Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 171 172 173 174 175 176 177 178 179 ... 376
Перейти на страницу:

Pierre envoie à la recherche du tsarévitch, qui tente de se cacher dans les domaines de l’empereur, un diplomate expérimenté, Pierre Tolstoï. À force de menaces, de promesses de pardon et d’autorisation de vivre avec Euphrosine, la servante dont Alexis est amoureux et avec laquelle il s’est enfui, Pierre Tolstoï parvient à persuader Alexis de rentrer. À la Cour d’Autriche, on ne s’efforce guère de soutenir le transfuge ; on se montre plutôt content de son départ, Vienne redoutant la colère de Pierre le Grand. Les ministres autrichiens envisagent même, avec inquiétude, l’éventualité d’une incursion des armées russes sur le territoire de l’empire : les troupes du tsar sont stationnées en Pologne, à la frontière de la Silésie.

Dès le retour d’Alexis, commence son procès. On arrête d’abord des personnes de l’entourage du tsarévitch, que l’on soumet à la torture. Le tsar veut des preuves de la culpabilité de son fils, il veut les noms de ceux qui ont – il en est convaincu – comploté contre lui. Ambassadeur de Hanovre, Weber écrit de Pétersbourg : « Je ne veux pas m’ériger en juge, savoir si le tsar a raison ou non d’écarter le tsarévitch du trône et de lui infliger sa malédiction. Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que le clergé, la noblesse et la plèbe idolâtrent le tsarévitch et chacun comprend que le testament du tsar ne sera pas respecté après sa disparition23. »

Pierre procède personnellement à l’interrogatoire d’Euphrosine (qui n’est pas torturée) et est ainsi informé des rêves de son fils qui en a fait part à la femme aimée : après son accession au trône, Alexis a l’intention de rester tranquillement chez lui, de renoncer à guerroyer, de dissoudre une grande partie de l’armée, d’anéantir la flotte. Rester « chez lui » signifie, bien sûr, pour le tsarévitch, demeurer à Moscou. L’héritier ne songe en effet qu’à transformer Pétersbourg en « désert ». Ces rêves du tsarévitch, dirigés contre tout ce que Pierre considère comme la grande réalisation de sa vie et une nécessité vitale pour la Russie, ne sont pas seulement le fruit de l’imagination d’Alexis. Douze ans après la mort de Pierre, Vockerodt, ambassadeur de Prusse en Russie, expose le programme de l’opposition noble à la politique du tsar, se fondant sur ce qu’il a entendu au cours d’entretiens « confidentiels ». Il s’agit principalement d’une opposition à la politique étrangère. Les partisans de ce programme s’élèvent contre le mouvement de la Russie vers l’Occident : pour eux, les acquisitions territoriales du tsar du côté de la Baltique ne favorisent nullement la sécurité de la Russie ; au contraire, elles risquent d’entraîner le pays dans des querelles et des règlements de comptes avec les puissances étrangères. La noblesse estime qu’elle ne tire aucun profit ni avantages domaniaux de l’accès à la Baltique ; en revanche, « les Liflandiens nous marchent presque sur la tête, ils jouissent de plus de privilèges que nous ». Les nobles sont en outre opposés à l’existence d’une armée régulière, « plus nuisible que le pire ennemi, même si ce dernier ravageait le pays tout entier ». Au demeurant, la Russie n’a pas à craindre une invasion étrangère : sa situation géographique est telle qu’il est impossible de la conquérir. Le vœu de la Russie de se transformer en puissance maritime est absurde. Point n’est besoin d’une flotte pour défendre les frontières : le seul pays qui pourrait attaquer depuis la mer est la Suède, or même elle préférera le faire par les terres. Enfin, il y a plus de défauts que d’utilité au transfert de la résidence du tsar dans la capitale du Nord. De Moscou, point central, il est autrement plus commode de contrôler l’administration du pays, et en matière de politique étrangère, l’installation à Pétersbourg est sans intérêt. Certes, la ville est plus proche de la Suède, mais elle par là même plus vulnérable aux attaques ; elle est en outre plus éloignée de la Pologne et de la Turquie, qu’il est beaucoup plus important de surveiller.

