Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
L'idée étant, dit son surveillant interne, que ça devient pire de minute en minute, au sens propre. Les espions transforment les gens en traîtres en leur faisant commettre un petit péché, puis ils utilisent ce petit péché pour les faire chanter et leur faire commettre un péché plus gros, puis ils utilisent CE péché pour leur faire faire des choses encore pires, et à ce stade il les tient par leur âme.
N'as tu jamais pensé au fait que la personne que l'on fait chanter, si elle pouvait voir la voie qui l'attendait, déciderait simplement de recevoir le premier coup, de révéler son premier péché ? N'as-tu jamais décidé que c'est ce que tu ferais si quelqu'un essayait un jour de te faire chanter et d'obtenir de toi que tu fasses quelque chose de grave pour masquer quelque chose de bénin ? Vois-tu la similarité qui se présence ici, Harry James Potter-Evans-Verres ?
Sauf que ce n'était pas bénin, ça ne l'était déjà plus, il y aurait beaucoup de gens très puissants qui seraient très en colère contre lui, pas seulement pour la fausse alarme mais pour avoir libéré Bellatrix Black d'Azkaban, et si le Seigneur des Ténèbres existait vraiment et s'en prenait à lui plus tard, alors la guerre était peut-être déjà perdue -
Tu ne penses pas qu'ils seront impressionné par ton honnêteté, par ta rationalité, par ta grande capacité de prévoyance démontrée par le fait que tu arrêtes tout ceci avant que cela n'aille plus loin ?
À vrai dire, non, et après un moment de réflexion la partie de lui à laquelle il parlait dut admettre que c'était exagérément optimiste.
Ses jambes le menèrent jusqu'à une fenêtre ouverte. Il s'y pencha, appuya ses bras contre la rambarde et regarda les pelouses de Poudlard depuis son perchoir.
Le marron des arbres désolés, le jaune de l'herbe morte, la glace couleur de glace qu'étaient les ruisseaux et les torrents gelés... le fonctionnaire de l'école qui l'avait appelée 'La Forêt Interdite' n'avait vraiment rien compris au marketing : le nom ne faisait que donner encore plus envie d'y aller. Le soleil sombrait dans le ciel car cela faisait maintenant quelques heures que Harry réfléchissait, principalement les mêmes pensées répétées en boucle, mais chaque fois dotées de différences cruciales, comme si au lieu de parcourir un cercle, ses pensées montaient ou descendaient une spirale.
Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait traversé toutes ces épreuves à Azkaban - il avait éteint son Patronus avant que celui-ci ne le draine de toute sa vie, il avait assommé un Auror, il avait trouvé comment masquer Bella de la vue des Détraqueurs, il avait fait face à douze de ces créatures et les avait effrayées, il avait inventé le balais-fusée, il l'avait piloté - il avait traversé tout ça sans une seule fois se ressaisir en pensant : Je dois le faire... parce que... j'ai promis à Hermione que je rentrerai du déjeuner ! Ça lui semblait être une opportunité irrémédiablement perdue ; comme si, en ayant manqué l'occasion cette fois-ci, il s'était condamné à ne jamais réussir, quel que soit son prochain défi, quelle que soit la promesse qu'il aurait faite cette fois là. Parce qu'alors il le ferait avec maladresse, délibérément, pour réparer son erreur de la première fois, au lieu de prononcer les déclarations héroïques qu'il aurait pu faire s'il s'était souvenu de sa promesse à Hermione. Comme si ce mauvais tournant était irrévocable, comme si on n'avait qu'une seule chance et qu'il fallait réussir du premier coup...
Il aurait dû se souvenir de cette promesse à Hermione avant d'aller à Azkaban.
Pourquoi est-ce qu'il avait décidé de faire ça, déjà ?
Mon hypothèse de travail est que tu es stupide, dit Poufsouffle.
Ce n'est pas utile, comme analyse de défaillances, pensa Harry.
Si tu veux plus de détails, dit Poufsouffle, le professeur de Défense de Poudlard était là : 'Faisons sortir Bellatrix Black d'Azkaban !' et tu étais là : 'Ça marche !'
Attends, ÇA n'est pas juste -
Hé, dit Poufsouffle, t'as vu comment, maintenant que t'es là haut, tous les arbres se fondent les uns dans les autres et comment la forme de la forêt devient visible ?
Pourquoi avait-il fait ça... ?
Pas suite à un calcul des coûts et des bénéfices, ça, c'était certain. Il avait été trop gêné pour sortir une feuille de papier et commencer à calculer les utilité attendues, il avait eu peur que le professeur Quirrell cesse de le respecter s'il refusait ou même s'il hésitait trop à secourir une vierge en détresse.
Quelque part au fond de lui, il s'était dit que si son mystérieux professeur lui offrait sa première mission, sa première chance, un l'appel vers l'aventure, et qu'il disait non, alors son mystérieux professeur le quitterait, dégoûté, et qu'il n'aurait plus jamais une chance d'être un héros...
...ouais, c'était ça. Rétrospectivement, c'était ça l'explication. Il s'était mis à penser que sa vie avait une intrigue et qu'il s'agissait plus là un rebondissement que, oh, disons, que d'une proposition de faire sortir Bellatrix Black d'Azkaban. Ça avait été la véritable raison derrière sa décision, pendant la fraction de seconde où elle avait été prise, quand son cerveau avait reconnu la perception d'un fil narratif où une réponse négative aurait été dissonante. Et quand on y réfléchissait, ce n'était pas une façon rationnelle de prendre des décisions. Le but réel du professeur Quirrell avait été d'obtenir les derniers restes du savoir perdu de Serpentard avant que Bellatrix ne meure et qu'il ne soit irrévocablement perdu ; cela semblait incroyablement sain d'esprit par comparaison ; c'était un bénéfice proportionné avec ce qui n'avait alors semblé être qu'un faible risque.
Ça ne semblait pas juste, vraiment pas juste que ce soit ça qui se produise quand il perdait sa mainmise sur la rationalité pendant juste une petite fraction de seconde, la petite fraction de seconde dont son cerveau avait eu besoin pour décider qu'il trouverait les arguments pour 'oui' plus agréables que les arguments pour 'non' pendant la discussion qui avait suivie.
De là haut, loin au-dessus des arbres fondus les uns parmi les autres, Harry regarda la forêt.
Il ne voulait pas se confesser, ternir sa réputation à tout jamais et mettre tout le monde en colère contre lui, peut-être même finir tué par un Seigneur des Ténèbres. Il aurait préféré être enfermé à Poudlard plutôt que de subir ça. Tel était son sentiment. Et il était donc agréable, soulageant même, de pouvoir s'accrocher à un seul facteur décisif, qui était que si Harry avouait, le professeur Quirrell irait à Azkaban et y mourrait.
(Une pause, un temps d'arrêt, un bégaiement dans le souffle de Harry)
Si on le formulait comme ça... eh bien, on pouvait même se croire un héros plutôt qu'un lâche.
Harry éleva ses yeux au-dessus de la Forêt Interdite et regarda le ciel, bleu et interdit.
À travers les vitres, il regarda la grande chose brûlante et lumineuse, les choses duveteuses, le bleu infini et mystérieux où elles étaient encastrés, le nouvel endroit inconnu et étrange.
Ça... l'aidait vraiment, en fait, de penser au fait que ses ennuis n'étaient rien comparés au fait d'être à Azkaban. Au fait que certaines personnes avaient de vrais ennuis et que Harry Potter n'était pas l'une de ces personnes.
Qu'allait-il faire pour Azkaban ?
Qu'allait faire pour l'Angleterre magique ?