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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Après avoir prononcé ces épouvantables paroles, le Seigneur des Ténèbres recouvrit sa tête de la Cape d'Invisibilité et disparut.

Le serviteur ouvrit la porte de la cage de Bellatrix et tira une petite aiguille de ses robes, avec laquelle il piqua le squelette humain. L'unique goutte de sang qui fut ainsi produite fut rapidement absorbée dans une petite poupée qui avait été déposée au sol, et le serviteur commença à psalmodier en chuchotant.

Peu après, un autre squelette vivant se trouvait au sol, immobile. Puis le serviteur sembla hésiter un instant, jusqu'à ce qu'un ordre impatient n'émane du vide. Le serviteur dirigea alors sa baguette vers Bellatrix, prononça un mot, et le squelette vivant sur le lit fut nu, et celui au sol fut vêtu d'une robe passée.

Le serviteur arracha un petit bandeau de tissu de la robe placée sur le faux corps ; et de ses propres robes, l'homme effrayé produit une flasque en verre, vide, avec de petites traces d'un fluide doré encore accrochées à sa paroi interne. La flasque fut cachée dans un coin, le bandeau de tissu déposé au-dessus de celle-ci, la couleur terne de ce dernier se fondant presque avec le mur de métal gris.

Un autre mouvement de la baguette du serviteur fit flotter le squelette humain depuis le lit jusqu'aux airs, et presque du même mouvement, le corps fut recouvert de nouvelles robes noires. Une bouteille de lait au chocolat à l'air ordinaire fut placée dans sa main, et un chuchotement glacial ordonna à Bellatrix de s'en saisir et de la boire, ce qu'elle fit, son visage n'exprimant à présent rien d'autre que de la perplexité.

Puis le serviteur rendit Bellatrix invisible, puis il se rendit lui-même invisible, et ils partirent. La porte se ferma derrière eux et le loquet fit un déclic, plongeant de nouveau le couloir dans les ténèbres, inchangé mis à part une petite flasque placée dans le coin d'une cellule, et un corps frais allongé sur le sol de celle-ci.

Plus tôt, dans le magasin désert, le professeur Quirrell avait dit à Harry qu'ils allaient commettre le crime parfait.

Sans réfléchir, Harry avait commencé à répéter les proverbes standards disant que le crime parfait n'existait pas, avant de vraiment y réfléchir pendant environ deux tiers de seconde, de se souvenir d'un proverbe plus sage, et de fermer sa bouche à mi-phrase.

Qu'est-ce que tu penses savoir, et comment penses-tu que tu le sais ?

Si vous commettiez le crime parfait, personne ne le découvrirait jamais - alors comment quiconque pouvait-il savoir qu'il n'y avait pas de crimes parfaits ?

Dès que vous regardiez les choses sous cet angle, vous vous rendiez compte que des crimes parfaits étaient probablement commis en permanence, et que le médecin légiste marquait que la mort avait eu des causes naturelle, ou le journal écrivait que le magasin n'avait jamais fait beaucoup de profit et qu'il avait fini par faire faillite...

Lorsque le corps de Bellatrix fut trouvé dans sa cellule le lendemain, là, dans la prison d'Azkaban, d'où (tout le monde le savait) on ne s'était jamais échappé, personne ne prit la peine de faire une autopsie. Personne n'y songea à deux fois. Ils refermèrent juste la porte du couloir et partirent, et la Gazette du Sorcier le mentionna dans la rubrique nécrologique du lendemain...

... ça, c'était le crime parfait que le professeur Quirrell avait prévu.

Et ce n'est pas lui qui le fit foirer.

*Chapter 54*: L'Expérience de Prison de Stanford, pt 4

Une faible étincelle verte s'avança et instaura un rythme. Une silhouette brillante et argentée la suivait, mais toutes les autres entités présentes étaient invisibles. Ils avaient traversé cinq sections de couloir, tourné cinq fois à droite et monté quatre volées de marches ; et lorsque Bellatrix avait fini sa deuxième bouteille de lait au chocolat, ils lui avaient donné des barres de chocolat solide.

C'est après sa troisième barre de chocolat que d'étranges sont commencèrent à sortir de sa gorge.

