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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Il ne pouvait pas l'atteindre et pratiquer une ventilation artificielle.

Rien de son kit de soins n'aurait été utile.

Croire que le professeur Quirrell ne l'aurait pas mise en danger ?

Étrange, c'était étrange de vraiment croire que le professeur Quirrell n'avait pas eu l'intention de tuer l'Auror (car cela aurait été stupide) et de ne pourtant plus être rassuré par les paroles rassurantes du professeur de Défense.

Puis l'idée vint à Harry qu'il lui fallait encore vérifier -

Harry regarda derrière lui et siffla : "Professseur ?"

Dans son harnais, le serpent ne remua pas et ne prononça pas un mot.

... peut-être que le serpent, n'étant pas à proprement parler un passager du balais, n'avait pas été protégé de l'accélération. Ou peut-être que s'approcher autant des Détraqueurs sans bouclier et même sous forme Animagus l'avait assommé.

La situation n'était pas bonne.

Ça aurait dû être au professeur Quirrell de dire à Harry quand il pouvait utiliser le Portoloin en toute sécurité.

Harry dirigea le balais volant de ses doigts blanchis et réfléchit, il réfléchit très fort pendant une durée courte et incommensurable pendant laquelle Bellatrix pouvait respirer ou ne pas respirer, pendant laquelle le professeur Quirrell lui-même avait peut-être déjà cessé de respirer depuis un moment.

Et Harry décida que tandis qu'il était possible de rattraper l'erreur consistant à gâcher le Portoloin en sa possession, il n'était pas possible que de rattraper l'erreur consistant à laisser un cerveau sans oxygène pendant trop longtemps.

Alors il tira de sa bourse le prochain Portoloin de la série et, alors qu'il arrêtait le balais volant au milieu du ciel bleu clair (maintenant qu'il y pensait, il ne savait pas si la capacité d'un Portoloin à s'ajuster à la rotation de la Terre incluait aussi la capacité de s'adapter de façon générale à la vélocité de son nouvel environnement), il plaça le Portoloin en contact avec le balais et...

Harry marqua une pause, la brindille toujours dans sa main, sœur de celle qu'il avait brisée voilà ce qui lui semblait être deux semaines. Il sentit un réticence soudaine ; son cerveau semblait avoir appris la règle par le biais d'un processus de renforcement négatif purement neuronal que Briser des Brindilles Est Une Mauvaise Idée.

Mais ce n'était pas vraiment logique alors Harry brisa quand même la brindille.

Il y eut une explosion orageuse derrière la porte de métal située non loin d'Amélia, ce qui lui fit tomber le miroir qu'elle tenait et pivoter baguette en main, et alors la porte s'ouvrit grand, révélant Albus Dumbledore, debout face à un grand trou fumant dans le mur de la prison.

"Amélia," dit le vieux sorcier. Il n'y avait aucune trace de sa légèreté habituelle, et derrières ses lunettes en demi-lune ses yeux avaient la dureté du saphir. "Je dois quitter Azkaban et je dois le faire maintenant. Y a-t-il un moyen de sortir de l'enceinte qui soit plus rapide que le balais ?"

"Non -"

"Alors j'ai besoin de ton balais volant le plus rapide, immédiatement !"

Là où Amélia voulait être, c'était avec l'Auror qui avait été blessé par ce Feudeymon, ou par quoi que cela ait bien pu être.

Ce qu'elle devait faire, c'était découvrir ce que Dumbledore savait.

"Vous !" aboya la vieille sorcière à l'intention de l'équipe qui l'entourait. "Continuez de sécuriser les couloirs jusqu'à avoir atteint le fond, il ne se sont peut-être pas tous encore échappés !" Puis au vieux sorcier : "Deux balais. Tu pourras me mettre au courant quand on sera dans les airs."

Il y eut un duel de regards mais il ne fut pas long.

Un saccade écœurante considérablement plus forte que celle qui l'avait amené à Azkaban attrapa Harry à l'abdomen, et cette fois la distance traversée fut si grande qu'il put écouter un instant de silence et observer l'espace entre les espace, la crevasse entre un lieu et l'autre.

