Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
"Stupéfix !"
La lumière rouge fonça vers le corps tombant de l'homme et fut déchirée à mi-parcours, dissipée - pas par un bouclier. Bahry pouvait la voir, l'ondulation dans l'air qui entourait son opposant criant et tombant.
Il pouvait le sentir comme une pression mortelle sur sa peau, le flux de magie qui montait et montait et montait vers un terrible point de rupture. Son instinct lui hurlait de courir avant que l'explosion ne se produise, ce n'était pas sortilège, pas une malédiction, c'était de la sorcellerie devenue folle, mais avant que Bahry ne puisse même finir de se remettre sur pied -
L'homme rejeta sa baguette loin de lui (il jeta sa baguette !) et une seconde plus tard, sa forme devint floue et disparut entièrement.
Un serpent vert se tenait sur le sol, déjà immobile avant même que le prochain sort d'étourdissement de Bahry, lancé par pur réflexe, ne l'atteigne sans rencontrer de résistance.
Alors que l'épouvantable pression commençait à se dissiper, alors que la sorcellerie folle commençait à s'estomper, l'esprit abasourdi de Bahry remarqua que le cri continuait. Mais il était différent, semblable à celui d'un jeune garçon, et il venait des escaliers qui menaient au niveau inférieur.
Le cri s'étrangla lui aussi, et il n'y eut que du silence hormis les halètements frénétiques de Bahry.
Ses pensées étaient lentes, brouillées, désordonnées. La puissance de son adversaire avait été insensée, ça n'avait pas été un duel, ça avait été comme sa première année d'entraînement Auror face à Madame Tarma. Les Mangemorts n'avaient pas eu un dixième de cette puissance, Maugrey Fol-Oeil n'était pas aussi bon... et qui, quoi, comment, par les couilles de Merlin, avait-on bloqué un Sortilège de la Mort ?
Bahry parvint à trouver l'énergie d'appuyer sa baguette contre ses côtes, de marmonner le sort de soin puis de l'appuyer contre son épaule. Cela lui demanda plus d'effort que cela n'aurait dû, cela le draina beaucoup trop, sa magie était à un souffle de l'épuisement total ; il n'avait plus rien pour s'occuper de ses coupures mineures et de ses ecchymoses, ni même pour renforcer ce qui restait de son bouclier. C'était tout ce qu'il pouvait faire sans laisser son Patronus se dissiper.
Bahry inspira profondément, lourdement, stabilisa sa respiration autant qu'il le pouvait avant de parler.
"Vous," dit Bahry. "Qui que vous soyez. Sortez."
Il y eut un silence, et l'idée vint à Bahry que cette personne était peut-être inconsciente. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer, mais il avait entendu le cri...
Eh bien, il y avait un moyen de tester ça.
"Sortez," dit Bahry d'une voix plus dure, "ou j'utiliserai des sortilèges à large zone d'effet." Il n'y serait probablement pas parvenu.
"Attendez," dit la voix d'un garçon, d'un jeune garçon, haute, fluette, fluctuante, comme si elle retenait de l'épuisement ou des larmes. La voix semblait maintenant venir d'un peu plus près. "Attendez s'il vous plaît. Je - sors -"
"Laissez tomber l'invisibilité," gronda Bahry. Il était trop fatigué pour s'embêter avec des sortilèges anti-Désillusion.
Un instant plus tard, le visage d'un jeune garçon émergea d'une cape d'invisibilité, et Bahry vit les cheveux noirs, les yeux verts, les lunettes et la cicatrice rageuse, rouge, en forme d'éclair.
S'il avait eu vingt ans d'expérience de moins il aurait peut-être cillé. Au lieu de cela, il cracha quelque chose qu'il n'aurait probablement pas dû dire face au Survivant.
"Il, il," dit la voix vacillante du garçon, son jeune visage exprimait la frayeur, la fatigue, et des larmes coulaient encore le long de ses joues, "il m'a kidnappé, pour me faire lancer mon Patronus... il a dit qu'il me tuerait sinon... mais je ne pouvais pas le laisser vous tuer..."
