Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les ailes de la nuit [Nightwings - fr]
Les ailes de la nuit [Nightwings - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les ailes de la nuit [Nightwings - fr]

Электронная книга - «Les ailes de la nuit [Nightwings - fr]». Краткое содержание книги:

Le vieux Guetteur, Avluela la Volante, et Gordon, un Elfon, revenaient vers Roum, la ville aux sept collines.
Le Guetteur était las d'avoir usé ses yeux et ses sens à détecter l'invasion extraterrestre dont la Terre se croyait menacée. Il avait fini par perdre la foi dans le principe fondamental de sa Guilde.
Tout son univers allait pourtant basculer quelques heures plus tard. Sa jeune protégée Avluela était remarquée par le Prince de Roum qui abusait d'elle. Gordon, l'Elfon sans Guilde, reconnaissait soudain être un émissaire déguisé des envahisseurs qui apparaissaient bientôt au Guetteur au cours de sa veille. La Terre allait être conquise.
Désorienté, ses veilles de guet devenues vaines, le Guetteur gagna d'abord Perris où il ne rencontra qu'intrigues et luxure, puis tenta le pèlerinage de Jorslem. C'est là qu'il retrouva Avluela la Volante et que, de la Terre vaincue, naquit un nouvel espoir.
1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 55
Перейти на страницу:

A mesure que la température se réchauffait, l’attitude du prince s’adoucissait. Peut-être finissait-il par se résigner à son triste sort ; peut-être, dans la prison de sa nuit intérieure, élaborait-il une nouvelle tactique pour affronter cette transformation de son existence. C’était presque avec désinvolture qu’il parlait à présent de lui-même, de sa chute, de son humiliation. Il évoquait son ancienne puissance en des termes qui laissaient penser, sans doute possible, qu’il ne se faisait pas d’illusion sur ses chances de la retrouver un jour. Il s’étendait sur ses richesses, ses femmes, ses joyaux, ses Elfons, ses Musiciens et ses Serviteurs, sur les Maîtres et même sur les Dominateurs, ses pairs, qui ployaient jadis le genou devant lui. Je ne prétendrai pas que j’éprouvais la moindre sympathie à son égard mais, dans ces moments-là, je discernais derrière son masque inexpressif un être humain qui souffrait.

Il voyait même en moi un autre être humain. Je sais que cela lui coûtait énormément.

Il me dit un jour :

— L’ennui avec le pouvoir, Guetteur, c’est qu’il vous coupe des gens, vois-tu ? Ils deviennent des objets. Toi, par exemple… tu n’étais pour moi qu’une machine qui allait et venait en guettant les envahisseurs, rien de plus. Je suppose que tu avais des rêves, des ambitions, des colères, mais tu étais pour moi un vieillard racorni, sans existence indépendante en dehors de ta fonction de Guetteur. Je vois mieux les choses maintenant que je ne vois plus.

— Que voyez-vous ?

— Tu as été jeune autrefois. Tu avais une ville que tu aimais. Une famille. Une femme, même. Tu as choisi une confrérie — à moins qu’on ne l’ait choisie à ta place —, tu es entré en apprentissage, tu as dû lutter, ta tête te faisait mal, tes tripes se nouaient, tu as connu bien des heures sombres où tu te demandais ce que tout cela signifiait, à quoi cela servait. Tu voyais passer les Maîtres et les Dominateurs comme des comètes. Et nous voici à présent tous les deux, épaves rejetées par les vagues, sur la route de Perris. Qui, de toi ou de moi, est le plus heureux, désormais ?

— Je suis au delà de la joie et de la tristesse, lui répondis-je.

— Est-ce la vérité ? Ou seulement un rempart derrière lequel tu t’abrites ? Dis-moi une chose, Guetteur : je sais que la règle de ta confrérie t’interdit de te marier, mais t’est-il arrivé d’aimer ?

— Quelquefois.

— Es-tu maintenant au delà de l’amour ?

J’éludai la question.

— Je suis vieux.

— Mais tu pourrais aimer. Tu le pourrais ! Tu es dorénavant affranchi de tes vœux de confrérie, n’est-ce pas ? Tu pourrais prendre femme.

Je m’esclaffai.

— Quelle femme voudrait de moi ?

— Ne parle pas ainsi. Tu n’es pas si vieux que cela. Tu possèdes des atouts. Tu as vu le monde, tu le comprends. Tu pourrais sûrement trouver à Perris une brave fille qui… (Il n’acheva pas.) N’as-tu jamais connu la tentation quand tu étais encore lié par tes vœux ?

