La valse lente des tortues
- Автор: Pancol Katherine
- Язык: французский
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:
— Je suis prête à recevoir votre loi.
— Vous allez passer par une période de purification afin de vous débarrasser de vos démons. Vous resterez chez vous en respectant strictement mes consignes. Êtes-vous prête à les écouter ? Faites un signe de la tête et désormais gardez les yeux baissés quand vous êtes en ma présence, vous ne les lèverez que lorsque je vous en donnerai l’ordre…
— Vous êtes mon maître.
Il la gifla de toutes ses forces. La tête d’Iris rebondit sur son épaule. Elle se toucha la joue, il lui prit le bras et le tordit.
— Je ne vous ai pas dit de parler. Taisez-vous ! C’est moi qui ordonne !
Elle acquiesça. Elle sentait sa joue gonfler et la brûler. Elle eut envie de caresser la brûlure. Le frisson éclata à nouveau entre ses jambes. Elle faillit vaciller de plaisir. Elle courba la tête et chuchota :
— Oui, maître.
Il resta silencieux un moment comme s’il la testait. Elle ne bougea pas, demeura les yeux baissés.
— Vous allez remonter chez vous et vivre cloîtrée le temps que je le déciderai et suivant un emploi du temps que je vous donnerai. Acceptez-vous ma loi ?
— Je l’accepte.
— Vous vous lèverez chaque matin à huit heures, irez vous laver soigneusement, partout, partout, le moindre recoin doit être propre, je vérifierai. Puis vous vous agenouillerez, vous passerez en revue tous vos péchés, vous les écrirez sur un papier que je relèverai. Puis, vous direz vos prières. Si vous n’avez pas de livre de prières, je vous en prêterai un… répondez !
— Je n’ai pas de livre de prières, dit-elle les yeux baissés.
— Je vous en prêterai un… Ensuite, vous ferez le ménage, vous nettoierez tout parfaitement, vous ferez ça à genoux, les mains dans la Javel, la bonne odeur de Javel qui élimine tous les germes, vous frotterez le sol en offrant votre travail à la miséricorde de Dieu, vous lui demanderez pardon de votre vie ancienne dissolue. Vous resterez ainsi en ménage jusqu’à midi. Si je dois passer, je ne veux voir aucune saleté, aucune poussière ou vous serez punie. À midi, vous aurez le droit de manger une tranche de jambon et du riz blanc. Et vous boirez de l’eau. Je ne veux aucun aliment de couleur, suis-je clair ? Dites oui si vous avez compris…
— Oui.
— L’après-midi, vous lirez votre livre de prières, à genoux pendant une heure, puis vous laverez le linge, le repasserez, ferez les vitres, laverez les tentures, les rideaux. Je veux que vous soyez vêtue le plus simplement possible. En blanc. Vous avez une robe blanche ?
— Oui.
— Parfait, vous la porterez tout le temps. Le soir, vous la laverez et la mettrez à sécher sur un cintre dans la baignoire afin qu’elle soit prête à être enfilée le matin. Je ne supporte pas les odeurs corporelles. C’est entendu ? Dites oui.
— Oui.
— Oui, maître.
— Oui, maître.
— Les cheveux tirés en arrière, pas de bijou, pas de maquillage, vous travaillerez les yeux baissés, tout le temps… Je peux arriver à n’importe quelle heure de la journée et si je vous surprends en pleine désobéissance, vous serez punie. Je vous infligerai une punition que je choisirai soigneusement afin de vous guérir de vos vices. Le soir, vous répéterez le même repas. Aucun alcool n’est toléré. Vous ne boirez que de l’eau, de l’eau du robinet. Je vais monter faire l’inspection et jeter toutes les bouteilles… car vous buvez. Vous êtes une alcoolique. En êtes-vous consciente ? Répondez !
— Oui, maître.
