La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Les cinq intrus débouchèrent dans un couloir obscur. Sur leur droite, des odeurs de cuisine filtraient d’une porte entrouverte et des échos de voix attestaient la présence de plusieurs personnes dans cette pièce. De temps en temps, un bruit de casseroles qui s’entrechoquent confirmait qu’il s’agissait bien d’une cuisine.
Ingtar fit signe à Mat d’ouvrir la marche. Alors qu’ils remontaient le couloir, Rand surveilla en permanence la porte de la cuisine, dans son dos.
Devant eux, une mince jeune femme aux cheveux noirs sortit d’une pièce, portant un plateau sur lequel trônait un unique gobelet. La robe blanche de la domestique était si transparente que Rand en écarquilla les yeux. Les cinq hommes se pétrifièrent, mais la servante s’éloigna sans même jeter un coup d’œil dans leur direction.
— Vous avez vu ça ? couina Mat. À travers sa robe on distinguait…
Ingtar plaqua une main sur la bouche du jeune homme.
— Concentre-toi sur notre mission…, souffla-t-il. Allons, aide-moi à trouver le Cor !
Mat désigna un escalier en colimaçon. Les cinq amis le gravirent, puis Mat prit la tête du groupe et le guida en direction de la partie avant de la maison. Dans le couloir, tous les meubles – assez rares, en réalité – semblaient de forme arrondie. En matière de décoration, les tapisseries et les paravents alternaient avec une assommante monotonie – d’autant plus que tous représentaient des oiseaux perchés sur une branche ou une paire de fleurs. Sur un paravent, Rand remarqua la présence assez étrange d’une rivière représentée avec ses berges mais… absolument rien d’autre autour qu’un fond blanc.
Des bruits montaient d’un peu partout, attestant la présence de plusieurs personnes dans la maison. Les intrus ne firent aucune rencontre, et Rand s’en félicita. Si quelqu’un apercevait cinq types armés jusqu’aux dents en train de se faufiler dans les couloirs, le résultat serait garanti !
— Là-dedans…, souffla Mat en désignant une double porte coulissante d’une grande sobriété, puisque les poignées sculptées étaient ses seuls ornements. Enfin, la dague y est…
Ingtar jeta un coup d’œil à Hurin, qui fit coulisser les portes, permettant à l’officier de les franchir, l’épée brandie. Rand et les autres suivirent l’officier dans la pièce déserte, puis le renifleur referma derrière eux.
Des paravents peints dissimulaient les murs, les portes et les fenêtres, tamisant la lumière du jour et étouffant les rares bruits de la rue. Dans un coin de la pièce se dressait un grand cabinet circulaire. Placées pour permettre à la personne assise de contempler le meuble, une petite table et une chaise lui faisaient face.
Rand entendit Ingtar pousser un petit cri. Pour sa part, il se contenta d’un soupir de soulagement. Le Cor de Valère, posé sur un support, trônait sur la table. À côté, le rubis enchâssé dans le manche de la dague brillait faiblement.
Mat avança et s’empara des deux artefacts.
— Nous les avons ! triompha-t-il en brandissant l’arme. Les deux sont à nous !
— Pas si fort…, souffla Perrin. Nous ne sommes pas encore sortis d’ici…
Les mains de l’apprenti forgeron frémissaient sur le manche de sa hache, comme si elles avaient voulu serrer autre chose…
— Le Cor de Valère ! s’écria Ingtar, émerveillé.
Il toucha l’instrument, suivit du bout d’un index les inscriptions d’argent, autour du pavillon, et récita d’une voix grave leur traduction. Puis il retira sa main, tremblante d’excitation :
— C’est lui ! Par la Lumière ! c’est lui ! Je suis sauvé !
Hurin avait déjà entrepris de retirer les paravents qui occultaient les fenêtres. Quand il eut écarté le dernier, il regarda dehors.
— Les soldats sont toujours là, annonça-t-il, comme s’ils avaient pris racine. Les monstres n’ont pas bougé non plus…
Rand vint se camper à côté du renifleur. Les créatures étaient bien des grolms, il était inutile de le nier.