Au même moment, une Volante nous survola. C’était une femme mûre qui avait quelque difficulté à tenir son cap car la lumière déclinante alourdissait ses ailes. J’eus un coup au cœur et l’envie me prit de répondre : « Oui, j’ai connu la tentation. Il y avait récemment une petite Volante, une enfant, Avluela, et je l’aimais à ma façon bien que je ne l’aie jamais touchée. Et je l’aime toujours. »

Mais je gardai le silence. Pourtant, je contemplai la Volante qui était plus libre que moi puisqu’elle avait des ailes et malgré la douceur printanière, la chape glacée de la désolation s’abattit sur moi.

— Perris est-il encore loin ? demanda le prince.

— Marchons et nous finirons par y arriver.

— Et que feras-tu ?

— Mon apprentissage dans la confrérie des Souvenants. Je commencerai une vie nouvelle. Et vous ?

— J’espère y trouver des amis.

Nous marchions de longues heures chaque jour. Des voyageurs nous proposaient parfois de nous prendre à bord de leur véhicule mais nous déclinions l’offre car, aux points de contrôle, les envahisseurs étaient sûrement à l’affût des nobles errants comme le prince. Nous franchîmes un tunnel long de plusieurs kilomètres s’enfonçant sous des montagnes recouvertes de glace qui montaient à l’assaut du ciel, nous traversâmes une plaine où travaillaient des paysans, nous reposant au bord des eaux vives pour y rafraîchir nos pieds. L’or de l’été pleuvait sur nous. Nous parcourions le monde mais sans le voir. Nous n’entendions aucune nouvelle de la conquête bien qu’il fût manifeste que les envahisseurs avaient pris intégralement possession de la planète : on les voyait partout contempler du haut de petits appareils volants notre monde qui était devenu le leur.

J’obéissais à tous les ordres du prince, même à ceux qui m’étaient pénibles, et m’efforçais de lui rendre l’existence moins triste. J’essayais de lui donner le sentiment qu’il était toujours un souverain — un souverain, il est vrai, dont l’empire ne s’exerçait que sur un vieux Guetteur inutile. Je lui appris aussi à ressembler davantage à un Pèlerin en lui enseignant le peu que je savais des attitudes, des formules, des prières de cette confrérie. Il n’avait visiblement guère consacré de temps à entrer en contact avec la Volonté à l’époque où il régnait. Maintenant, il faisait profession de foi mais c’était un faux-semblant, ce n’était qu’un accessoire de son déguisement.

Aux abords d’une ville appelée Dijon, il me dit :

— Je vais acheter des yeux ici.

Pas de vrais yeux. Le secret de fabrication de tels organes de rechange a disparu au second cycle. Sur des mondes plus fortunés que le nôtre, tous les miracles sont à portée de la main moyennant finances, mais la Terre est un monde délaissé, un bras mort et stagnant de l’univers. Avant la conquête, le prince aurait pu partir au loin acheter une nouvelle vue mais tout ce qu’il pouvait désormais espérer trouver était quelque chose qui lui permettrait au mieux de distinguer la lumière de l’obscurité. Ce serait néanmoins un rudiment de vision. Pour l’heure, il ne disposait pour le guider que du réverbérateur qui lui indiquait les obstacles se dressant sur son chemin. Mais comment savait-il qu’il y avait à Dijon un artisan possédant la compétence nécessaire ? Et comment le paierait-il ?

— Cet homme, me dit-il, est le frère d’un de mes Scribes. Il appartient à la confrérie des Artisans et j’ai souvent acheté de ses œuvres, à Roum. Il me procurera des yeux.

— Mais à quel prix !

— Je ne suis pas entièrement démuni de ressources.

Nous nous arrêtâmes dans un bois de chênes-lièges aux troncs noueux et le prince ouvrit sa robe.

— J’ai un viatique en cas d’urgence, fit-il en posant un doigt sur le gras de sa cuisse. Donne-moi ton couteau.

Je le lui tendis. Il appuya sur le bouton et le mince et froid pinceau de lumière jaillit du manche. Il palpa sa cuisse de la main gauche pour chercher l’endroit exact puis, pinçant la chair entre deux doigts, effectua une entaille de cinq centimètres avec une précision toute chirurgicale. Pas une goutte de sang ne coula et il sembla ne rien sentir. Je le vis avec ahurissement enfoncer deux doigts dans la cavité, en écarter les bords et y fouiller comme dans un sac. Il me lança mon couteau.

De sa cuisse ruisselèrent des trésors.

— Veille à ce que rien ne se perde, m’ordonna-t-il.

Sur l’herbe tombèrent sept scintillantes gemmes d’origine extra-terrestre, un ravissant petit globe céleste, cinq monnaies d’or de la Roum impériale venues du fond des cycles, un anneau émaillé de quasi-vie miroitante, un flacon rempli d’un parfum inconnu, un ensemble d’instruments musicaux miniature taillés dans des bois et des métaux précieux, huit statuettes figurant des personnages de royale prestance et bien d’autres objets encore. Je rassemblai ces merveilles en un tas étincelant.

1 ... 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ... 55
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)