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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:

Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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"Je peux déjà sentir les Détraqueurs," dit la voix râpeuse et polynectarée du professeur Quirrell. "Je ne m'attendais pas à cela, pas si tôt."

"Pensez aux étoiles," dit Harry par-dessus un grondement de tonnerre lointain. "Ne laissez aucune colère entrer en vous, rien de négatif, pensez seulement aux étoiles, à ce que c'est que de s'oublier et de tomber sans corps à travers l'espace. Maintenez cette pensée comme une barrière Occlumantique à travers tout votre esprit. Le Détraqueurs auront quelque difficulté à traverser cela."

Il y eut un silence pendant quelques instants, puis : "Intéressant."

L'étincelle verte s'éleva et Harry inclina son balais légèrement vers le haut afin de suivre, alors même que ce mouvement les menait dans de la brume, dans un nuage bas au-dessus des eaux.

Ils survolèrent bientôt de biais l'immense bâtiment de métal à trois côtés qui les attendait bien plus bas. Le triangle d'acier était creux, c'était un bâtiment fait de trois murs épais, dépourvu de centre. Le professeur Quirrell avait dit que les Aurors de garde logeaient au niveau supérieur du côté Sud, protégés par leur Patronus. L'entrée légale d'Azkaban se trouvait sur le toit du coin Sud-Ouest du bâtiment. Qu'ils ne pouvaient évidemment voir. Au lieu de celle-ci, ils utiliseraient un couloir qui passait directement sous le coin Nord du bâtiment. Le professeur Quirrell descendrait en premier et percerait un trou dans le toit et dans ses barrières, à la pointe Nord, laissant derrière lui une illusion destinée à couvrir l'ouverture.

Les prisonniers étaient gardés dans le flanc du bâtiment, à des niveaux correspondant à leurs crimes. En bas, au point le plus profond et le plus central d'Azkaban, se trouvait un nid de plus de cent Détraqueurs. Des cargaisons de terre étaient y étaient parfois déversées afin de garder les étages à niveau, car la matière directement exposée aux Détraqueurs se décomposait pour devenir de la boue et du néant.

"Attendez une minute," dit la voix râpeuse, "suivez-moi à pleine vitesse, et faites attention en traversant."

"Compris," dit lentement Harry.

L'étincelle s'éteignit et Harry commença à compter : un un million, deux un million, trois un million...

... soixante un million, et Harry plongea, le vent hurlait autour de lui, vers la vaste structure de métal, vers là où il pouvait sentir les ombres de la Mort qui l'attendaient, qui puisaient la lumière et irradiaient le vide, et la structure de métal devenait de plus en plus grande. Simple et sans décoration mis à part une seule structure en forme de boîte sur le coin Sud-Ouest, la vaste forme grise les attendait. Le coin Nord était parfaitement uni, le trou du professeur Quirrell était indétectable.

Harry tira sur le manche aussi fort qu'il le pouvant en s'approchant du coin Nord, se donnant une plus grande marge de sécurité qu'il ne l'aurait fait en cours de vol sur balais, mais sans faire excès de prudence. Dès qu'il fut à l'arrêt, il commença à abaisser le balais de nouveau, vers ce qui semblait être le toit bien solide de l'extrémité du coin Nord.

Descendre à travers le toit illusoire fut une expérience étrange, et il se trouva ensuite dans un couloir de métal éclairé par une faible lueur orange - qui, remarqua Harry d'un coup d'œil surpris, venait d'une bonne vieille lampe à gaz sous verre...

...car la magie déclinait et finissait par se faire absorber lorsqu'elle était exposée aux Détraqueurs.

Harry descendit de son balais.

L'attraction du vide était maintenant plus forte, et elle se divisait, coulait autour de Harry sans le toucher. Elles étaient distantes mais nombreuses, les blessures du monde ; Harry aurait pu indiquer leur direction les yeux fermés.

"Lanccez vottre Patronuss," siffla un serpent au sol, l'air plus décoloré que vert sous la faible lumière orange.

