Le coiffeur de Chateaubriand
- Автор: Goetz Adrien
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions Le Livre de Poche
- ISBN: 978-2253157588
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Le coiffeur de Chateaubriand». Краткое содержание книги:
Biographie de l'auteur
Adrien Goetz est notamment l'auteur de La Dormeuse de Naples (2004, Prix Roger Nimier, Prix des Deux Magots), Intrigue à l'anglaise (2007, Prix Arsène Lupin) et Intrigue à Versailles (2009).
Peu après, j'ai accepté d'envoyer mes deux tableaux en cheveux de Chateaubriand à une exposition à New York. L'un d'eux, la vue du tombeau de Chateaubriand, a été cassé lors du voyage de retour et il est irréparable. L'autre, sa chambre natale, est sous mes yeux. Je l'ai accroché devant ma table. Il m'a aidé à écrire.
Note
C'est devant les remparts de Gallipoli, dans la province de Lecce, que j'ai inventé cette histoire. Sur ces rivages du sud des Pouilles, le sud du sud de l'Italie, je me suis souvenu des remparts de Saint-Malo, la ville de ma grand-mère Hélène. J'avais aussi pris des notes dans certains lieux encore hantés par l'ombre de Chateaubriand : dans les bois de Combourg, dans la jolie maison de Villeneuve-sur-Yonne où il venait voir Joseph Joubert et à Champlâtreux, le château que Mathieu Molé avait recouvré après la Révolution, à l'époque où ils étaient amis.
L'aventure s'inspire d'un texte réel et d'un héros authentique. Le véritable Adolphe Pâques, « artiste coiffeur », né en 1816, ne mourut qu'en 1906. Il avait eu le temps de coiffer, après Chateaubriand, l'impératrice Eugénie et la maréchale de Mac-Mahon. Il ne s'intéressait qu'à l'histoire et aux livres et, comme le roi Louis-Philippe l'avait fait pour Versailles, il avait dédié ses ciseaux « à toutes les gloires de la France ».
Le personnage de Sophie est une pure fiction, mais toute l'intrigue autour du manuscrit des Mémoires d'outre-tombe est véridique.
Les précisions concernant les armes à silencieux en usage à l'époque m'ont été fournies par le très savant Raphaël Abrille, conservateur au musée de la Chasse et de la Nature.
Comme il n'était pas catalan et qu'il ne vivait pas à Montmartre, Adolphe Pâques disparut en ignorant qu'en 1906, au même instant, Picasso assemblait des études pour Les Demoiselles d'Avignon. Adolphe Pâques, « artiste coiffeur » romantique, qui avait vu des Girodet, des Delacroix et des Ingres à l'époque où les vernis n'étaient pas secs, n'avait sans doute pas grand goût pour le XXe siècle.
Il avait publié, à compte d'auteur, en 1872, un volume de mémoires, intitulé Le Coiffeur de Chateaubriand, rareté bibliophilique que les éditions Recouvrance, à Rennes, ont eu la bonne idée de réimprimer en facsimilé dans la collection « L'Amateur averti » en 1998. Dans cet unique ouvrage, un peu décevant pour le lecteur d'aujourd'hui, Adolphe Pâques parle trop peu de l'écrivain qui lui fournit son titre et s'attarde longuement sur ses années d'apprentissage, son séjour à Londres et le salon de coiffure à la mode que sa femme et lui avaient, un temps, ouvert à Fontainebleau. Comme Adolphe Pâques ne se prenait pas au sérieux, et qu'il était homme d'esprit, il a placé en épigraphe de son livre cette citation de Jules Janin : « M. Pâques a rasé Chateaubriand… il en rasera bien d'autres ! » Je n'ai pas voulu la lui emprunter.
L'étonnant « tableau » réalisé par ses soins « en cheveux de Chateaubriand », dont il est question dans ce roman, représente la chambre natale de l'écrivain à Saint-Malo, dans l'hôtel de la Gicquelais, bâtiment occupé aujourd'hui par l'Hôtel de France et de Chateaubriand. Il figure dans les collections du musée Carnavalet. Il a été mis en dépôt au musée de Saint-Malo, où il est exposé non loin du portrait de Chateaubriand par Girodet qui appartint à Juliette Récamier. Christophe Leribault, alors conservateur au musée Carnavalet, aujourd'hui conservateur au Louvre et directeur du musée national Eugène-Delacroix, m'a permis de consulter, avec beaucoup d'obligeance, le dossier complet de cette œuvre étonnante.
Le tableau de Saint-Malo, composé de cheveux coupés sur le grand homme de son vivant, permettra peut-être un jour, grâce à la sorcellerie de la duplication de l'ADN, de le voir renaître.