Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 174 175 176 177 178 179 180 181 182 ... 376
Перейти на страницу:

CHAPITRE DEUXIÈME

Le temps des impératrices

Au plus haut, lui passant une bride de fer,

Il fit se cabrer la Russie…

Alexandre POUCHKINE.

Le 26 janvier 1725, Pierre le Grand s’éteint, sans avoir eu le temps de décider du sort de son État. Commencent, pourrait-on dire, les traditionnels tracas de la succession. Important, à de nombreux titres, dans l’histoire russe, le XVIIIe siècle est, dans un domaine, unique en son genre : sur les soixante-quinze ans que compte encore le siècle après la mort de Pierre, soixante-six verront le trône de l’Empire de Russie occupé par des femmes – deux Catherine, deux Anna, une Élisabeth. Le règne des représentantes du « sexe faible » permet de mettre à l’épreuve la solidité des innovations de Pierre le Grand et de la structure étatique qu’il a instaurée. Mise à l’épreuve, aussi, l’idée du pouvoir absolu qui se retrouve, de longues années durant, entre les mains de femmes ; or, dans la société russe, ces dernières commencent tout juste à sortir du terem. Une question, enfin, se pose, celle du retour au passé : est-il possible de revenir à l’époque antépétrovienne ? L’opposition à Pierre était en effet suffisamment forte pour que cette éventualité ne fût pas exclue. Le peuple n’avait pas accepté les réformes : la meilleure preuve en fut l’absence – après la mort de l’empereur – de « Faux-Pierre », alors qu’on vit fleurir les « Faux-Alexis » durant les vingt années qui suivirent la mort de l’héritier.

Piotr Tchaadaïev écrira : « Pierre nous jeta sur le terrain du progrès mondial. » Il apparut que la Russie, qu’elle le voulût ou non, était appelée à vivre sur « le terrain du progrès », car il était impossible de rebrousser chemin.

1 « Les oisillons du nid de Pierre »

Derrière lui se pressaient en foule

Ces oisillons du nid de Pierre,

Ses compagnons et ses fils,

Pour changer le destin du monde

Pour faire la puissance et la guerre…

Alexandre POUCHKINE.

Dmitri imperator, 1591-1613.

Dans le poème Poltava, Alexandre Pouchkine énumère tous ceux qui accompagnent le tsar lors de sa bataille contre les Suédois : « Et le noble Cheremetiev, et Bruce, et Bour, et Repnine, et ce favori du destin sans naissance, Maître presque absolu… » La liste comprend deux compagnons de Pierre de haute lignée, le boïar Cheremetiev et le prince Repnine, deux étrangers, Bruce et Bour, enfin, l’éternel ami de Pierre, « favori du destin sans naissance », Alexandre Menchikov. Le poète décrit fidèlement la composition du « nid de Pierre », les principaux collaborateurs que le tsar a su rallier à la réalisation de ses projets, dont il avait besoin et qui lui plaisaient. Pierre ne redoutait pas les hommes intelligents, talentueux, il encourageait l’initiative et, lorsqu’il se persuadait qu’il avait tort ou se trompait, il était capable de changer d’opinion. Ni la nationalité ni l’origine sociale n’étaient pour lui des obstacles dans le choix de ses collaborateurs. Seuls, comptaient les capacités et le dévouement. Ces qualités permirent, en particulier, à Alexandre Menchikov qui, selon la légende, vendait des petits pâtés à Moscou et, à douze ans, fit la connaissance du tsar Pierre, son égal par l’âge, d’effectuer une carrière vertigineuse, de devenir feld-maréchal, amiral et « prince sérénissime de l’Empire ». Sous le règne de Pierre, une carrière politique conférait la gloire, des titres, la richesse, mais la menace demeurait d’une brusque et terrible chute. La colère du tsar, son mécontentement entraînaient la disgrâce, quand ce n’était l’exécution.

Dans les dernières années de sa vie, l’empereur s’irrite de plus en plus souvent contre ses « oisillons ». Cela s’explique d’abord par leur goût du lucre, leur soif de s’enrichir rapidement, en pillant le Trésor et en acceptant des pots-de-vin. La corruption atteint alors des proportions gigantesques. Les querelles qui opposent les compagnons de Pierre, les délations mutuelles des hauts dignitaires de l’État qui se refusent à partager leurs dividendes, mettent le tsar en fureur. Seule l’amitié indéfectible qu’il porte à Menchikov sauve le prince sérénissime de la disgrâce. Jugé – sur dénonciation de Menchikov et de ses partisans –, le vice-chancelier et sénateur Piotr Chafirov est condamné à mort pour prévarication et gracié au dernier instant, alors que sa tête repose déjà sur le billot.

