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Французский абсолютизм в первой трети XVII века

Электронная книга - «Французский абсолютизм в первой трети XVII века». Краткое содержание книги:

Важность проблем, исследуемых в предлагаемой читателю книге, ясна сама по себе. Развитие капитализма, вызванные им перемены в социальной структуре общества, расцвет абсолютизма — это основа всей истории западноевропейских стран в начале капиталистической эры. Но избранный для конкретного изучения период — первая треть XVII в. — нуждается в мотивировке.
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Rеsumе

Ce livre concerne l'histoire économique, sociale et politique de la France pendant les premières décennies du XVIIe siècle et surtout durant les années 1620–1629. La première partie (chapitres I–III) est consacrée à la critique de la théorie de la «crise générale du XVIIe siècle», à l'étude des traits particuliers propres au capitalisme de cette époque, de la structure sociale et de la situation difficile de l'économie capitaliste en France pendant les années 1610–1629. Dans les chapitres IV–VI l'auteur examine les événements politiques les plus importants: lutte contre les huguenots, politique des devanciers de Richelieu, système des finances publiques, activité de Richelieu au début de sa carrière, assemblée des notables de 1626–1627.

Le choix de cette période et des thèmes est dicté par les considérations suivantes.

Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que les particularités les plus originales propres à chaque pays du capitalisme européen se sont dessinées avec netteté. Une nouvelle hiérarchie des Etats commença à se révéler suivant leur place dans l'évolution du capitalisme. Les pays où son rythme était le plus rapide — Flollande et Angleterre — étaient comparativement en avance et leur force politique s'augmentait pour autant.

Ce progrès était d'autant plus évident que le développement des autres pays européens retardait sensiblement. L'essor du capitalisme au XVIe siècle ne put être consolidé partout. Dans quelques pays — Italie, Espagne, Allemagne — les éléments capitalistes, encore tout récents et assez sporadiques, ont éprouvé de grands échecs. La France se trouvait dans une situation particulière. Les guerres civiles du XVIe siècle ont considérablement ralenti la marche du capitalisme industriel et commercial, et son redressement pendant le règne plus propice d'Henri IV fut assez court. En 1610–1629, la conjoncture économique restait encore fort instable ainsi que la situation politique; le capitalisme rencontrait des obstacles qui pouvaient ralentir une fois de plus son cours pour un long terme. L'opposition politique de l'aristocratie féodale aux tendances centralisatrices de l'absolutisme aggravait l'avenir des forces progressistes. Ce groupe social, animé d'un programme réactionnaire, représentait un obstacle au progrès de la bourgeoisie. La personnalité de Louis XIII suggérait aux aristocrates l'espérance de pouvoir mettre le roi sous leur tutelle afin de diriger la politique intérieure et extérieure au gré de leurs intérêts. La perspective d'une prépondérance politique, pareille à celle dont jouissaient les grands d'Espagne, semblait être ouverte aux princes, ducs et pairs de France, ce qui aurait sérieusement entravé le développement du pays entier.

En fait, les forces progressistes — bourgeoisie et masses populaires — étaient déjà assez vigoureuses pour faire pencher la balance au profit du progrès économique et politique en appuyant le gouvernement dans sa lutte contre les tendances séparatistes et réactionnaires. Mais c'étaient des processus profonds et latents pour la plupart des contemporains. Les réalités quotidiennes — guerres civiles, insurrections des huguenots, soulèvements populaires — donnaient plutôt l'impression de l'instabilité politique et de l'insécurité générale. Cette impression semblait être d'autant plus fondée que la situation économique restait précaire et que les finances publiques étaient dans un état déplorable. La bourgeoisie exigeait des mesures protectionnistes plus strictes, la misère du peuple était manifeste, les révoltes semblaient imminentes. Le gouvernement s'efforçait de parer tant bien que mal, à ces difficultés, mais ses efforts restaient presque vains principalement à cause des charges nécessitées par les guerres civiles et la Guerre de Trente ans.

Ces phénomènes invitent l'historien à dépasser les frontières d'un seul pays et d'étudier le développement du capitalisme en France conjointement avec l'examen de la situation économique de l'Europe en général. Ce point de vue est d'autant plus nécessaire que, de nos jours, dominent des théories fort intéressantes sur le complexe des phénomènes propres au continent entier, — théories de la «crise générale du XVIIe siècle». La place réservée à la France par les auteurs de cette conception est toute particulière puisque le retard («la crise») de l'évolution capitaliste s'y était produit d'une manière évidente sans anéantir toutefois le fondement économique de la bourgeoisie.

* * *

L'évolution capitaliste de la France pendant la période examinée était fortement influencée par le capitalisme des pays voisins, principalement de la Hollande et de l'Angleterre. Ces trois Etats progressaient vers la société bourgeoise non seulement chacun à sa manière — ce qui est bien connu — mais à un rythme fort différent, qu'on ne prend pas habituellement en considération pour des périodes de courte durée. La France des années 1610–1629 offre sous ce point de vue un exemple d'importance.

Du niveau différent que le capitalisme atteignit alors dans ces pays résultait une grande différence de leurs forces économiques et politiques tendant à la prépondérance commerciale sur les marchés tant européens que mondiaux. Les intérêts économiques de ces puissances (y compris l'Espagne, dont le déclin économique n'empêchait pas d'être encore un Etat européen et colonial de premier rang) s'enchevêtraient étroitement avec leurs actions politiques. L'économie commençait déjà d'orienter, dans une certaine mesure, la lutte des Etats européens vers l'hégémonie politique en Europe même. Un des problèmes les plus urgents était la conquête des marchés extérieurs, d'une importance extrême pour les manufactures de cette époque. Les marchés des pays voisins offraient des chances à l'enrichissement plus facile et plus efficace. Mais ces avantages s'acquéraient en général aux dépens de l'économie de ces voisins. Les Hollandais s'enrichissaient en exploitant les marchés d'Espagne et surtout de France, causant de grands dommages à l'industrie ainsi qu'au commerce français et nuisant au développement capitaliste de la France. Les Anglais s'enrichissaient aux dépens de l'Espagne et partiellement de la France, les Français — au dépens de l'Espagne et de l'Allemagne. Le fait est bien significatif: des mesures protectionnistes, prises par Olivarès durant les années 1620, ont porté un grand dommage aux intérêts des marchands et des manufacturiers français. Si le gouvernement espagnol avait pu continuer cette politique de prohibitionnisme, fermant aux marchandises françaises les marchés espagnols et américains, les pertes des Français auraient été encore plus grandes.

Les efforts pour conquérir les marchés voisins s'accompagnaient d'une politique tendant à gagner la prépondérance commerciale sur tous les marchés européens ainsi que sur ceux du Proche-Orient. La lutte en vue d'acquérir ces marchés lucratifs est manifeste dans les conflits internationaux, surtout dans la Guerre de Trente ans. Et après une vingtaine d'années survinrent les guerres purement «commerciales» (anglo-hollandaises, franco-hollandaises, franco-anglaises etc.).

Pour les années 1610–1629, il faut prendre en considération les phénomènes suivants: possédant des manufactures assez nombreuses, un commerce bien développé, des ressources abondantes et une population dense, l'économie française rétrogradait plutôt. Il semble que les éléments capitalistes auraient dû progresser d'une manière ininterrompue, suivant tout au moins le rythme de la première décennie. Pourtant c'est le contraire: même la stabilisation de la production et du commerce au niveau atteint a été mise en doute. Impossible d'en rejeter la faute uniquement sur les guerres civiles, quoique les événements des années 1614–1629 aient accru, et de beaucoup, l'instabilité de l'économie.

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