Contes pour les bibliophiles
- Автор: Robida Albert
- Язык: французский
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «Contes pour les bibliophiles». Краткое содержание книги:
Impromptu à la meunière pour la remercier de sa divine omelette.
Le cœur de l'homme et de l'Amant,
Las, tendre Elmirel Ainsi que moulin moulinant,
Tourne au zéphyre. L'omelette a si bonne mine. Son parfum est si séduisant, La meunière a jambe si fine, Son sourire est si caressant Que prés d'elle ici me fixant. En simple meunier qui mouline, Du soir au matin l'embrassant, Je resterai faisant blanche farine !
On est très bien ici, bon air, vue admirable; en ce moment le paysage est voilé par la fumée, mais, en temps ordinaire, la vue est certainement de toute beauté. Je ne plains pas le meunier!
Mais ne nous oublions pas, sacrisiî, les affaires avant tout! Ouf! reprenons le harnais. Allez, aimable meunière, en récompense de voire omelette, les petits vers que je vous dédies paraîtront dans le prochain Almanack des Muses, sous mon pseudonyme ordinaire', et j'écrirai ce soir pour qu'on vous envoie un vase de Sèvres.
Ça marche ferme tout autour de nous. Soult a enfin enlevé le bois et rejeté l'ennemi de l'autre côté; c'est à notre tour de remonter le chemin creux et d'y recevoir des volées de mitraille. Bon, quelques boulets s'égarent par ici, ils passent au-dessus de nos têtes, mais le moulin est atteint. 11 a une aile brisée et un grand trou en haut, juste où nous déjeunions tout à l'heure. Je ferai envoyer deux vases de Sèvres à la meunière.
i que devrait bien résoudre
La canonnade devient plus furieuse et la fumée augmente; on ne se voit plus à deux pas. Tout à coup, après une heure encore de cet infernal tintamarre, voici la poussée en avant qui se dessine et la cavalerie qui se lance sur les carrés prussiens en retraite. Sublimes horreurs que j'entrevois par moments, par des éclaircies dans la fumée ! Il faut marcher en avant. Cest éreintant, et si vous croyez que cette canonnade est agréable quand on a une migraine comme celle qui me travaille depuis le matin! Quel métier^ seigneur!
Traversé encore cinq ou six villages en flammes ou démolis par Partillerie. Je fais des folies, je promets aux gens de leur envoyer comme indemnité quelques-uns de mes plus jolis Sèvres.
La bataille est gagnée. J^en étais sûr depuis le moulin; je ne suis pas superstitieux, mais j^ai remarqué plusieurs choses : d^abord, c^est quMl y a presque toujours un moulin dans chacune de mes batailles ; ensuite, c^est que chaque fois que j^y trouve la meunière la bataille est gagnée d^avance tandis que si c'est le meunier qui me reçoit, je suis certain d^avoir mon paquet. Heureusement que presque toujours le meunier est parti se mettre à Pabri.
L^ennemi est dans une déroute épouvantable; il ne pourra pas, cette fois, dire que cette bataille d^Iéna n^est pas de moi, et que c^est Ricou qui a fait le plan, puisque ce pauvre Ricou est prisonnier.
16 octobre. — Ricou est au quartier général! L^animal a pu s'échapper des mains de l'ennemi il y a huit jours, et maintenant qu'il n'y a plus de coups à craindre, il arrive ! On va dire encore que c'est lui qui m'a soufflé tous mes mouvements, les gens soudoyés par la perfide Albion vont le répéter par toute l'Europe! Si encore Ricou était venu avant-hier, il m'aurait bâclé mes proclamations et je n'aurais pas été obligé de trimer, de passer, au lieu de dormir, une bonne partie de la nuit à faire de la littérature, qui n'est pas dans mon genre, encore!
25 octobre. — Tout va bien, je puis considérer la campagne comme terminée... Enfin je vais donc être tranquille, je vais pouvoir, aussitôt rentré chez nous, goûter les joies paisibles de la famille et de la nature!