Iouri Krijanitch, nous l’avons dit, avait été le premier à expliquer et à fonder la nécessité, pour l’État, d’une loi de succession sans ambiguïté. Le Croate amoureux de Moscou tirait les leçons du Temps des Troubles dont les effets étaient encore perceptibles sous le règne du tsar Alexis. Le « syndrome de Krijanitch » demeure une maladie russe après le décès de Pierre. Neuf souverains et tsarines vont alors se succéder sur le trône durant un siècle, et, chaque fois, le changement de tsar (ou de tsarine) sera conflictuel. En 1825, cent ans exactement après la mort du premier empereur de Russie, l’avènement d’un fils du tsar défunt déclenchera la Révolte des Décembristes. Seuls, les trois derniers empereurs – Alexandre II, Alexandre III et Nicolas II – hériteront de la couronne sans rencontrer de résistance. Rappelons néanmoins qu’Alexandre II sera assassiné par des terroristes, et Nicolas II par les bolcheviks.

Pierre Ier, nous l’avons vu, s’était soucié de sa succession. Mais après la mort, en 1719, du fils de quatre ans qu’il avait eu de Catherine, l’empereur songeait manifestement à sa femme pour le remplacer à la tête de l’Empire. L’histoire de Catherine Alexeïevna, qui accède au trône après la mort de Pierre le Grand, est l’une des plus étonnantes qui aient existé en Russie. Fille d’un paysan lituanien, Samuel Skavronski, la jeune Marthe (c’est ainsi qu’elle se prénomme alors), née le 5 avril 1684, vient s’établir avec sa mère en Liflandie où elle entre au service du pasteur Gluck. Après la prise de Marienbourg par les Russes, le feld-maréchal Cheremetiev l’emmène avec lui, au titre de prise de guerre. Menchikov la remarque et la prend comme servante. En 1705, Pierre l’aperçoit et, dès lors, ne s’en sépare plus. Les psychologues pourraient expliquer, sans doute, pourquoi Pierre reçut sa première maîtresse des mains de son favori Lefort, et son épouse des mains d’un autre favori : Menchikov. Toujours est-il qu’en 1712, Pierre épousa celle qui, ayant embrassé l’orthodoxie, se prénommait désormais Catherine. Le tsar lui fit office de parrain et lui donna son propre patronyme (Alexeïevna). Il reconnut en outre les deux filles qu’elle lui avait données : Anna (née en 1708) et Élisabeth (1709). En 1722, Catherine devint impératrice, au titre d’épouse de Pierre. En 1724, elle fut couronnée une seconde fois, pour ses mérites personnels ou, comme l’indique le manifeste conjoint du Sénat et du Synode : « Pour son courageux labeur en faveur de l’État russe. » La Russie n’avait rien connu de tel depuis le couronnement de Marina Mniszek.

Catherine, toutefois, n’a pas été mentionnée dans les dernières volontés de Pierre, et elle n’est pas la seule héritière potentielle. Il y a aussi les enfants du tsarévitch Alexis, Pierre et Natalia, et les filles du frère de Pierre, Ivan : Catherine, Anna et Prascovia. Le corps de l’empereur n’est pas encore inhumé que les dissenssions éclatent. Les représentants de l’ancienne aristocratie, des plus vieilles familles russes – les Golitsyne, Dolgorouki, Troubetskoï, Bariatinski – sont favorables au fils du tsarévitch exécuté, Pierre. Menchikov, le vice-chancelier Andreï Ostermann, le général Anton Devier, chef de la police à Pétersbourg et fils d’un juif portugais converti, ramené de Hollande par Pierre, se prononcent en faveur de Catherine. Un compromis est proposé par le prince Dmitri Golitsyne : on couronne le tout jeune Pierre et Catherine assume la régence ; mais cette proposition est rejetée. Le grand avocat de Catherine est le comte Pierre Tolstoï, qui a presque quatre-vingts ans. On comprendra que le vieux diplomate, qui a grandement contribué à la perte du tsarévitch Alexis, ne souhaite pas l’avènement de son fils. Évoquant les luttes de succession après la mort de Pierre le Grand, un lointain descendant du comte commentera : « Piotr Andreïevitch ne se fiait pas entièrement aux arguments rationnels et il prit des mesures diplomatiques de prévention1. » Une de ces « mesures diplomatiques » consiste à faire venir dans la petite salle du palais où se joue l’avenir du trône, des groupes d’officiers de la garde. Le son des tambours annonçant l’arrivée sur la place du palais de deux régiments de la garde, achève de convaincre les plus récalcitrants de la nécessité de proclamer Catherine impératrice et autocrate.

1 ... 174 175 176 177 178 179 180 181 182 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)