Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Les Essais - Livre II». Краткое содержание книги:

Les Essais - Livre II
1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 169
Перейти на страницу:

53. A cet enfant-ci, mes « Essais », et tel qu'il est, ce que je donne, je le donne entièrement et définitivement, comme on le fait pour des enfants corporels. Le peu de bien que je lui ai donné, je n'en dispose plus. Il connaît peut-être bien des choses que j'ai oubliées, il tient de moi ce que je n'ai pas conservé, et qu'il faudrait que je lui emprunte, en cas de besoin, comme si j'étais un étranger. Si je suis plus sage que lui, il est plus riche que moi.

54. Il est peu d'hommes s'adonnant à la poésie qui ne seraient pas plus flattés d'être les pères de l'Énéide que du plus beau garçon de Rome, et qui ne supporteraient pas plus facilement la perte de l'un que de l'autre. Car selon Aristote, de tous les ouvriers, c'est le poète qui est le plus amoureux de son œuvre. Il est difficile de croire qu'Épaminondas, qui se vantait de laisser pour toute postérité des filles qui feraient un jour honneur à leur père (les deux fameuses victoires remportées sur les Lacédémoniens), eût volontiers consenti à les échanger contre les plus belles filles de toute la Grèce ; ou encore, qu'Alexandre et César aient jamais souhaité être privés de la grandeur de leurs glorieux faits d'armes, contre l'avantage d'avoir des enfants et des héritiers, quelque parfaits et accomplis qu'ils puissent être.

55. En vérité je doute fort que Phidias ou quelqu'autre excellent sculpteur ait attaché autant d'importance à la préservation et à la durée de vie de ses enfants réels qu'il l'aurait fait pour une œuvre excellente, achevée à la perfection et dans les règles de l'art, après un long travail et beaucoup d'application. Et quant à ces passions folles et coupables, qui ont parfois enflammé d'amour les pères pour leurs filles, ou les mères pour leurs fils, on en trouve aussi des exemples dans cette parenté un peu particulière : en témoigne le récit que l'on fait de Pygmalion qui, ayant sculpté une statue de femme d'une extraordinaire beauté, devint si éperdument amoureux de cette œuvre qui était pourtant la sienne, qu'il fallut que les dieux lui fassent la faveur de la rendre vivante :

Il touche l'ivoire qui, perdant sa dureté,

S'amollit et cède sous ses doigts.

[Ovide Les Métamorphoses X, 283]

Chapitre 9

Sur les armes des Parthes

1. C'est une mauvaise attitude de la noblesse de notre temps, et signe de faiblesse, que de ne prendre les armes qu'en cas d'extrême nécessité, et de s'en défaire dès que le danger semble tant soit peu écarté. Il en résulte bien des inconvénients : quand tout le monde crie et court prendre ses armes, au moment du combat, il en est qui en sont encore à lacer leur cuirasse, quand leurs compagnons sont déjà en déroute. Nos pères donnaient à porter leur casque, leur lance, leurs gantelets, mais ne quittaient pas le reste de leur équipement tant que durait leur service. Nos troupes sont maintenant troublées et désorganisées par la confusion due aux bagages et aux valets qui ne peuvent s'éloigner de leur maître, dont ils portent les armes.

2. Tite-Live, parlant des gens de chez nous, dit  : « Incapables de souffrir la fatigue, ils peinaient à porter leurs armes sur l'épaule. » [Tite-Live, Annales ou Histoire romaine XXVII,48.] Plusieurs peuples allaient autrefois et vont encore aujourd'hui à la guerre sans se protéger, ou avec des protections peu efficaces.

La tête protégée par du liège...

[Virgile Énéide, in Œuvres complètes, tome I VII, v. 742]

 

3. Alexandre, le chef le plus audacieux qu'il y ait jamais eu, revêtait rarement la cuirasse et le casque. Et ceux de chez nous qui méprisent cet attirail ne sont pas pour autant désavantagés. S'il arrive en effet que des gens soient tués parce qu'ils n'avaient pas d'armure, il en est à peu près autant que l'encombrement de leurs armes a mis en état d'infériorité, à cause de leur poids, ou parce qu'ils étaient blessés et brisés à l'intérieur, à la suite d'un choc quelconque. Car il semble bien, en effet, quand on voit le poids de nos armures et leur épaisseur, que nous ne cherchons qu'à nous défendre, et que nous en sommes plus empêtrés que vraiment protégés. Nous avons bien assez à faire pour en soutenir le poids, coincés, entravés, comme si combattre consistait seulement à cogner avec elles, et comme si nous n'avions pas besoin de les défendre comme elles doivent le faire pour nous.

4. Tacite décrit plaisamment les guerriers gaulois comme des gens armés seulement pour se protéger, incapables de blesser qui que ce soit ni de l'être eux-mêmes, et ne pouvant se relever lorsqu'ils sont tombés. [Tacite Annales III, 43-46] Lucullus vit certains hommes d'armes chez les Mèdes qui faisaient front dans l'armée de Tigrane, lourdement armés et empêtrés comme dans une prison de fer. Il en tira la conclusion qu'il allait les défaire aisément, et c'est par eux qu'il commença la charge qui le mena à la victoire.

5. Et maintenant que les mousquets124 sont à la mode, je crois qu'on inventera quelque chose pour nous en protéger et dans quoi nous serons emmurés, et qu'on nous mènera à la guerre enfermés dans des bastions, comme ceux que les Anciens faisaient porter à leurs éléphants. C'est une conception fort éloignée de celle de Scipion Émilien qui réprimanda ses soldats pour avoir disposé des chausses-trapes sous l'eau, à l'endroit du fossé par lequel les gens de la ville qu'il assiégeait auraient pu sortir, leur disant qu'ils devaient avoir l'attaque à l'esprit et non la défense. Il craignait avec quelque raison que ces dispositions ne viennent endormir leur vigilance quand ils montaient la garde. Il dit aussi à un jeune homme qui lui faisait admirer son beau bouclier : « il est vraiment beau, mon fils, mais un soldat romain doit plutôt faire confiance à sa main droite qu'à celle de gauche. »

6. Et ce n'est que l'habitude qui puisse nous rendre supportable la charge de nos armures.

Deux des guerriers que je chante ici avaient

Le haubert sur le dos et le casque sur la tête ;

Depuis leur entrée dans ce château,

Jamais ils n'avaient quitté leur armure :

Ils la portaient aussi aisément que leurs vêtements,

Tant ils en avaient pris l'habitude.

[Ariosto Ludovico Orlando Furioso XII, 30]

 

L'empereur Caracalla parcourait le pays, armé de pied en cap, à la tête de son armée125.

 

7. Les fantassins romains portaient non seulement le casque, l'épée et le bouclier, mais encore ce dont ils avaient besoin pour vivre quinze jours, et un certain nombre de pieux pour élever leur rempart, charge qui pouvait faire jusqu'à soixante livres ; quant à l'armure, dit Cicéron, ils étaient tellement habitués à l'avoir sur le dos qu'elle ne les gênait pas plus que leurs propres membres : « Car on dit que les armes du soldat sont ses membres. » [Cicéron, Tusculanes II, 16.]

1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 169
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)