Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
...et maintenant, dans quel camp était-il ?
Sous la radieuse lueur du jour, toutes les paroles d'Albus Dumbledore avaient certainement semblé bien plus sages que celles du professeur Quirrell. Supérieures, plus intelligentes, plus morales, plus commodes : ne serait-ce pas bien mieux si elles étaient vraies ? Et il lui fallait se souvenir que c'était Dumbledore qui croyait à quelque chose parce que ça sonnait bien mais que c'était le professeur Quirrell qui était sain d'esprit.
(Encore une interruption dans son souffle, comme à chaque fois qu'il pensait au professeur Quirrell).
Mais ce n'était pas non plus parce que quelque chose sonnait bien que c'était faux.
Et si le professeur Quirrell avait un déséquilibre mental, c'était que qu'il avait un point de vue trop négatif sur les choses.
Vraiment ? demanda la partie de Harry qui avait lu dix-huit millions de résultats expérimentaux sur l'excès de confiance et d'optimisme dont faisaient preuve les gens. Le professeur Quirrell est trop pessimiste ? Si pessimiste que ses attentes sont régulièrement en-deçà de la réalité ? Empaille-le et mets-le dans un musée alors, parce que c'est le seul au monde. Lequel de vous deux a prévu le crime parfait avant d'y incorporer toute la marge d'erreur et tous les plans de secours qui ont fini par te sauver la peau juste au cas où le crime parfait tournerait mal ? Indice : il ne s'appelle pas Harry Potter.
Mais "pessimiste" n'était pas une description correcte du problème dont souffrait le professeur Quirrell - s'il avait vraiment un problème, s'il ne possédait pas simplement supérieur en vertu de la sagesse née de son expérience. Mais aux yeux de Harry, il semblait que le professeur Quirrell interprétait toujours tout de la pire des façons possibles. Si vous donniez au professeur Quirrell un verre à 90% plein, il vous dirait que la partie vide à 10% prouvait que personne n'accordait vraiment d'importance à l'eau.
C'était une très bonne analogie, maintenant que Harry y pensait. Toute l'Angleterre magique n'était pas comme Azkaban, le verre était bien plus qu'à moitié rempli...
Il regarda le ciel bleu et limpide
...même si, en suivant cette analogie, l'existence d'Azkaban prouvait peut-être que les bons 90% étaient là pour d'autres raisons, pour faire montre de bonté comme l'avait dit le professeur Quirrell. Car s'ils étaient vraiment bons, auraient-ils jamais construit Azkaban ? N'auraient-ils pas pris d'assaut la forteresse afin de la détruire ?
Il regarda le ciel bleu et limpide. Si vous vouliez être un rationaliste, il fallait lire un sacré nombre d'études sur les failles de la nature humaine, et si certaines de ces failles n'étaient que d'innocentes erreurs de logique, d'autres étaient bien plus sombres.
Il regarda le ciel bleu et limpide et pensa à l'expérience de Milgram.
Stanley Milgram avait inventé cette expérience pour étudier les causes de la seconde guerre mondiale, pour essayer de comprendre pourquoi les citoyens Allemands avaient obéi à Hitler.
Alors il avait devisé une expérience pour étudier l'obéissance, pour voir si les Allemands, pour une raison une autre, étaient plus prompt à obéir à des ordres dictant de faire souffrir autrui.
Il avait commencé par une version pilote de son expérience sur des sujets Américains afin d'avoir un groupe témoin.
Après ça, il ne s'était pas embêté à essayer en Allemagne.
Dispositif expérimental : une série de 30 boutons alignés horizontalement avec des étiquettes allant de '15 volts' à '450 volts', avec une étiquette supplémentaire par groupe de quatre boutons. Le premier groupe était marqué 'Choc léger', le sixième 'Choc d'une extrême intensité', le septième 'Danger: Choc sévère' et les deux derniers boutons étaient seulement marqués d'un 'XXX'.
Un acteur, complice de l'expérimentateur, était présenté au véritable sujet comme étant quelqu'un comme lui : quelqu'un qui avait répondu à une annonce cherchant des participants pour une expérience sur l'apprentissage et qui avait perdu à une loterie (truquée), si bien qu'il serait attaché à une chaise et équipé d'électrodes. Le véritable sujet de l'expérience recevait un léger choc au moyen des électrodes, juste pour qu'il voit comment ça fonctionne.