J'ai reçu hier, avec des pantoufles fourrées brodées par elle, une lettre de Joséphine; il paraît qu'il y a énormément de lapins dans le parc de la Malmaison. Je chasserai un peu le matin, histoire de me dégourdir les jambes, et l'après-midi, si nous avons encore de belles journées, je lirai Horace en me promenant sous les grands arbres pour faire mes digestions toujours un peu lourdes. Écrire à Joséphine de renouveler le papier des chambres à la Malmaison; j'avais vu de très jolis échantillons avant de partir, mais je n'avais voulu rien décider. Elle peut aussi acheter pour sa chambre des Tuileries le lit et l'armoire à glace étrusques que je lui ai promis si tout marchaitbien. Le ctiiffonnieret les fauteuils aussi, mais je lui demanderai qu^elle me fasse la surprise du petit bureau, à rantiqueavec l'encrier et la lampe. Nous entrons demain à Berlin : qu'est-ce que je lui rapporterais donc bien comme souvenir? Je voudrais trouver quelques bibelots pas trop chers, mais je crois qu'il n'y a pas grand'chose; ils ne réussissent ici que les grandes pipes à fourneau de ", porcelaine et je ne fume pas. Je chargerai un de mes aides de camp de chercher; il trouvera, ces jeunes gens sont très fureteurs.
27 octobre. — Entrée solennelle
„_ à Berlin, Belle réception. Réquisiftimai" lionne quinze mille paires de bas de soie blancs pour les grenadiers de ma garde; je veux qu'ils fassent bonne figure aux bals près des Berlinoises.
La comtesse est arrivée...
Nous arrêtons ici nos extraits du carnet de notes de Napoléon, Ces quelques pages suffisent pour faire apprécier l'immense importance de ces notes et laisser deviner auelle révélation sur le vrai Napoléon l'histoire tirerait de Les instances des historien peut-être le comte d'H... à faii nuscrit; notre indiscrétion, qu'il voudra bien nous pardonner, n'a eu d'autre but que de lui forcer un peu la main en appelant l'attention publique sur le trésor qu'il délient.
L'illustration qui accompagne ces extraits a été exécutée sur des documents exacts et authentiques; en faisant des recherches en
Allemagne, nous avons eu l'heureuse chance de découvrir un certain nombre d'estampes et de dessins tout à fait ignorés ou très peu connus se rapportant aux événements de 1806.
Au dernier moment, nous apprenons par des dépêches d'Amérique une heureuse nouvelle. Un reporter, envoyé par un grand journal du matin, a trouvé le moyen de se faire engager comme cuisinier, aux appointements de 1 5,000 dollars par an, chez le sénateur Philémon Codgett, de Massachusetts, le richissime collectionneur qui possède les volumes I et III des notes de Napoléon, perdus pendant la Commune.
Depuis six mois, ce reporter profitait des absences législatives de l'honorable Codgett pour s'introduire dans son cabinet de travail. A l'aide de fausses clefs, il ouvrait la caisse de fer à triple serrure enfermant les deux volumes et copiait jusqu'au retour du sénateur.
Malgré ses précautions, il a été surpris par celui-ci, qui lui a tiré douze coups de revolver. Le reporter, quoique blessé grièvement, a pu s'échapper. Il est en route pour l'Europe. Son travail de copie était heureusement terminé;il le collationnaitsur l'original quand l'honorable Codgett est survenu.
Le journal donnera chaque dimanche, dès l'arrivée de son héroïque rédacteur, la publication des précieuses notes. Le premier volume commence k la sortie de Brienne et finit à Austerlitz ; le second débute par les impressions de Napoléon lors de son mariage avec Marie-Louise et se termine à la date du 15 juin iSiS, trois jours avant Waterloo. Le volume du comte d'H..., dont nous venons de parler, s'intercale entre ces deux ouvrages si extraordinairement curieux. Nous connaîtrons donc bientôt, au complet, le carnet de notes de Napoléon! Aujourd'hui, où un retour d'opinion porte tous les leaeurs de France vers les ouvrages ayant trait au grand homme, n'est-il pas regrettable d'être obligé d'attendre la publication faite outre-océan des plus intimes documents qui aient été laissés par le général conquérant des temps modernes. — Oh! ces Américains!!!
LA FIN DES LIVRES
" qui se trouvait être un des vendredis scieniitîques de la Royale Institution, — à la conférence de r William Thompson, l'éminent physicien anglais, professeur à TUniversité de Glascow, dont le nom est connu des deux mondes depuis la part qu'il prit à la pose du premier câble transatlantique.