Harry eut du mal, à déchiffrer les sons car ils ne ressemblaient à rien de ce qu'il avait entendu auparavant ; le rythme était brisé, presque impossible à reconnaître, et il mit bien longtemps à se rendre compte que Bellatrix pleurait.

Bellatrix Black pleurait, l'arme la plus terrible du Seigneur des Ténèbres pleurait, elle était invisible, mais on pouvait les entendre, les petits sons pathétiques qu'elle essayait encore de contenir.

"Est-ce réel ?" dit-elle. Sa voix était redevenue tonale, elle n'était plus un marmonnement mort et s'était élevée en fin de phrase afin de dénoter une question. "Est-ce réel ?"

Oui, pensa la partie de Harry qui simulait le Seigneur des Ténèbres, tais-toi maintenant -

Il n'arrivait pas à laisser ces mots passer ses lèvres, cela lui était impossible.

"Je savais - que vous - viendriez pour moi - un jour," lorsqu'elle inspira l'air nécessaire à quelques sanglots silencieux, la voix de Bellatrix chevrota et se fractura. "Je savais - que vous étiez en vie - que vous viendriez - pour moi - seigneur..." il y eut une longue inhalation, comme un immense halètement, "et que même - lorsque vous viendriez - vous ne m'aimeriez toujours pas - jamais - vous ne m'aimeriez jamais en retour - c'est pour ça - qu'ils n'ont pas pu me prendre - mon amour - même si je ne me souviens pas - me souviens pas de tant d'autres choses - même si je ne sais pas ce que j'ai oublié - mais je sais à quel point je vous aime, seigneur -"

Un couteau fut planté en travers du cœur de Harry, il n'avait jamais rien entendu d'aussi horrible, il voulait pourchasser le Seigneur des Ténèbres et le tuer, juste pour cette...

"Ai-je encore - une utilité pour vous - seigneur ?"

"Non," siffla la voix de Harry, sans même qu'il doive penser, elle semblait être en pilote automatique "j'ai pénétré Azkaban par caprice. Bien sûr que vous m'êtes utile ! Ne posez pas de questions stupides."

"Mais - je suis faible," dit la voix de Bellatrix, et un sanglot complet lui échappa, bien trop fort dans les couloirs d'Azkaban, "je ne peux pas tuer pour vous, seigneur, je suis désolée, ils ont tout mangé, ils m'ont dévorée, je suis trop faible pour me battre, quel intérêt ai-je pour vous maintenant -"

Le cerveau de Harry chercha désespérément une façon de la rassurer à travers les lèvres d'un Seigneur des Ténèbres qui ne prononcerait jamais un seul mot affectueux.

"Laide," dit Bellatrix. Sa voix prononça ce mot comme si ça avait été l'ultime clou dans son cercueil, son désespoir ultime. "Je suis laide, ils ont mangé ça aussi, je suis, je ne suis plus jolie, vous ne pourrez même, pas, m'utiliser, comme récompense, pour vos serviteurs - même les Lestranges, ne voudront plus, me faire mal, plus maintenant -"

La silhouette lumineuse cessa de marcher.

Parce que Harry avait cessé de marcher.

Le Seigneur des Ténèbres, il... la partie de Harry qui était douce et vulnérable hurlait d'une horreur incrédule, essayait de rejeter la réalité, de refuser de comprendre, alors même que la partie plus froide et plus dure complétait le motif : Elle lui obéissait en cela comme elle lui obéissait en toutes choses.

L'étincelle verte sautilla instamment, bondit vers l'avant.

L'humanoïde d'argent resta où il était.

Bellatrix sanglota plus fort.

"Je ne, je ne suis pas, je ne peux plus, vous être utile, plus maintenant..."

Des mains géantes écrasaient la poitrine de Harry, le tordaient comme un chiffon, essayaient de broyer son cœur.

"S'il vous plaît," dit Bellatrix, "tuez-moi..." sa voix sembla se calmer après qu'elle ait prononcé ces mots. "Seigneur, s'il vous plaît, tuez moi, je n'ai aucune raison de vivre si je ne peux vous être utile... je veux seulement que cela s'arrête... faites-moi mal une dernière fois, seigneur, faites-moi mal jusqu'à ce que je m'arrête... je vous aime..."

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