La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Quand la séance d’habillage fut terminée, Nynaeve remit à contrecœur le bracelet. Elayne récupéra les vêtements de l’ancienne Sage-Dame et se servit de l’autre robe teinte pour confectionner le genre de baluchon qu’une paysanne pouvait parfaitement porter alors qu’elle suivait une sul’dam et sa damane.
— Gawyn sera fou d’angoisse quand je lui raconterai tout ça !
La Fille-Héritière s’esclaffa, mais son rire sonnait atrocement faux.
Nynaeve s’examina de très près, puis elle fit de même avec Min. Maintenant, il allait falloir passer aux choses vraiment dangereuses.
— Prêtes, les filles ?
— Prête…, répondit Elayne, sa bonne humeur envolée.
— Prête, lâcha Min.
— Où allez-vous ? Enfin, où allons-nous ?
— On va se jeter dans la gueule du loup, dit Elayne.
— Pour danser le quadrille avec le Ténébreux, précisa Min.
Nynaeve soupira, accablée par ces tergiversations.
— Elles essaient de te dire que nous allons entrer dans la prison des damane, afin d’en libérer une.
Seta en était encore bouche bée de surprise quand l’improbable quatuor sortit des écuries.
Sur le pont du Poudrin, Bayle Domon regardait le jour se lever. Même si les rues qui menaient au port restaient peu fréquentées, les quais grouillaient déjà d’activité. Perchée sur un toit, une mouette dévisageait le capitaine. Ces oiseaux, constata-t-il, avaient des yeux impitoyables…
— Vous êtes sûr de votre fait, capitaine ? demanda Yarin. Si les Seanchaniens se demandent pourquoi nous sommes tous à bord…
— Assure-toi qu’il y ait bien une hache à côté de chaque amarre… Mais, si un marin coupe un de ces cordages avant que nos passagères soient à bord, je lui fendrai le crâne à coups de massue. C’est bien compris ?
— Et si elles ne viennent pas, capitaine ? Si des soldats seanchaniens se montrent à leur place ?
— Vide-toi bien les boyaux, mon garçon ! Si ça arrive, nous filerons vers la sortie du port, et que la Lumière veuille bien nous prendre sous son aile ! Mais, jusque-là, j’insiste pour que nous attendions ces femmes. À présent, retourne les guetter en faisant mine de ne rien attendre.
Domon se tourna vers la cité et regarda dans la direction où se dressait le complexe des damane. Très nerveux, il pianota sur le bastingage en se demandant comment tourneraient les choses.
Soufflant de la mer, un vent frisquet poussait vers les narines de Rand de bonnes odeurs de petit déjeuner. S’avisant que cette bise soulevait les pans de sa cape rongée aux mites, le jeune homme la ferma d’une main. Dans les vêtements qu’ils avaient trouvés, aucune veste n’était à sa taille. Du coup, il avait gardé la sienne, et il préférait dissimuler les hérons qui ornaient son col et les broderies qui rehaussaient ses manches. De plus, malgré leur tolérance en matière d’armes, assez surprenante pour une force d’occupation, il n’aurait pas juré que les Seanchaniens se montreraient si libéraux avec le porteur d’une épée au héron.
À la pâle lumière du soleil levant, Rand distinguait à peine Hurin, qui chevauchait devant lui, slalomant entre les enclos à chevaux et les emplacements pour chariot. Quelques hommes seulement se déplaçaient entre les véhicules des marchands, et tous étaient des forgerons ou des charrons.
Ingtar, le premier à entrer en ville, était déjà très loin devant. Perrin et Mat suivaient Rand, mais sans chevaucher ensemble. Le jeune homme ne se retourna pas pour voir où ils étaient. Cinq hommes étaient entrés dans Falme aux premières lueurs de l’aube, mais ils ne se connaissaient pas et n’avaient aucun lien les uns avec les autres.
Dans les enclos, les chevaux se pressaient contre la clôture, attendant qu’on les nourrisse. Soudain, Hurin sortit à demi d’un passage, entre deux écuries encore fermées, et fit signe à Rand de le rejoindre. Sans hésiter, le jeune homme orienta son cheval dans la direction requise.
