en ce moment."

Hermione mit sa main sur sa propre joue, là où Fumseck l'avait effleurée la veille. Elle avait continué à penser à ce contact, encore et encore, peut-être parce qu'elle voulait que ce soit important, que ça ait un sens...

"Est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour t'aider ?" demanda-t-elle.

"Je veux faire quelque chose de normal," dit-il de derrière ses mains. "Quelque chose de très normal pour des élèves de Poudlard en première année. Quelque chose que les enfants de onze et douze ans comme nous sont censés faire. Comme de jouer à une partie de bataille explosive par exemple... est-ce que tu aurais les cartes et que tu connaîtrais les règles par hasard ?"

"Euh... à vrai dire non, je ne connais pas les règles..." dit-elle. "Je sais qu'elles explosent."

"Et des Bavboules ?" dit Harry.

"Connais pas les règles, et elles te crachent dessus. Harry, ce sont des jeux de garçon !"

Il y eut un silence. Harry appuya ses mains contre son visage pour l'essuyer puis il les retira ; et il la regarda alors avec un air sans défense. "Eh bien," dit Harry, "que les sorciers et les sorcières de notre âge font-ils quand ils jouent ? Tu sais, le genre de jeu idiot et futile auquel ont est censé jouer à cet âge ?"

"La marelle ?" dit Hermione. "Le saut à la corde ? L'attaque des licornes ? Je ne sais pas, je lis des livres !"

Harry commença à rire, et Hermione commença à glousser avec lui, c'était drôle sans vraiment qu'elle sache pourquoi.

"J'imagine que ça aide un peu," dit Harry. "En fait, je pense que ça m'a plus aidé que jouer aux Bavboules pendant une heure n'aurait jamais pu le faire, donc merci d'être qui tu es. Et quoi qu'il arrive, je ne demanderai jamais à personne d'Oublietter tout ce que je sais sur le calcul différentiel. Je préférerais mourir."

"Quoi ?" dit Hermione. "Pourquoi - pourquoi voudrais-tu faire une chose pareille ?"

Il se leva de la table et le son ambiant revint dans un souffle à l'instant où son changement de position brisa le sortilège de silence. "Je suis un peu fatigué, je vais me coucher," dit Harry, d'une voix maintenant normale et narquoise, "j'ai perdu un peu de temps et je dois le rattraper, mais je te verrai au petit déjeuner puis en Botanique, si ça ne te dérange pas. Sans parler du fait que ça ne serait pas juste de te faire porter tout le poids de ma dépression. 'Nuit, Hermione."

"Bonne nuit, Harry," dit-elle tout en se sentant très perplexe et inquiète. "Beaux rêves."

Harry trébucha un peu lorsqu'elle dit cela, puis il continua vers les escaliers qui menaient au dortoir des garçons de première année.

Harry monta le sortilège de silence de sa tête de lit au maximum afin de ne réveiller personne si jamais il criait.

Il régla son alarme pour qu'elle le réveille pour le petit déjeuner (s'il n'était pas déjà réveillé à cette heure, voir même s'il avait dormi).

Entra dans son lit, s'allongea -

- sentit la bosse sous son oreiller.

Il leva les yeux vers le baldaquin au-dessus de sa tête.

Siffla dans sa barbe : "Oh, c'est pas vrai..."

Il lui fallut plusieurs secondes avant de pouvoir trouver le courage de s'asseoir dans son lit, de mettre sa couverture sur sa tête et sur son oreiller afin de se masquer au regard des autres garçons, de lancer un Lumos de faible intensité et de regarder ce qui se trouvait sous l'oreiller.

C'était un parchemin et un jeu de cartes à jouer.

Le parchemin disait :

Un petit oiseau m'a dit que Dumbledore a fermé la porte de ta cage.

Je dois admettre que dans le cas présent, Dumbledore n'a peut-être pas tort. Bellatrix Black parcourt de nouveau le monde, et ce n'est une bonne nouvelle pour personne. Si j'étais à la place de Dumbledore, je ferais peut-être pareil.

Mais juste au cas où... L'institut des Sorcières de Salem aux États-Unis accepte aussi les garçons, en dépit de son nom. Ce sont des gens bien et ils te protégeraient même de Dumbledore si tu en avais besoin. L'Angleterre considère que tu as besoin de l'autorisation de Dumbledore pour émigrer en Amérique magique, mais l'Amérique magique n'est pas d'accord. Donc en dernier recours, sors de l'enceinte de Poudlard et déchire le roi de cœur de ce jeu de cartes.

Il va sans dire que tu devrais en faire usage en dernier recours uniquement.

Porte-toi bien, Harry Potter.

- Le Père Noël

Harry regarda le paquet de cartes.

Il ne pourrait pas l'emmener ailleurs, pas maintenant, les Portoloins ne fonctionnaient pas ici.

Mais il était quand même nerveux à l'idée de le prendre et de le cacher dans sa malle...

Eh bien, il avait déjà touché le parchemin qui aurait aussi bien pu être muni d'un piège magique ; si piège il y avait.

Mais quand même.

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