Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
"Très bien," dit l'Auror Komodo, "remmenons-le."
"Excusez-moi," dit Harry. "J'aimerais réessayer le Détraqueur."
La requête de Harry rencontra une certaine dose d'opposition, de celles du genre mais vous êtes complètement cinglé, même si l'Auror Butnaru fut le seul à le dire à voix haute.
"Fumseck m'a dit de le faire," dit Harry.
Cela ne surmonta pas toute l'opposition, malgré l'expression choquée qui apparut alors sur le visage de Dumbledore. Le débat continua, et cela commença à ronger une partie de ce qui restait de la paix du phénix, ce qui agaça Harry, mais un peu seulement.
"Écoutez," dit Harry, "je suis presque sûr de savoir ce que j'ai mal fait la dernière fois. Il existe des gens qui doivent utiliser un autre genre de pensée heureuse. Laissez-moi juste essayer, d'accord ?"
Cela ne fut pas plus persuasif.
"Je pense," dit enfin le professeur Quirrell en regardant Harry avec des yeux étroits, "que si nous ne le laissons pas le faire sous supervision, il pourrait bien, à un moment ou un autre, nous fausser compagnie et chercher un Détraqueur seul. Vous accuserais-je faussement, M. Potter ?"
Il y eut une pause horrifiée. Cela semblait un bon moment pour jouer l'atout qu'il avait gardé dans sa manche.
"Ça ne me dérange pas que le directeur garde son Patronus," dit Harry. Car je serai tout autant en présence du Détraqueur, Patronus ou pas.
Cela fut accueilli par une grande confusion ; même le professeur Quirrell semblait perplexe ; mais le directeur finit par accepter, puisqu'il semblait peu probable que Harry puisse être atteint à travers quatre Patronus.
Si le Détraqueur ne pouvait traverser votre Patronus d'une façon ou d'une autre, Albus Dumbledore, vous ne verriez pas un homme nu et douloureux à regarder...
Harry ne le dit pas à voix haute, pour des raisons évidentes.
Et ils commencèrent à marcher vers le Détraqueur.
"Professeur," dit Harry, "imaginons que la porte de Serdaigle vous pose cette énigme : Qu'est-ce qui se trouve au centre d'un Détraqueur ? Que diriez-vous ?"
"La peur," dit le directeur.
C'était une erreur facile à commettre. Le Détraqueur approchait, et la peur vous englobait. La peur faisait mal, vous la sentiez vous affaiblir, vous vouliez qu'elle s'en aille.
Il était naturel de penser que la peur était le problème.
Alors vous décidiez que le Détraqueur était une pure créature de peur, qu'il n'y avait rien à craindre sinon la peur elle-même, que le Détraqueur ne pouvait pas vous faire de mal si vous n'aviez pas peur...
Mais...
Qu'est-ce qui se trouve au centre d'un Détraqueur ?
La peur.
Qu'est-ce qui est tellement horrible que l'esprit refuse de le voir ?
La peur.
Qu'est-ce qu'on ne peut pas tuer ?
La peur.
... ça ne collait pas vraiment quand y réfléchissait.
Même si la raison pour laquelle les gens seraient réticents à regarder au-delà de la peur était assez claire.
Les gens comprenaient la peur.
Les gens savaient ce qu'ils étaient censés faire face à la peur.
Alors, face à un Détraqueur, il ne serait pas tout à fait réconfortant de se demander : 'Et si la peur était juste un effet collatéral plutôt que le problème principal ?'
Ils étaient maintenant très près de la cage du Détraqueur gardée par quatre Patronus, et il y eut soudain quatre inspirations courtes venant des trois Aurors et du professeur Quirrell. Tous les visages se tournèrent vers le Détraqueur et semblèrent écouter ; il y avait de l'horreur sur le visage de l'Auror Goryanof.
Puis le professeur Quirrell leva la tête, le visage dur, et il cracha en direction du Détraqueur.
