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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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— Attends un peu, Sammy !

La liaison de terrain ne supportait qu’une vidéo à faible débit ; Pham ne pouvait donc voir où en étaient Sammy et ses gens. Mais ils continuaient de s’éloigner.

— Pham ! lança Sammy au bout d’un moment. Nous sommes ressortis des décombres pour débarquer dans… un campus universitaire. Il y a eu une décompression, et…

Un instantané vidéo s’afficha dans les ATH de Pham : une pelouse grande comme un parc, et au moins plusieurs douzaines d’autochtones qui se précipitaient vers la caméra ; aucun ne portait de combinaison pressurisée. Mais en haut, près du plafond, de la poussière et des papiers tourbillonnaient. Le canal audio était saturé par le sifflement aigu d’une fuite substantielle.

Un deuxième instantané se matérialisa, montrant cette fois les hommes de Sammy à l’œuvre avec un matériel industriel de colmatage. Une importante foule venait de nulle part, avec quelques enfants – l’endroit devait être une de ces célèbres tours inversées. La voix de Sammy repassa en fréquence.

— C’est ma famille, Pham !

Pham se rappela que les membres de la branche tarelskienne de la famille Park étaient des universitaires. Zut.

— Ne te laisse pas distraire, Sammy. Cet endroit a plus de surface au sol que toutes les villes d’une planète moyenne. Il y a zéro chance que nous soyons tombés juste à côté de…

— Zéro, non…

La communication était mauvaise.

— … t’en avais pas parlé, ça ne me semblait pas très important. Je me suis arrangé pour que le Respect lointain atterrisse à côté du Polytech.

Re-zut.

— Écoute, Pham, nous pouvons les sauver ! Mais ce n’est pas tout… ils nous attendaient… Il y a ici des gens de la famille de Sura. Ensemble, ils ont trouvé les plans des centres principaux de contrôle… et certaines modifications du logiciel effectuées par le nouveau régime. Pham, je crois qu’ils savent où se planquent ces cinglés !

C’était peut-être une bonne chose que Sammy ait son propre ordre du jour ; comme combattants au sol, les Qeng Ho étaient plutôt nuls. Mais avec les plans des centres de contrôle, ils ciblaient facilement l’administration et son réseau de surveillance.

Dix Ksec plus tard, Pham était en communication avec les hurluberlus qui se prenaient pour l’administration : une demi-douzaine d’individus paniqués aux yeux rougis. Leur chef portait un uniforme qui avait pu être celui des services de l’entretien du parc. Ils étaient les rebuts de la civilisation.

— Tout ce que vous pourrez faire n’arrangera pas les choses, leur annonça Pham.

— Foutaises. On a Tarelsk. On vous a liquidés, vous et les gloutons à Maresk. On a plus qu’assez de ressources pour vivre en autarcie. Quand vous ne serez plus là, on va installer un ordre nouveau.

Puis la vidéo vacilla et s’éteignit ; Pham ne sut jamais si la coupure était intentionnelle ou simplement due au délabrement du système de télécoms.

Aucune importance. La conversation avait duré assez longtemps pour permettre l’identification des nœuds intermédiaires. Et les forces de Pham Nuwen avaient du matériel et du logiciel extérieurs à l’hérédité de Namqem. Face à la logistique Qeng Ho appuyée par la population locale, l’administration en folie ne pourrait survivre plus de quelques Ksec de plus.

Quand elle eut disparu, la partie la plus dure du travail de Sauvetage commença.

Trente-neuf

La Grande Réunion des Qeng Ho eut lieu 20 Msec plus tard. Le système solaire de Namqem était toujours zone sinistrée. Alqin était pratiquement vide ; ses habitants campaient sur Namqem, mais ne mouraient pas de faim. Maresk, le plus petit satellite, était une épave radioactive ; sa reconstruction demanderait des siècles. Près d’un milliard de personnes y étaient mortes. Mais la dernière cargaison de vivres avait été sauvée, l’agriculture automatisée du système extérieur avait été remise en marche, et il y avait sur Tarelsk assez de nourriture pour les deux milliards de survivants. L’automatisation de Namqem, mutilée, n’opérait qu’à dix pour cent à peine de son efficacité d’avant la débâcle. Les habitants du système de Namqem qui avaient survécu jusque-là assureraient la reconstruction. Il n’y aurait pas d’extinction, ni d’âge des ténèbres. Les petits-enfants des survivants s’interrogeraient sur l’ampleur de ces terribles événements.

