Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Современная русская и зарубежная проза » Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Электронная книга - «Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi». Краткое содержание книги:

Hortense est à Londres et c'est toujours hyper compliqué entre elle et Gary.
Mais dans le monde de la mode, elle se débrouille pour avancer.
Hortense n'a aucun scrupule, a un but, et y arrive systématiquement.
Et puis Gary est assez sexy avec sa musique et sa détermination.
Joséphine est à Paris.
Elle fait la bonne mère de famille, soutient son HDR, peine à se remettre à l'écriture...
Et a une vie sentimentale proche du néant.
Zoé, la petite dernière, grandit et s'épanouit tandis que Shirley, outre Manche, se sent vieille, inutile et refuse d'aimer.
Philippe et Alexandre sont aussi à Londres et méditent sur la vacuité de l'existence.
Marcel et Josiane cohabitent avec un surdoué, c'est pas évident mais assez marrant.
Et la méchante Henriette est maintenue en vie par son avarice et sa perversité.
1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 205
Перейти на страницу:

— Mais non ! Et puis tu apprendras des choses merveilleuses toi aussi… Tu assisteras aux cours et tu feras des oh et des ah de surprise en arrondissant les lèvres tellement ce sera beau et tellement ça ouvrira des firmaments dans ta tête…

— Ma pauvre tête ! soupira Josiane, elle est si pauvrement meublée. On ne m’a rien enseigné. Tu veux que je te dise, mon gros loup, la plus grande injustice du monde, c’est de ne pas avoir gobé ce beau savoir à la naissance.

— Eh bien, tu te rattraperas ! Et après, c’est toi qui me parleras avec dédain, qui me diras « pauvre fagot ! pauvre emplâtre ! » et il faudra qu’humblement je repasse mes leçons chaque soir. Crois-moi, ma beauté, tu n’es pas plus bête que ton fils et cet enfant nous est envoyé par le Ciel pour nous élever… Il est différent. Eh bien ! qu’il soit différent ! Je m’en fiche. Je le revendique ! Il aurait trois jambes et un seul œil que je le revendiquerais pareil. Tu voudrais quoi ? Un enfant estampillé normal ? On n’en peut plus de la norme ! Elle fabrique des petits ânes bâtés qui ânonnent et ne savent plus penser. Faut lui trousser le cul à la norme, la faire péter, la renverser ! Au diable toutes les mères flanquées de rejetons normaux ! Elles ne savent pas le trésor qu’on a chez nous, elles ne peuvent pas le savoir, elles portent des œillères. Alors que nous… Quel zéphyr ! Quelle félicité ! Quelle divine surprise à chaque heure du jour ! Allez, viens contre moi, ma replète, arrête de te centrifuger le sang, tu vas connaître l’ivresse, je vais te faire monter au Ciel, ma poupée, ma tendrelette, ma beauté magnifique, ma femme, mon toit, ma racine carrée, ma Pompadour lascive…

Et de mot en mot, Choupette s’alanguit, se dérida, finit par glousser, se laissa happer par son géant roux et ils escaladèrent en râles voluptueux et sinueux la grande échelle du plaisir.

Le lendemain matin, au petit déjeuner, ils reçurent un appel de l’avocat d’Henriette. Henriette Grobz, veuve Plissonnier, mère d’Iris et de Joséphine Plissonnier, mariée en secondes noces à M. Marcel Grobz, était prête à signer les papiers du divorce. Elle se rendait aux arguments de Marcel et ne demandait qu’une chose : conserver son nom.

— Et pourquoi elle veut garder ton nom, le Cure-dents ? demanda Josiane, méfiante, encore toute chiffonnée de sa nuit d’amour. Elle le détestait ce nom, il la faisait vomir. Ça sent l’embrouille, elle va encore nous jouer de l’entourloupe, tu vas voir…

— Mais non, ma délicieuse ! Elle se soumet, c’est le principal. Ne cherche pas la puce dans la cressonnière ! C’est fou, ça, dès qu’on se trémousse de bonheur, tu vois le diable et ses cornes.

— Comme si elle allait se transformer en agneau ! Je n’y crois pas une seconde. Le loup, il perd les poils, mais il perd pas le vice. Et elle en a à revendre du vice…

— Elle se rend, je te dis. Je lui ai fait mordre la poussière et avaler tous les flocons un par un, elle étouffe, elle demande grâce…

Marcel Grobz éternua, sortit de sa poche un mouchoir à carreaux et se moucha vigoureusement. Josiane fronça le nez.

— Et les mouchoirs en papier que je t’avais donnés ? C’est pour les mouches ?

— Mais Choupette, j’aime mon vieux mouchoir à carreaux…

— C’est un nid de microbes, une pouponnière à virus ! Et puis, tu as l’air de quoi ? D’un paysan en sabots.