— Comment ont-ils… ?
Rand ne termina pas sa phrase. Levant les yeux, il venait presque par hasard de jeter un coup d’œil dans le jardin de la maison d’en face. Très grand, il s’étendait devant la bâtisse, et on voyait encore très bien qu’on avait abattu des murs de séparation afin de relier tous les espaces de promenade de ce pâté de maisons. Toujours par deux, des femmes déambulaient le long des sentiers ou prenaient l’air sur des bancs. Une laisse d’argent reliait chacun de ces binômes. Et, malgré la distance, Rand venait de croiser le regard d’une femme en robe grise.
Un regard qu’il aurait reconnu entre mille.
— Egwene…, souffla-t-il, blanc comme un linge.
— Que racontes-tu ? lança Mat. Egwene est en sécurité à Tar Valon, et j’aimerais sacrément être à sa place.
— Non, elle est ici, dit Rand, catégorique.
Les deux femmes s’éloignaient déjà en direction d’un bâtiment, sur la gauche du grand jardin.
— Elle est là, en face de nous, et… Par la Lumière ! elle a un collier autour du cou !
— Tu es sûr ? demanda Perrin. (Il vint lui aussi regarder dehors.) Je ne la vois pas, Rand… Et je la reconnaîtrais si c’était elle, tu peux me croire !
— C’était elle ! affirma Rand.
Les deux femmes entrèrent dans le bâtiment.
Egwene était censée ne rien risquer à Tar Valon ! Bien à l’abri dans la Tour Blanche…
Rand sentit sa gorge se serrer et son estomac se nouer.
— Je dois la tirer de là ! Les autres, vous…
— Ainsi, dit soudain une voix douce dans le dos des intrus, vous n’êtes pas ceux que j’attendais !
Rand se retourna et eut quelque peine à en croire ses yeux. L’homme au crâne rasé qui venait d’entrer portait une longue robe bleue et ses ongles semblaient trop longs pour qu’il puisse tenir quelque chose. Les deux types qui se tenaient respectueusement derrière lui n’avaient qu’une moitié du crâne rasée, le reste de leur chevelure sombre formant une courte tresse. L’un des deux serrait contre sa poitrine une épée rangée dans son fourreau.
Les paravents qui dissimulaient des portes basculèrent en avant, révélant devant chaque issue une petite haie composée de quatre ou cinq soldats seanchaniens en armure – sans leur casque, mais l’épée au poing.
— Vous êtes en la noble présence du haut seigneur Turak, commença l’homme qui portait l’épée.
Il foudroya du regard Rand et les autres intrus mais, d’un geste très discret de l’index, son maître lui fit signe de se taire. L’autre domestique avança, s’inclina puis entreprit de retirer sa robe à Turak.
— Quand on est venu me dire qu’on avait trouvé le cadavre d’un garde, dit très calmement le haut seigneur, j’ai soupçonné cette vermine qui se fait appeler Fain. Je me méfie de lui depuis la fin mystérieuse de Huan, et je sais qu’il convoite la dague…
Turak écarta les bras pour que le serviteur le débarrasse plus facilement de la robe d’apparat. Malgré sa voix chantante, le haut seigneur, une fois torse nu, apparaissait tel qu’il était vraiment : un athlète et un guerrier.
Tandis que Turak resserrait distraitement la large ceinture bleue de son pantalon plissé, Rand se demanda s’il avait simplement conscience d’être en face de cinq hommes armés.
— Et, quelle surprise, voilà que je découvre des inconnus qui se sont emparés de la dague et du Cor ! Vous avez gâché ma matinée et, pour ça, je me ferai un plaisir de tailler en pièces un ou deux d’entre vous. Les survivants me diront qui vous êtes et ce que vous faites ici.
Sans même tourner la tête, Turak tendit une main sur le côté et referma les doigts sur la poignée de l’épée que le second serviteur lui présentait. D’un geste vif, il dégaina la lourde lame incurvée.