Mais il n’y avait toujours pas de lieu civilisé pour la Grande Réunion. Pham et Sura s’en tinrent à la décision initiale. La Réunion se ferait à la Brèche de Brisgo, l’endroit le plus désert du système moyen. Au moins, il n’y avait pas de destructions à contempler, pas de problèmes locaux à résoudre. Vus de la Brèche de Brisgo, la planète Namqem et ses trois satellites n’étaient qu’un disque bleu-vert et trois taches lumineuses.

Sura Vinh employa les dernières ressources de ses astéroïdes à édifier le temp’ de la Grande Réunion. Pham espérait qu’elle aurait été impressionnée par le succès du Plan Qeng Ho.

— Nous avons sauvé la civilisation, Sura. Tu me crois, maintenant, non ? Nous pouvons être autre chose que des négociants furtifs.

Mais Sura Vinh était déjà tellement vieille. À l’aube de la civilisation, la science médicale avait promis l’immortalité. Les premiers millénaires, les progrès avaient été rapides. On atteignait deux cents, voire trois cents ans de vie. Ensuite, chaque nouvelle percée était moins impressionnante et plus coûteuse. Peu à peu, l’Humanité avait ainsi perdu l’un de ses rêves naïfs – un de plus. La cryostase pouvait peut-être retarder la mort pendant des milliers d’années, mais, même avec le meilleur soutien médical, on ne pouvait espérer plus de cinq cents ans de vie réelle. C’était pour tout un chacun l’extrême limite. Et s’en approcher vous en coûtait horriblement.

Le fauteuil autonome de Sura était plus un bloc opératoire ambulant qu’un élément de mobilier. Elle leva des bras agités de tremblements, faibles même en impesanteur.

— Non, Pham, dit-elle.

Ses yeux étaient plus limpides et plus verts que jamais ; sûrement des organes transplantés ou artificiels. Sa voix était plus manifestement synthétique, mais Pham pouvait y détecter son sourire familier.

— C’est la Grande Réunion qui tranchera, ne l’oublie pas. Nous ne nous sommes jamais mis d’accord sur tes projets. L’objet de ce rassemblement était de mettre la chose aux voix.

C’était ce que Sura disait depuis les tout premiers siècles, dès lors qu’elle avait compris que Pham n’abandonnerait jamais son rêve. Oh ! Sura, je ne veux pas te blesser, mais mon opinion doit explicitement triompher de la tienne, ainsi soit-il.

Le temp’ que Sura remorqua jusqu’au milieu de la Brèche de Brisgo était énorme, même à l’aune de ses possessions d’avant la débâcle. Les vaisseaux interstellaires de toutes les escadres survivantes pouvaient s’y amarrer, et Sura fournissait un dispositif de sécurité qui s’étendait à plus de deux millions de kilomètres au-delà de la Brèche.

Le volume central du temp’ était une salle de réunion en impesanteur. Probablement la plus grandiose de l’Histoire, plus vaste que ne l’exigeait sa fonction. Les Msec précédant la Réunion proprement dite furent consacrées aux conversations et prises de contact : c’était le plus grand rassemblement de Négociants qu’il y ait jamais eu et, probablement, le plus grand qu’il y aurait jamais. Pham profita des moindres Ksec de pause dans les procédures de sauvetage pour y participer. Il prenait de nouveaux contacts, interagissait chaque jour plus qu’il ne l’avait jamais fait en un siècle jusque-là. Il lui fallait d’une manière ou d’une autre convaincre les indécis. Et il y en avait tellement. Ils étaient essentiellement honnêtes, mais très prudents et habiles. Beaucoup étaient ses propres descendants. Leur admiration – et même leur affection – semblaient sincères, mais il ne savait jamais exactement combien d’entre eux il avait vraiment convaincus. Pham s’aperçut qu’il était plus tendu qu’il ne l’avait jamais été au combat ou même dans des négociations difficiles. Aucune importance, se dit-il. Il avait attendu ce moment toute sa vie. Rien d’étonnant à ce qu’il ait le trac quelques Msec avant l’épreuve finale.

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