— Je n’aurais pas honte d’être un paysan…, répliqua Marcel en rangeant son mouchoir dans la poche avant que Josiane s’en empare.

Elle lui en avait jeté une douzaine à la poubelle, la semaine précédente.

— Et ça veut payer un percepteur à son fils ! Et ça veut jouer les Sommets de La Mirandole ! On fera belle figure devant le puits de culture avec ton mouchoir et tes bretelles !

— Je vais m’enquérir dès ce jour où trouver cet homme-là, enchaîna Marcel, ravi que l’on change de sujet.

— Et prends des références ! Je ne veux pas d’un petit marquis poudré ni d’un barbu marxiste. Dégote-moi un bon vieux dictionnaire que je puisse piger quand il se met à jacter…

— Alors, t’es d’accord ?

— On peut dire ça comme ça… Mais j’attends de le voir avant de me prononcer. D’ici à ce que ce soit un espion du Cure-dents…

Est-il vraiment nécessaire de dire la vérité, toute la vérité ? se demandait Shirley en regardant Gary qui débarrassait la table, raclait le plat à lasagnes, faisait couler l’eau chaude dans le plat, ajoutait une giclée de liquide vaisselle. Est-ce qu’on fabrique du bonheur en disant la vérité ? Je n’en suis pas si sûre… Je vais parler et rien ne sera plus jamais comme avant.

On est là, tous les deux, dans cette tranquille habitude qui nous ressemble, je sais comment il va se retourner, sur quel pied il va s’appuyer, quelle main il va étendre en premier, comment il va tourner sa tête vers moi, hausser un sourcil, repousser une mèche de cheveux, je sais tout cela, c’est mon paysage.

Le dîner est terminé, les lasagnes étaient succulentes, Glenn Gould nous accompagne. On fait hmm-hmm du fond de la gorge et on est reliés.

Et dans deux minutes et demie…

Je vais parler, poser un tas de mots entre nous, introduire un étranger et rien ne sera plus limpide. La vérité est utile à celui qui la reçoit, peut-être, mais c’est une épreuve pour celui qui l’énonce. Lorsque j’ai dit « la vérité » au sujet de ma naissance à l’homme en noir, il m’a fait chanter. Et a obtenu une rente mensuelle en échange de son silence[6].

Ce matin même, en allant à Hampstead Pond, elle était passée devant un grand panneau publicitaire qui vantait les mérites d’un jean avec pour slogan : « La vérité d’un homme, c’est ce qu’il cache. » Et juste en dessous : « Ne cachez plus vos formes, montrez-les avec le jean… » Elle avait oublié le nom de la marque, mais pas les mots qui l’avaient poursuivie tout le long du chemin et, quand elle avait attaché son vélo à la barrière le long de la mare, elle avait failli ne pas voir l’homme au bonnet et au pantalon côtelé qui repartait.

Damned !

Ils s’étaient souri. Il avait frotté son nez de son gros gant en cuir fourré et avait incliné la tête d’un geste appuyé en disant vous allez voir, elle est délicieuse. Elle était restée la bouche ouverte avec la phrase du jean qui revenait : « La vérité d’un homme, c’est ce qu’il cache. » Qu’est-ce qu’il cachait cet homme au sourire débonnaire, aux épaules larges ? Cet homme contre lequel elle avait une furieuse envie de s’abriter. Peut-être qu’il ne cachait rien et que c’est pour cette raison qu’elle avait envie de s’engouffrer en lui…

À ce moment précis, il aurait tendu la main vers elle, elle l’aurait suivi.

Elle soupira et effaça une trace de sauce tomate de son index sur la belle toile cirée que Gary avait rapportée de Paris.

Elle songea au rapport qu’ils avaient rendu la veille : Comment chasser les pesticides de nos assiettes. À quoi cela servait-il de manger des fruits et des légumes s’ils se révélaient dangereux pour la santé ? Seize produits toxiques avaient été relevés sur des grappes de raisin produit à l’intérieur de la Communauté européenne. Je me bats contre des moulins à vent.

Elle releva la tête vers Gary. Il avait entassé les assiettes dans l’évier. Cela signifie qu’il ne va pas faire la vaisselle tout de suite, cela signifie qu’on va parler tout de suite.

Elle sentit un disque de coton dans sa gorge qui asséchait sa langue, ses poumons, son ventre. Elle déglutit.

— Tu me fais une tisane ?

— Thym, romarin, menthe ?

— Verveine, t’as pas ?

Il la regarda, découragé :

— Je te dis les trois que j’ai et tu en demandes une quatrième que je n’ai pas…

1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 205
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)