"Je suppose qu'il n'a pas aimé voir sa proie lui être enlevée," dit Dumbledore d'une voix douce. "Eh bien, si cela devient nécessaire, Quirinus, Poudlard vous offrira toujours refuge."
"Qu'a-t-il dit ?" dit Harry.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui.
"Tu ne l'as pas entendu... ?" dit Dumbledore.
Harry secoua sa tête.
"Il m'a dit," dit le professeur Quirrell, "qu'il me connaissait, et qu'il me pourchasserait un jour, où que je me cache." Son visage était rigide et n'exprimait aucune peur.
"Ah," dit Harry, "je ne m'inquiéterais pas pour ça, professeur Quirrell." Ce n'est pas comme si les Détraqueurs pouvaient vraiment parler, ou penser ; leur structure est empruntée à votre esprit et à ce à quoi vous vous attendez...
Maintenant tout le monde lui jetait des regards très bizarres. Les Aurors se jetaient des coups d'œil nerveux les uns aux autres, et au Détraqueur, et à Harry.
Et ils se tinrent directement en face de la cage du Détraqueur.
"Il existe des blessures dans le monde," dit Harry. "C'est une pure conjecture, mais j'imagine que c'est Godric Gryffondor qui a dit ça."
"Oui..." dit Dumbledore. "Comment l'as-tu su ?"
On croit souvent à tort, pensa Harry, que tous les meilleurs rationalistes sont répartis à Serdaigle, n'en laissant aucun pour les autres Maisons. Ce n'est pas le cas ; être réparti à Serdaigle indique que votre vertu la plus forte est la curiosité, la capacité à s'interroger et à trouver la vraie réponse. Et ce n'est pas le seule vertu dont un rationaliste a besoin. Parfois il faut travailler dur sur un problème, et s'y atteler pendant longtemps. Parfois il faut trouver un plan malin qui permet d'obtenir la réponse. Et parfois ce dont vous avez le plus besoin pour voir une réponse, c'est le courage d'y faire face...
Le regard de Harry alla vers ce qui se trouvait sous la cape, vers l'horreur bien pire que n'importe quelle momie pourrissante. Rowena Serdaigle aurait pu le savoir, elle aussi, car c'était une énigme évidente une fois qu'on le voyait comme une énigme.
Et la raison pour laquelle les Patronus étaient des animaux était elle aussi évidente. Les animaux ne savaient pas, et ils étaient donc à l'abri de la peur.
Mais Harry savait, et il saurait toujours, et il ne pourrait jamais oublier. Il avait essayé de s'enseigner à faire face à la réalité sans faillir, et même s'il n'était pas encore devenu maître de cet art, ces sillons avaient quand même été creusés dans son esprit, ce réflexe acquis de regarder vers le douloureux plutôt que de s'en détourner. Harry ne serait jamais capable d'oublier en ayant des pensées heureuses à propos d'autre chose, et c'est pour cela que le sort n'avait pas fonctionné pour lui.
Alors Harry aurait une pensée heureuse qui n'était pas à propos d'autre chose.
Il leva sa baguette, que le professeur Flitwick lui avait rendue, et mit ses pieds dans la pose de départ du Patronus.
En son esprit, Harry abandonna les derniers restes de la paix du phénix, il mit le calme et la sensation de sommeil éveillé de côté, il préféra se souvenir du cri perçant de Fumseck et il se prépara à la bataille. Il demanda à toutes les parties de son être de s'éveiller. Il assembla en lui-même toute la force que le charme du Patronus pourrait jamais puiser, il se mit dans l'état d'esprit qui conviendrait à la pensée heureuse finale ; il se souvint de toutes les choses radieuses.
Les livres que son père lui avait achetés.
Le sourire de Maman quand Harry lui avait fabriqué une carte pour la fête des mères, un objet complexe qui avait utilisé près d'un quart de kilo de pièces électroniques détachées trouvées dans le garage et qui allumait des lumières et qui jouait une petite chanson et qu'il avait mis trois jours à construire.
Le professeur McGonagall qui lui disait que ses parents étaient morts dignement, en le protégeant. Et ils l'avaient fait.