La légère tension se communiquait même en Fourchelangue. Harry fut surpris ; le professeur Quirrell avait dit que les Animagus, une fois transformés, étaient bien moins vulnérables aux Détraqueurs (Harry présuma que c'était pour la même raison que celle qui expliquait la forme animale des Patronus). Si le professeur Quirrell avait autant de mal en forme reptilienne, qu'avait-il ressenti sous forme humaine, lorsqu'il avait eu besoin de pouvoir utiliser sa magie... ?

Dans sa main, la baguette de Harry se levait déjà.

Ce serait le commencement.

Même s'il ne s'agissait que d'une personne, seulement une personne qu'il pourrait sauver des ténèbres, même s'il n'était pas encore assez puissant pour téléporter tous les prisonniers d'Azkaban en sécurité et brûler le triangle infernal jusqu'à ses fondations...

C'était malgré tout un début, un commencement, un paiement d'avance sur tout ce que Harry comptait accomplir dans sa vie. Plus d'attente, plus d'espoir, plus de simples promesses, tout commencerait ici. Ici et maintenant.

La baguette de Harry fendit l'espace et pointa en direction de l'endroit où les Détraqueurs attendaient, loin en-dessous.

"Expecto Patronum !"

La silhouette humanoïde prit forme dans un brasier de lumière. Elle n'était pas la chose solaire qu'elle avait été auparavant... probablement parce que Harry n'avait pas tout à fait réussi à s'empêcher de penser à tous les autres prisonniers dans leurs cellules, ceux qu'il n'était pas là pour sauver.

Cela valait peut-être mieux. Harry devrait garder son Patronus pendant un moment, et il était peut-être préférable qu'il ne soit pas trop lumineux.

À cette pensée, le Patronus s'assombrit un peu plus ; puis un peu plus, alors que Harry essayait d'y mettre un peu moins de sa force, jusqu'à ce que la brillante silhouette humanoïde ne luise finalement qu'un peu plus que le plus lumineux des Patronus animaux, et Harry sentit qu'il ne pouvait le ternir plus sans risquer de le perdre entièrement.

Puis : "C'est stable," siffla Harry, et il commença à nourrir sa bourse de son balais. Sa baguette resta en main, et un léger courant durable venant de lui remplaçait les légères pertes de son Patronus.

Le serpent se fondit en un homme longiligne au teint cireux qui tenait la baguette du professeur Quirrell dans une main et le balais dans l'autre. Le grand échalas vacilla en revenant à la vie, et il alla s'appuyer contre le mur pendant un moment.

"Bien joué, peut-être un tout petit peu trop lent," murmura la voix râpeuse. La sécheresse du professeur Quirrell s'y trouvait, même si elle ne correspondait pas à la voix, pas plus que le regard grave ne correspondait au visage orné d'une barbe épaisse. "Je ne peux plus les sentir du tout à présent."

Un moment plus tard, le balais partit vers les robes de l'homme et disparut. Puis sa baguette s'éleva et tapa son crâne, et il disparut à nouveau au son d'une coquille d'œuf brisée.

Au milieu de l'air éclot une faible étincelle verte, et Harry, toujours enveloppé de la Cape d'Invisibilité, la suivit.

Si vous aviez observé de l'extérieur, vous n'auriez rien vu d'autre qu'une petite étincelle verte qui dérivait dans les airs, et un humanoïde étincelant d'argent qui marchait derrière elle.

Ils descendirent encore et encore et encore, dépassant une lampe à gaz après l'autre, et parfois une immense porte de métal, plongeant dans Azkaban au milieu de ce qui semblait être un silence absolu. Le professeur Quirrell avait mis en place une sorte de barrière à travers laquelle il pouvait entendre ce qui se passait autour de lui, mais aucun son ne pouvait sortir, et aucun son ne pouvait atteindre Harry.

Ce dernier n'avait pas tout à fait réussi à empêcher son esprit de s'interroger sur la raison du silence, ni à l'empêcher de la trouver. La raison déjà connue à un niveau anticipatif et infra-verbal qui l'avait poussé à essayer, futilement, de ne pas y penser.

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