Ce programme rappelle étonnamment les informations arrachées à Euphrosine. Analysant les arguments des adversaires de Pierre, Paul Milioukov note que leur caractère pacifique n’est qu’apparent. Les opposants, en effet, n’excluent ni la poursuite d’« acquisitions nécessaires » en Pologne, ni de nouvelles conquêtes, « garanties contre des incursions » du côté de la Turquie. Mais à la différence de Pierre, ils estiment que les anciens objectifs de la politique moscovite peuvent être atteints par les anciennes méthodes24.

Ayant tiré d’Euphrosine tous les renseignements souhaités, Pierre contraint son fils à avouer ses monstrueux projets. En mai 1718, le crime est porté à la connaissance du peuple : « [Le tsarévitch] voulait hériter du trône avec l’aide d’un pays étranger, ou par la force, au travers d’une émeute, et du vivant de son père. » En juin, sur l’ordre de Pierre, un tribunal est réuni, composé de cent vingt membres du clergé et laïcs, auxquels le tsar enjoint de « faire la lumière » sur le « fils de votre souverain ». Alexis est interné à la forteresse Pierre-et-Paul où on l’interroge longuement, lui infligeant d’effroyables tortures : le tsar veut connaître les noms de tous les « complices » du tsarévitch, de tous les mécontents. Les interrogatoires sont conduits par Pierre Tolstoï, celui-là même qui avait persuadé Alexis de rentrer au pays. Un lointain descendant du diplomate et bourreau rapporte que, selon la légende familiale, Alexis, avant de mourir, aurait maudit Pierre Tolstoï et toute sa descendance jusqu’à la vingt-cinquième génération25. Le tribunal juge la « félonie » d’Alexis passible de la peine capitale.

Le 26 juillet 1718, Alexis meurt. Le tsar ordonne d’annoncer aux ambassadeurs que ce décès est dû à « une terrible maladie qui, au début, évoquait une apoplexie ». Le biographe soviétique de Pierre indique que la sentence ne fut pas mise à exécution, mais que le tsarévitch mourut, « vraisemblablement des suites du choc physique et moral qu’il avait subi26 ».

Le lendemain de la mort du tsarévitch marque l’anniversaire de la bataille de Poltava, et le tsar festoie avec sa Cour. Nikolaï Kostomarov fait ce constat : « Il n’y eut pas de deuil27. »

Les historiens russes les mieux disposés à l’égard de Pierre n’ont pas réussi à trouver le moindre indice d’un complot contre le tsar. Seul le biographe soviétique s’est résolu à écrire : « Le propre fils du tsar se révéla un traître », usant, peut-être inconsciemment, d’une formule fameuse de la terreur stalinienne : « … s’est révélé traître au peuple ». A. Brikner, dans son Histoire de Pierre le Grand, exprime une opinion très répandue dans l’historiographie russe : « En réalité, il n’y eut pas le moindre complot, il n’existait d’ailleurs aucun vrai parti politique. Mais le nombre des mécontents était immense, et beaucoup montraient de la sympathie pour le tsarévitch28. » Les historiens sont unanimes à reconnaître, cependant, que la raison d’État, les intérêts de la Russie dictaient au grand réformateur d’en finir avec son fils. Le même Brikner note avec une franche naïveté : « Pierre était venu à bout de nombreux adversaires : ceux que le tsar qualifiait de “graine de Miloslavski” avaient été vaincus, écrasés ; il n’y avait plus de streltsy ; Sophie était morte dans son monastère ; le soulèvement d’Astrakhan, la révolte de Boulavine avaient échoué ; Cosaques et schismatiques avaient dû se plier à la volonté du réformateur. Ne restait qu’à en finir avec le tsarévitch Alexis29. »

1 ... 171 172 173 174 175 176 177 178 179 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)