L'esprit de Bahry était encore embrumé mais les choses commençaient à lentement s'emboîter.
Harry Potter, le seul sorcier à avoir jamais survécu à un Sortilège de la Mort. Bahry aurait peut-être pu éviter la mort verte, il avait certainement essayé, mais si l'affaire se retrouvait face au Magenmagot, ils décréteraient une dette de vie envers une maison Noble.
"Je vois," dit Bahry d'un grondement bien plus amical. Il commença à marcher vers le garçon. "Fiston, je suis désolé que tout ça te soit arrivé, mais j'ai besoin que tu lâches ta cape et ta baguette."
Le reste de Harry Potter émergea de l'invisibilité, révélant les robes à revers bleu de Poudlard, imbibées de sueur, et sa main droite serrée si fort autour d'une baguette de houx de trente centimètres que ses jointures en étaient blanches.
"Ta baguette," répéta Bahry.
"Pardon," chuchota le garçon de onze ans, "voilà," et il tendit la baguette vers Bahry.
Bahry parvint à peine s'empêcher de gronder contre le garçon traumatisé qui venait de lui sauver la vie. Il écrasa la pulsion d'un soupir et se contenta de tendre sa main pour prendre la baguette. "Écoutes, fiston, tu n'est vraiment pas censé pointer ta baguette vers -"
Le pointe de celle-ci fit un léger arc de cercle sous la main de Bahry alors même que le garçon chuchotait : "Somnium."
Harry fixa le corps ratatiné de l'Auror. Il n'y avait pas de sentiment de triomphe, seulement un désespoir écrasant.
(Même alors, il n'aurait peut-être pas été trop tard).
Harry se tourna pour regarder l'endroit où le serpent vert se trouvait, toujours immobile.
"Professeur ?", siffla Harry. "Ami ? Ss'il vouss plaît, êtess-vouss en vie ?" Une horrible peur se saisissait du cœur de Harry ; en cet instant, il avait entièrement oublié qu'il venait de voir le professeur de Défense essayer de tuer un officier de police.
Harry pointa sa baguette vers le serpent et ses lèvres commencèrent même à former le mot Innerver avant que son cerveau ne le rattrape et ne lui hurle dessus.
Il n'osait pas utiliser de magie sur le professeur Quirrell.
Harry l'avait sentie, la brûlure, la douleur déchirante dans sa tête, comme si son cerveau avait été sur le point de se diviser en deux. Il les avait senties, sa magie et celle du professeur Quirrell, adaptées l'une à l'autre, dans une harmonie inverse porteuse de catastrophe. C'était la chose mystérieuse et horrible qui se produirait si jamais Harry et le professeur Quirrell se rapprochaient trop ou s'ils se jetaient jamais un sortilège ou si jamais leurs sortilèges entraient en contact, leur magie résonnerait jusqu'à échapper à tout contrôle -
Harry regarda le serpent, il ne savait pas si ce dernier respirait.
(Les dernières secondes s'écoulèrent).
Il se tourna pour regarda l'Auror, qui avait vu le Survivant, qui savait.
L'amplitude du désastre écrasa Harry comme mille poids de cent tonnes, il était parvenu à étourdir l'Auror, mails il ne restait maintenant plus rien à faire, aucun moyen de récupérer, la mission avait échouée, tout avait échoué, il avait échoué.
En état de choc, désarçonné, entièrement découragé : il n'y pensa pas, il ne vit pas l'évidence, il ne se souvint pas de l'origine de ses sentiments vides d'espoir, il ne se rendit pas compte qu'il lui fallait encore relancer le Véritable Patronus.
(Et alors il était déjà trop tard).
Les Aurors Li et McCusker avaient réarrangés leurs chaises autour de la table, si bien qu'ils la virent tous deux en même temps, la fine horreur nue et squelettique qui s'était élevée pour flotter devant la fenêtre, et la migraine les atteignit dès qu'elle fut dans leur champ de vision.
Ils entendirent tous deux la voix, comme si un corps mort depuis longtemps avait prononcé des mots et que ces mots eux-mêmes avaient vieilli et étaient ensuite morts.