— Le soir, vous attendrez sur une chaise que je veuille bien venir passer une visite d’inspection. Dans le noir le plus complet. Je ne veux aucune lumière artificielle. Vous vivrez à la lumière du jour. Vous ne ferez aucun bruit. Pas de musique, pas de télé, pas de chanson fredonnée, vous chuchoterez vos prières. Si je ne viens pas, vous ne vous plaindrez pas. Vous resterez en silence sur votre chaise à méditer. Vous avez beaucoup à vous faire pardonner. Vous avez mené une vie sans intérêt, uniquement centrée sur vous. Vous êtes très belle, vous le savez… Vous avez joué avec moi et je suis tombé dans vos artifices. Mais je me suis repris. Ce temps-là est fini. Reculez. Je ne vous ai pas permis de vous approcher…
Elle recula d’un petit pas et, à nouveau, un frisson électrique zébra le bas de son ventre. Elle s’abîma en avant afin qu’il ne s’aperçoive pas qu’elle souriait de plaisir.
— À la moindre incartade, il y aura des représailles. Je serai obligé de vous frapper, de vous punir et je réfléchirai à la punition juste qui vous fera mal physiquement, il le faut, il le faut, et moralement… Vous devez être rabaissée après vous être pavanée comme une petite orgueilleuse.
Elle croisa les mains derrière le dos, garda la tête baissée.
— Tenez-vous prête à mes visites inopinées. J’ai oublié de vous dire, je vous enfermerai afin d’être sûr que vous ne vous échapperez pas. Vous me donnerez votre trousseau de clés en me jurant qu’il n’y en a pas d’autre disponible. Il est encore temps pour vous de vous retirer de ce programme de purification. Je ne vous impose rien, vous devez décider librement, réfléchissez et dites oui ou non…
— Oui, maître. Je me donne à vous.
Il la gifla du revers de la main comme s’il la balayait.
— Vous n’avez pas réfléchi. Vous vous êtes précipitée pour répondre. La vitesse est la forme moderne du démon. J’ai dit : réfléchissez !
Elle baissa les yeux et resta silencieuse. Puis murmura :
— Je suis prête à vous obéir en tout, maître.
— C’est bien. Vous êtes amendable. Vous êtes sur le chemin de la réhabilitation. Nous allons maintenant aller chez vous. Vous monterez chaque marche, la tête baissée, les mains dans le dos, lentement, comme si vous gravissiez la montagne de la repentance…
Il la fit passer devant lui, prit une cravache accrochée au mur de l’entrée et lui en cingla les jambes pour la faire avancer. Elle se cabra. Il la cingla à nouveau et lui ordonna de ne manifester aucune peine, aucune douleur lorsqu’il la battrait. Dans l’appartement de Joséphine, il vida toutes les bouteilles dans l’évier en ricanant. Il se parlait à lui-même d’une voix nasillarde et répétait le vice, le vice est partout dans le monde moderne, il n’y a plus de limites au vice, il faut nettoyer le monde, le débarrasser de toutes les impuretés, cette femme impure va se nettoyer.
— Répétez après moi, je ne boirai plus.
— Je ne boirai plus.
— Je n’ai pas caché de bouteilles afin de les boire en cachette.
— Je n’ai pas caché de bouteilles afin de les boire en cachette.
— En tout, j’obéirai à mon maître.
— En tout, j’obéirai à mon maître.
— C’est assez pour ce soir. Vous pouvez aller vous coucher…
Elle recula pour le laisser passer, lui tendit son jeu de clés qu’il mit dans sa poche.
— Rappelez-vous, je peux surgir n’importe quand et si le travail n’est pas fait…
— Je serai punie.
Il la gifla à nouveau de toutes ses forces et elle laissa échapper une plainte. Il avait frappé si fort que son oreille en résonnait.
— Vous n’avez pas le droit de parler quand je ne vous y autorise pas !
Elle pleura. Il la frappa.
— Ce sont de fausses larmes. Bientôt, vous verserez de vraies larmes, des larmes de joie… Embrassez la main qui vous châtie.
Elle se pencha, embrassa délicatement sa main, osant à peine l’effleurer.
— C’est bien. Je vais pouvoir faire quelque chose de vous, je pense. Vous apprenez vite. Durant le temps de la purification vous serez habillée en blanc. Je ne veux pas voir trace de couleur. La couleur est débauche.
Il attrapa ses cheveux, les tira en arrière.
— Baissez les yeux que je vous inspecte…
Il passa un doigt sur son visage sans fard et fut satisfait.
— On dirait que vous avez commencé à comprendre !