Tenant son cheval par la bride, Hurin était engoncé dans une redingote trop fine et il tremblait de froid malgré la lourde cape qui dissimulait ses armes.
— Le seigneur Ingtar est un peu plus loin, annonça-t-il. Il a ordonné que nous laissions les chevaux ici et que nous fassions à pied le reste du chemin.
Alors que Rand mettait pied à terre, le renifleur ajouta :
— Fain est passé dans la rue où nous étions. Je le sens presque d’ici…
Rand conduisit Rouquin jusqu’à l’endroit où Ingtar avait attaché sa monture, derrière une des écuries. Dans sa veste de cuir toute trouée, l’officier ne payait pas de mine, et son ceinturon d’armes ressemblait à un cheveu sur la soupe, mais ses yeux brillaient comme d’habitude d’une sereine détermination.
Rand attacha Rouquin à côté de l’étalon du militaire. Qu’allait-il faire de ses sacoches de selle, à présent ? Par prudence, il avait préféré ne pas laisser l’étendard avec les autres. Aucun soldat n’aurait osé fouiller dans ses affaires, mais comment savoir, avec Verin ? Et si elle avait trouvé l’étendard du Dragon, comment aurait-elle réagi ?
Pour l’heure, Rand décida de laisser les sacoches sur sa selle.
Mat arriva sur ces entrefaites, Hurin et Perrin le suivant d’assez près. Dans leurs vêtements d’emprunt, les deux garçons de Champ d’Emond avaient l’air d’un duo de mendiants, mais ils étaient passés inaperçus dans tous les villages traversés, et cela seul comptait.
— Et maintenant, déclara Ingtar, on va voir ce qu’on va voir !
En bavardant, les cinq hommes traversèrent la cour des chariots comme s’ils avaient l’intention de flâner pour se familiariser un peu avec la ville. Puis ils s’engagèrent dans des rues pavées en continuant à dire ce qui leur passait par la tête. Ingtar espérait que cinq voyageurs parmi tant d’autres n’attireraient pas l’attention. De toute façon, à cette heure matinale, par un temps si frais, il n’y avait pratiquement personne dehors…
S’ils marchaient ensemble, Hurin jouait quand même un rôle d’éclaireur. Humant l’air, c’était lui qui décidait de la direction à prendre, comme le plan le prévoyait depuis le début.
— Fain a sillonné ces rues, dit le renifleur avec une moue dégoûtée. Sa puanteur est partout, si forte qu’il est impossible de distinguer la nouvelle de l’ancienne… Mais je peux affirmer qu’il était encore ici hier ou avant-hier. Donc, il y a une bonne chance pour qu’il ne soit pas parti.
Les rues se remplirent peu à peu. D’abord un marchand à la sauvette, occupé à installer des fruits sur un étalage de fortune. Puis un type bizarre courant avec un gros rouleau de parchemin sous le bras, une planche à dessiner accrochée dans le dos. Les cinq amis virent aussi un rémouleur en train de graisser les roues de sa charrette et, un peu plus tard, ils croisèrent deux femmes qui marchaient l’une derrière l’autre. Et la première tenait la seconde en laisse !
Rand retint son souffle et dut s’empêcher de regarder fixement les deux Seanchaniennes.
— C’est ça, une damane ? demanda Mat, les yeux exorbités de surprise.
— Une femme avec une robe ornée d’éclairs, une autre qui garde la tête basse… (Ingtar hocha la tête.) Oui, ça correspond aux descriptions des villageois… Hurin, allons-nous devoir arpenter toutes les rues de cette maudite ville ?
— Fain a été partout, seigneur. Sa puanteur aurait dû m’aider à me repérer, mais…
Dans le quartier où les cinq hommes déambulaient, les maisons à plusieurs étages étaient presque toutes aussi grandes que des auberges. Au coin d’une rue, Rand s’immobilisa, surpris de découvrir qu’une vingtaine de soldats montaient la garde devant une imposante demeure. De l’autre côté de la rue, deux femmes à la robe ornée d’éclairs conversaient devant la porte d’une autre grande maison. Sur le toit de la première, une bannière représentant un faucon d’or battait au vent. En revanche, il n’y avait aucun drapeau ni aucune marque honorifique sur le second bâtiment.