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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Son équipe d'Aurors avait descendu les trois quarts d'Azkaban, à l'instar des deux autres équipes dans les deux autres spirales. Amélia se sentait déjà plus tendue même si elle pariait sur le fait que les criminels se cachaient à l'avant-dernier étage, juste au-dessus du rez-de-chaussée ; une partie d'elle souhaitait que Dumbledore ait pensé à vérifier cet étage plus précautionneusement et une autre était heureuse qu'il ne l'ait pas fait.

Puis il y eut un bruit lointain, comme un petit 'tink' venu de très loin. Disons comme un son très puissant qui serait venu de l'avant-dernier étage juste au-dessus du rez-de-chaussée.

Amélia regarda Dumbledore avant de comprendre, avant de réussir à s'interrompre.

Le vieux sorcier haussa les épaules, lui offrit un petit sourire et dit : "Puisque tu le demandes, Amélia," et il partit de nouveau.

"Finite Incantatem," dit Harry à l'huile qui recouvrait le gigantesque morceau de mur posé au sol. Il s'était à peine entendu car ses oreilles résonnaient encore après l'immense blam provoqué par le glissement suivi de la chute du bloc de métal (rétrospectivement, il aurait dû lancer un sortilège d'assourdissement, même si cela n'aurait pas empêché le bruit de se répandre à travers le sol de métal). Puis il répéta "Finite Incantatem" à l'intention de l'huile qui recouvrait le trou de deux mètres de diamètre, en répartissant l'effet aussi largement que possible ; c'était sa propre magie qu'il annulait, ce qui rendait le sortilège extrêmement facile. Il se sentait maintenant un peu fatigué mais c'était la dernière fois qu'il aurait besoin de sa magie. Il n'avait même pas eu besoin de le faire, mais il voulait pas laisser un liquide métamorphosé dans les parages et il ne voulait pas non plus trahir le secret de la métamorphose partielle.

Ce trou de deux mètres menant droit à la liberté semblait très... attirant.

La lumière qui venait de l'extérieur... ce n'était pas exactement comme si le soleil avait luit sur son visage mais c'était plus lumineux que l'intérieur d'Azkaban.

Il était tenté de se lancer, de juste sauter sur le balais volant avec Bellatrix et le serpent. Ils avaient de bonnes chances de s'en sortir. Et s'ils s'en sortaient et que Harry les accompagnait, alors lui et le professeur Quirrell pourraient remonter le temps, avoir l'air parfaitement innocents, et tout redeviendrait comme avant.

S'il restait derrière et qu'il se rendait... alors même si tout le monde partait du principe qu'il avait été un otage et qu'il avait menti au professeur McGonagall sous la menace d'une baguette... même si Harry s'en tirait à bon compte, eh bien...

Il était peu probable que le professeur Quirrell continue d'enseigner à Poudlard.

Le professeur Quirrell aurait atteint la fin prédestinée de sa carrière en février.

Et oui, le professeur McGonagall tuerait Harry, et oui, ce serait lent et douloureux.

Mais rester derrière était le choix raisonnable, le choix sûr, le choix sensé, et cela relaxait Harry plus que cela ne l'emplissait de regrets.

Il se tourna vers Bellatrix, ouvrit la bouche pour lui donner un dernier ordre -

Et il y eut un sifflement, faible, comme lent et confus, et ce sifflement dit :

"Quel était... cce sson ?"

Le vieux sorcier avançait à grand pas. Il parvint à une porte de métal et l'ouvrit, sachant déjà que les cellules à l'intérieur étaient vides.

Il prononça sept incantations puissantes et révélatrices puis il continua ; avec si peu de cellules restantes à vérifier, il ne s'épuiserait pas beaucoup.

"Professseur," siffla Harry. Tant d'émotions remontaient à la surface d'un seul coup. Il savait, même s'il ne pouvait pas le voir, que le serpent vert autour des épaules de Bellatrix levait lentement sa tête et regardait autour de lui. "Allez-vouss... allez-vouss bien, professseur ?"