On disait ensuite au véritable sujet que l'expérience portait sur les effets de la punition sur l'apprentissage et la mémoire et que cette partie du teste cherchait à savoir si les résultats changeaient en fonction de la personne qui infligeait la punition ; la personne attachée à la chaise devrait s'efforcer de mémoriser des ensembles de paires de mots et à chaque fois que 'l'apprenant' ferait une erreur, 'l'enseignant' devrait administrer un choc de plus en plus fort.
À 300 volts, l'acteur cessait d'essayer de répondre et commençait à frapper le mur, ce sur quoi l'expérimentateur disait au sujet de considérer une absence de réponse comme une mauvaise réponse et de continuer.
À 315 volts, l'acteur frappait de nouveau sur le mur.
Puis plus un son jusqu'à la fin de l'expérience.
Si le sujet soulevait des objections ou refusait d'appuyer un bouton, l'expérimentateur, tout en maintenant une attitude passive, habillé d'une blouse grise de laboratoire, disait 'Poursuivez, s'il vous plaît', puis 'L'expérience requiert que vous poursuiviez', puis 'Il est absolument essentiel que vous poursuiviez', puis 'Vous n'avez pas le choix, vous devez continuer'. Si la quatrième incitation échouait, l'expérience s'arrêtait.
Avant de procéder à son expérience, Milgram avait décrit le dispositif expérimental et avait demandé à quatorze doctorants en psychologie quel pourcentage de sujets irait, selon eux, jusqu'à 450 volts et jusqu'aux deux derniers boutons marqués XXX, après que la victime ait cessé de réagir.
La réponse la plus pessimiste avait été 3%.
Le véritable résultat avait été 26 sur 40.
Les sujets avaient sué, grogné, bégayé, rit nerveusement, mordu leurs lèvres, enfoncés leurs ongles dans leur chair. Mais sur indication de l'expérimentateur, ils avaient pour la plupart continué à administrer ce qu'ils croyaient être des chocs électriques douloureux, dangereux et potentiellement mortels. Jusqu'à la fin.
Harry pouvait entendre le professeur Quirrell rire dans son esprit ; sa voix disant quelque chose comme : Eh bien, M. Potter, même moi je n'avais pas été aussi cynique ; je savais que les hommes trahissaient les principes qui leur étaient les plus chers pour l'argent et le pouvoir, mais je ne m'étais pas rendu compte qu'il suffisait d'un regard sévère.
Il était dangereux d'essayer de faire des conjectures en psychologie évolutionniste si on n'était pas un psychologue évolutionniste professionnel ; mais quand Harry avait apprit l'existence de l'expérience de Milgram, l'idée lui était venue que de telles situations s'étaient probablement produites de nombreuses fois dans l'environnement ancestral et que la plupart des ancêtres potentiels qui avaient essayé de désobéir à l'Autorité étaient morts. Ou du moins qu'ils ne s'en étaient pas aussi bien sortis que les plus serviles. Les gens se croyaient bons et moraux, mais quand on les poussait un peu, un interrupteur s'allumait dans leur cerveau et il était soudain beaucoup plus difficile de défier l'Autorité qu'ils ne l'avaient cru. Même si vous y parveniez, ce ne serait pas simple, ce ne serait pas juste une démonstration d'héroïsme sans effort. Vous trembleriez, votre voix se briserait, vous auriez peur ; dans ces conditions, seriez-vous toujours capable de défier l'Autorité ?
Harry cligna alors des yeux car son cerveau venait d'établir un lien entre l'expérience de Milgram et ce que Hermione avait fait lors de son premier cours de Défense, lorsqu'elle avait refusé de tirer sur un de ses camarades même lorsque l'Autorité lui avait dit qu'elle devait le faire ; elle avait tremblé, elle avait eu peur, mais elle avait quand même refusé. Harry avait vu cet événement se produire sous ses yeux et il n'avait pas établi de lien avant cet instant...