Французский абсолютизм в первой трети XVII века
- Автор: Люблинская Александра Дмитриевна
- Год: 1965
- Язык: русский
- Год: Наука
- Жанр: История
Электронная книга - «Французский абсолютизм в первой трети XVII века». Краткое содержание книги:
Pendant la campagne de 1621, presque toutes les villes huguenotes du Poitou, de Saintonge et de Guyenne, La Rochelle exceptée, ont été conquises, de sorte que ces provinces furent soumises au pouvoir royal. Mais le siège de Montauban, qui servait de clef au Languedoc entier, ne réussit pas à l'armée de Louis XIII. La campagne de 1622 visait directement le Languedoc qui fut complètement conquis et ses villes occupées par les régiments royaux. Ainsi le Sud et le Sud-Ouest huguenots étaient soumis. Restait à prendre La Rochelle, ce qui était impossible pour le moment la marine militaire faisant défaut.
En 1625 les huguenots, se préparant au siège imminent de La Rochelle, prirent les îles qui couvrent la ville du côté de la mer. Au début de l'année suivante l'armée royale y rétablit le status quo ante.
Le siège de 1627–1628, longuement préparé, a démontré la faiblesse du parti huguenot. La ville fut non seulement bloquée mais complètement isolée des provinces huguenotes dont les ressources humaines et pécuniaires avaient été gravement atteintes pendant les campagnes précédentes, ce qui a joué un rôle décisif dans la prise de La Rochelle. En 1629, les derniers points d'appui des huguenots dans les montagnes du Languedoc furent liquidés et le parti dissous.
Cette courte analyse montre que le gouvernement avait un certain plan stratégique et que ses succès allaient en se renforçant. Il est à noter que les campagnes de 1621–1622, qui ont préparé d'une manière efficace la victoire complète des années 1628–1629, sont ordinairement estimées par les historiens comme infructueuses, honteuses même pour le gouvernement. En fait, il était impossible d'obtenir une victoire complète et de prendre La Rochelle sans avoir préalablement conquis les provinces du Sud et de Sud-Ouest, ce qui fut précisément réalisé pendant les premières campagnes.
La structure sociale du parti huguenot a aussi contribué, et de beaucoup, au succès de l'absolutisme. Quoique le lien religieux était très fort, les intérêts économiques et politiques de classe divisaient le parti de manière profonde. Les nobles, poursuivant leur programme d'indépendance politique et de défense des privilèges de toute l'aristocratie féodale (indépendamment de la religion), prétendaient se servir à leur gré des ressources militaires et financières du parti. Ce programme, réactionnaire et séparatiste, n'était pas accepté dans son entier par la bourgeoisie huguenote, royaliste pour la plupart dans le plan politique et qui voulait conserver ses privilèges économiques et fiscaux en participant en même temps au progrès industriel et commercial de la France. Elle appréciait l'oeuvre centralisatrice et mercantiliste de l'absolutisme, surtout ses démarches faites en faveur du commerce français à l'étranger. Cette position royaliste était renforcée objectivement par le fait que l'évolution générale du pays était orientée dans le sens bourgeois et que l'absolutisme de cette époque servait à sa manière au progrès du capitalisme.
De cette division du parti il résultait une opposition parfois manifeste de la bourgeoisie huguenote contre les nobles et les chefs de guerre du parti même au temps' de guerre ouverte contre le roi.
Ces contradictions internes affaiblissaient considérablement les huguenots d'autant plus que les masses populaires des villes étaient loin d'appuyer toujours et partout les chefs du parti, nobles ou bourgeois. La plèbe se trouvait dans une position particulièrement difficile et complexe. Les riches bourgeois l'exploitaient en tant que population ouvrière et urbaine dénuée de tous les droits, ce qui la portait parfois à suivre les actions et les exhortations démagogiques des nobles dans leur lutte contre la bourgeoisie. Il arrivait parfois que les villes devenaient l'arène des complots, tant nobles que bourgeois, tendant à concentrer toute la puissance dans les mains d'un groupe quelconque.
En fin de compte le succès de l'absolutisme a contribué au désastre presque complet de la force militaire de l'aristocratie féodale (l'insurrection de Montmorency et «la Fronde des princes» furent ses derniers efforts désespérés), ce qui était le but principal du gouvernement. Ce succès a profité aussi à l'évolution capitaliste du pays en rendant égaux, dans une certaine mesure, les bourgeois français en tant qu'industriels et marchands soumis à la loi d'égalité des concurrents capitalistes. L'unification politique et administrative en fut accrue, renforçant les positions de la bourgeoisie et de l'Etat absolutiste. Au début des années 1630, les groupes sociaux les plus réactionnaires ainsi que «la république huguenote», dénuée d'homogénéité sociale et incompatible avec l'Etat national centralisé, avaient quitté la scène politique.
Il est à noter que, par leurs traits les plus caractéristiques, les guerres civiles des années 1614–1629 ont été l'expression originale de l'évolution capitaliste de la France. Les éléments nouveaux dans l'économie et dans la structure sociale avaient aidé l'absolutisme à devenir suffisamment fort, de sorte que la lutte des groupes réactionnaires avait été et sans succès. Autrement, l'aristocratie aurait acquis la prépondérance politique à l'aide d'une simple révolution de palais, assez fréquente en ce temps. Dans ce cas «l'Etat huguenot» aurait pu profiter lui aussi, en obtenant une autonomie de fait. Il en aurait résulté le retardement du processus de la consolidation nationale ainsi que de révolution capitaliste.
Les états réactionnaires et la république huguenote, incapables d'obtenir la victoire, contrecarraient par leur lutte à main armée le développement économique du pays en épuisant les ressources matérielles tant directement — ruinant pendant la guerre les villes et les campagnes, qu'indirectement — contribuant à l'accroissement des impôts.
Un des traits les plus saillants des guerres civiles des années 1614–1629 consiste en ce qu elles se sont passées dans une forme presque pure de la lutte du gouvernement contre les états réactionnaires et les huguenots. Les soulèvements populaires de cette période ne peuvent pas entrer en comparaison par leur nombre et leur étendue avec celles du XVIe siècle et surtout des années 1630–1650. On peut expliquer ce phénomène par l'accroissement relativement faible des impôts avant 1630. La guerre civile obligeait le gouvernement à une certaine modération dans la politique fiscale.
Les particularités de l'évolution économique, sociale et politique de la France pendant la période étudiée, provenaient de ces mêmes circonstances qui ont déterminé le caractère et le rythme de son développement capitaliste. Le pays classique du féodalisme ne pouvait ni surmonter promptement son passé à la manière de la petite Hollande (qui en était chargée médiocrement), ni suivre l'exemple de l'Angleterre avec son rythme rapide de l'évolution agraire capitaliste, sa «gentry» vraiment bourgeoise, sa puissance navale etc. La bourgeoisie française a dû passer par une période économiquement et politiquement fort difficile.
Les années vingt du XVIIe siècle ont joué un rôle important dans révolution de l'absolutisme en France. C'est au génie de Richelieu qu'on attribue habituellement le «retour à la politique forte d'Henri IV». En fait, la nouvelle étape s'ouvre non pas en 1624, mais en 1620, avec la victoire de Ponts-de-Cé, à la veille des campagnes militaires contre les huguenots. Elle a été déterminée par la défaite de l'aristocratie, ce qui a permis au gouvernement de commencer la lutte contre la «république huguenote». Luynes en a pris l'initiative, mais c'est Richelieu qui l'ait menée jusqu'à la fin.