Alors qu'ils se projetaient loin d'Azkaban dans la direction du vent et plus rapidement que lui, le soleil qui avait brièvement brillé sur eux deux fut prestement occlus par un nuage de pluie.

"Qui est derrière ça ?" cria Amélia au balais qui volait un pas derrière elle.

"L'une de deux personnes," répondit Dumbledore, "j'ignore encore laquelle. Si c'est la première, alors nous avons des ennuis. Si c'est la seconde, alors nous avons de bien plus graves ennuis."

Amélia ne s'octroya pas un soupir. "Quand sauras-tu ?"

La voix du vieux sorcier, sombre et basse, parvenait pourtant à s'élever au-dessus du vent. "Trois choses dont ils ont besoin pour atteindre la perfection, s'il s'agit de cela : la chair du plus fidèle des serviteurs du Seigneur des Ténèbres, le sang de son plus grand ennemi, et accès à une certaine tombe. Je pensais Harry Potter à l'abri, avec leur tentative à Azkaban quasiment échouée - même si je l'ai quand même mis sous bonne garde - mais à présent j'ai bel et bien peur. Ils ont accès au Temps, quelqu'un avec un Retourneur de Temps envoie des messages pour eux ; et je soupçonne que la tentative de kidnapping sur Harry Potter a déjà eu lieu il y a quelques heures. C'est pourquoi nous n'en avons pas entendu parler, puisque nous sommes à Azkaban, où le temps ne pas se nouer lui-même. Ce passé est venu après notre propre futur, vois-tu."

"Et si c'est l'autre ?" cria Amélia. Ce qu'elle avait entendu était suffisamment inquiétant ; cela semblait être le plus noir des rituels noirs, centré sur feu le Seigneur des Ténèbres lui-même.

Le vieux sorcier, son visage à présent encore plus sombre, ne répondit pas et se contenta de secouer la tête.

Lorsque la saccade du Portoloin se fut calmée, le soleil pointait juste au-dessus de l'horizon, plus proche d'une aurore que d'un crépuscule, et leur balais flottait bas au-dessus d'une courte étendue de roche noir-orange et de sable arrangé en collines bosselées comme si quelqu'un avait pétri la pâte du sol plusieurs fois puis avait oublié de l'aplatir. Non loin, des vagues défilaient le long d'un panorama d'eau sans fin, mais le sol au-dessus duquel le balais flottait surplombait le niveau de la mer par plusieurs mètres au moins.

Harry cligna des yeux face aux couleurs de l'aube et comprit que le Portoloin avait été international.

"Hé !" lui vint un vif cri féminin venu de derrière lui, et il pivota le balais volant pour regarder. Une femme d'âge mûr à l'air très affairé avait une main portée à sa bouche et l'appelait visiblement. Ses traits sympathiques, ses yeux étroits et sa peau terre d'ombre appartenaient à une ethnie peu familière à Harry ; elle était habillée de robes d'un violet vif d'un genre que Harry n'avait jamais vu auparavant ; et lorsque ses lèvres s'ouvrirent de nouveau elle parla avec un accent que Harry n'aurait su situer, n'étant pas un grand voyageur. "Où étais-tu ? Tu as deux heures de retard ! J'ai failli renoncer à vous voir arriver... bonjour ?"

Il y eut une brève pause. Les pensées de Harry semblaient se mouvoir étrangement, trop lentes, tout semblait distant, comme s'il y avait eut une épaisse paroi de verre entre lui et le monde et une autre entre lui et ses émotions, si bien qu'il pouvait voir mais il ne pouvait pas toucher. Cela lui était venu lorsqu'il avait vu la lumière aurorale et la sorcière sympathique, lorsqu'il avait pensé que tout cela ressemblait à une fin adéquate pour cette aventure.

Puis la sorcière se précipita et tira sa baguette ; un marmonnement sectionna les attaches qui liaient la femme émaciée au balais volant et Bellatrix fut lévitée jusqu'à un rocher sableux, ses bras squelettiques et ses jambes pâles pendantes comme des choses sans vie. "Oh, Merlin," murmura la sorcière, "Merlin, Merlin, Merlin..."

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