"Professseur ?" le sifflement parvint faible et confus. "Où ssommes-nouss ?"

"En prisson," siffla Harry, "la prissson des mange-vie, nous devions ssauver une femme vous et moi. Vouss avez esssayé de tuer l'homme protecteur, j'ai bloqué votre ssort de mort, il y a eut une réssonnance entre nous... vouss avez ssombré dans l'inconsscience, j'ai dû vaincre le protecteur moi-même... mon charme gardien a été disssipé, les manges-vies ont pu dire aux protecteurs que la femme s'était échappée. Il y a quelqu'un ici qui peut resssentir mon charme gardien, probablement le maître de l'école... j'ai dû disssiper charme gardien, trouver un autre moyen de vous cacher des manges-vies, vous et la femme, ssans charme gardien, apprendre à me protéger ssans charme gardien, à effrayer les manges-vie sans charme gardien, à inventer un nouveau plan d'évassion pour vous et la femme et enfin à percer un trou dans l'épais mur de métal de la prisson même ssi je ne ssuis qu'un élève de première année. Pas le temps d'expliquer, vous devez partir maintenant. Si nous ne nous recroissons jamais, professseur, alors je ssuis heureux de vous avoir connu pour un temps, même si vouss êtes probablement maléfique. Il est bon d'avoir la chance de dire au moins cela : Au revoir."

Et Harry prit le balais volant, le présenta à Bellatrix, et dit simplement : "Monte."

Il avait décidé de garder ses souvenirs. D'une part, ils étaient importants. D'autre part, lui et le professeur de Défense avaient commencé à planifier cela une semaine auparavant et Harry n'allait ni oblitérer la semaine entière ni expliquer à Bellatrix ce qui devait précisément être oblitéré. Il pourrait probablement tromper le Veritaserum et si Dumbledore exigeait qu'il laisse tomber ses barrières Occlumantiques pour une inspection plus profonde... eh bien, il s'était comporté en héros du début à la fin.

"Arrête !" dit le serpent. Sa voix était maintenant plus forte. "Arrête, arrête, arrête ! Que veux-tu dire, au revoir ?"

"Plan d'évassion est rissqué," dit Harry. "Ma vie n'est pas en jeu, sseulement la vôtre et la ssienne. Alors je resste, je me rends -"

"Non !" dit le serpent. Le sifflement était vigoureux. "Ne doit pas ! Pas permis !"

Bellatrix monta sur le balais de feu ; Harry put sentir (mais il ne put pas voir) sa tête se tourner vers lui. Elle ne dit rien. Elle l'attendait, peut-être, ou simplement ses ordre.

"Ne vous fais plus confiance," dit simplement Harry. "Pas depuis que vous avez esssayé d'abattre homme protecteur."

Et le serpent siffla : "Je n'ai pas cherché à abattre homme protecteur ! Es-tu idiot, garçon ? L'abattre n'aurait aucun sens, maléfique ou pas !"

La Terre cessa de tourner sur son axe, interrompit son orbite autour du soleil.

Le sifflement du serpent était le son le plus furieux que Harry avait jamais entendu sortir de la bouche du professeur Quirrell. "L'abattre ? Ssi j'avais voulu l'abattre il sserait mort en quelques ssecondes, garçon idiot, il ne faissait pas le poids face à moi ! Je cherchais à le soumettre, le dominer, le forcer à abaissser les boucliers de sson essprit, devais lire en lui, savoir qui attendait ssa réponsse, apprendre détails pour ssortilège de mémoire -"

"Vous avez jeté ssortilège de mort !"

"Savait qu'il éviterait !"

"Sa vie valait-elle si peu ? Et s'il n'avait pas évité ?"

"L'aurais pousssé hors de trajectoire avec ma propre magie, garçon idiot !"

Encore l'arrêt giratoire de la planète. Harry n'y avait pas pensé.

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