L'homme au ventre de plomb
- Автор: Паро Жан-Франсуа
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: 10-18 Editions Jean-Claude, Lattes
- ISBN: 2-264-03176-X
- Жанр: Исторические детективы
Электронная книга - «L'homme au ventre de plomb». Краткое содержание книги:
« Les aventures de ce nouveau limier se distinguent par leurs qualités littéraires et la singularité du personnage et de son siècle. »
Télé Journal
— Les yeux clairs et hardis, la mine haute, le teint vermeil. Les humeurs sont en place. J’ai appris ton élévation. Te souviens-tu que je l’avais prophétisée ? Je pressentais que M. de Sartine inclinerait le cours de ta vie. J’en ai souvent remercié le Seigneur.
Ils se perdirent dans les souvenirs d’un passé encore proche. Nicolas expliqua au père Grégoire les raisons de sa venue au couvent et apprit de son ami que la comtesse de Ruissec y avait ses habitudes et se confessait à l’un des pères carmes. Le temps passait et, tout au plaisir de leurs retrouvailles, Nicolas attendait les quatre coups au clocher de l’église. Il lui parut bientôt que ceux-ci tardaient. Ayant consulté sa montre, il bondit ; les cloches étaient en retard de plusieurs minutes. Le père Grégoire l’informa qu’elles ne sonnaient plus les heures afin d’épargner le repos d’un de leurs frères à l’agonie.
Le jeune homme arriva dans l’église, essoufflé par sa course. Elle était vide. Il respira, il était encore en avance. L’odeur d’encens, de cierges éteints et celle, plus insidieuse, de décomposition le saisirent. Il examina les quatre chapelles latérales : elles étaient également vides. Il admira, dans la croisée, la belle statue de la Vierge en marbre blanc dont le père Grégoire lui avait si souvent répété qu’elle avait été sculptée sur un modèle du Bernin. Au-dessus de lui, il reconnut la peinture du dôme où le prophète Élie est représenté enlevé au ciel sur un char de feu. Devant l’autel, le puits par lequel on descendait les corps des moines défunts était ouvert. Nicolas le connaissait bien, c’était par là qu’on jetait aussi l’eau bénite dans la crypte.
Nicolas perdait à nouveau le souffle ; l’encens lui procurait souvent ce malaise. Il s’assit sur un prie-Dieu et tenta de maîtriser sa sensation d’étouffement. Soudain, un cri suivi de pas précipités l’alertèrent. Ils résonnaient dans l’édifice, sans qu’on puisse déterminer leur provenance. Ils s’apaisèrent bientôt, pour laisser la place à un silence si profond qu’il entendit distinctement le grésillement des cierges et chaque craquement des boiseries. De nouveaux cris se firent entendre ; le père Grégoire surgit, le visage empourpré, suivi de trois moines. Il prononçait des mots sans suite.
— Il s’est passé… Oh ! mon Dieu, Nicolas, une chose terrible…
— Calmez-vous et dites-moi les faits par leur commencement.
— Lorsque vous m’avez quitté… On est venu m’annoncer la mort de notre prieur. En l’absence du père abbé, c’est moi qui prends les dispositions. J’ai demandé que l’on prépare la crypte pour les funérailles. Là, là…
— Là, quoi ?
— Le frère Anselme est descendu et a découvert… Il a trouvé…
— Mais quoi ?
— Le corps de la comtesse de Ruissec. Elle est tombée dans le puits des morts.
IV
OUVERTURES
Autour des corps qu’une mort avancée
Par violence a privés du beau jour
Les ombres vont, et font maint et maint tour.