La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Pourquoi Moiraine ne m’a-t-elle pas infligé le même sort ? se demanda Rand.
— Tu parles de « laisser une chance à Owyn » ? Thom, crois-tu qu’il aurait pu s’en sortir vivant ? Et sans perdre la raison ?
— Il a gardé le secret pendant trois ans… Et sans jamais blesser personne. Bien sûr, il utilisait très peu le Pouvoir, et exclusivement pour aider son village… Il… (Le trouvère soupira.) Je crains que tout ait été écrit d’avance. Selon les villageois que j’ai rencontrés, la dernière année, il s’est comporté bizarrement. Hélas, ces gens n’étaient pas bavards et ils ont failli me chasser à coups de pierre quand ils ont su qu’Owyn était mon neveu. Pour être franc, je crois qu’il était en train de devenir fou. Mais il était de mon sang, fiston. Même si elles n’avaient pas le choix, j’en veux aux Aes Sedai… Mais si Moiraine t’a laissé partir, c’est que tu n’as rien à voir avec le Pouvoir.
Rand ne répondit pas tout de suite.
Alors, satisfait, espèce d’imbécile ? Tu vois bien qu’il n’y a pas d’issue. Tu deviendras fou et tu crèveras, quoi que tu fasses. Mais Ba’alzamon a dit que…
— Non ! Non !
Voyant que Thom le dévisageait, le jeune homme s’empourpra.
— Bien sûr que je n’ai rien à voir avec tout ça… Mais j’ai toujours le Cor de Valère, Thom ! Réfléchis un peu ! Le Cor de Valère ! Les autres trouvères continueront à raconter des histoires à son sujet ; toi, tu pourras dire que tu l’as serré entre tes mains.
Exactement le type de discours que tenait Selene, s’avisa Rand. Une constatation qui l’incita seulement à se demander où elle était.
Thom plissa pensivement le front, attendit un moment, puis secoua la tête.
— Mon garçon, je t’aime bien, mais si je t’ai aidé, tu le sais comme moi, c’est uniquement parce qu’une Aes Sedai était impliquée dans l’affaire. Seaghan n’est pas le pire escroc que j’aie rencontré et, avec le Bonus du Roi, je vais gagner beaucoup mieux ma vie qu’en errant de village en village. À ma grande surprise, Dena semble m’aimer et – là, c’est stupéfiant ! – je partage ses sentiments. Pourquoi devrais-je renoncer à tout ça pour me faire pister par des Trollocs et des Suppôts des Ténèbres ? Le Cor de Valère ? C’est tentant, je l’avoue, mais, tout bien pesé, je veux rester loin de tout ça.
Thom prit un des étuis, l’ouvrit et révéla une flûte plutôt banale mais néanmoins habillée d’argent. Refermant le couvercle, il poussa l’étui vers Rand, sur la table.
— Tu pourrais en avoir besoin un de ces jours pour te payer un repas, petit…
— C’est une possibilité… Au moins, nous allons pouvoir parler, comme au bon vieux temps. Je suis descendu…
— Non, non… Restons-en là, mon garçon. Si je te vois tout le temps, et même si nous n’évoquons pas le sujet, le Cor finira par m’obséder. Et j’ai décidé d’en finir avec tout ça, pour de bon…
Après le départ de Rand, Thom jeta sa cape sur le lit et s’accouda à la table, la tête entre les mains.
Le Cor de Valère… Comment ce berger a-t-il pu le trouver ?
Thom décida de ne pas s’engager sur ce chemin glissant. S’il pensait trop souvent au Cor, il se retrouverait en train de galoper avec Rand, afin de rapporter l’artefact au Shienar.
Quel récit épique ça ferait ! Chevaucher vers les Terres Frontalières avec le Cor de Valère et une meute de Suppôts et de Trollocs aux basques.
Histoire de doucher son enthousiasme juvénile, le trouvère pensa très fort à Dena. Même sans tenir compte de leur histoire d’amour, un talent pareil ne se trouvait pas sous les sabots d’un cheval. De plus, si curieux que cela parût, la jeune femme l’aimait vraiment.
— Vieux fou…, marmonna Thom.
— Oui, c’est bien vu…, dit Zera en entrant dans la chambre.
Le trouvère sursauta. Trop absorbé dans ses pensées, il n’avait pas entendu grincer la porte. Depuis qu’il arpentait le monde, l’aubergiste faisait partie de ses rares « ports d’attache » et elle en profitait pour ne pas mâcher ses mots dans les situations d’urgence.
— Un vieux fou qui recommence à jouer au Grand Jeu… Sauf si je deviens sourde, ce jeune seigneur a l’accent d’un sujet de la reine Morgase. Quoi qu’il en soit, il n’est pas d’ici. Thom, le Daes Dae’mar est assez dangereux comme ça. Pourquoi te laisser entraîner dans les sombres machinations d’un seigneur étranger ?
Le trouvère fut d’abord surpris, puis il repensa à la tenue de Rand. Oui, la veste brodée était digne d’un noble… Avec l’âge, il laissait échapper de plus en plus de détails importants.
Atterré, Thom s’aperçut qu’il était en train de se demander, dans un coin de sa tête, s’il devait dire la vérité à Zera ou la laisser s’engager dans un cul-de-sac.
Il me suffit de penser au Grand Jeu, et voilà que je repique au truc !
— Zera, ce garçon est un berger de Deux-Rivières.
— C’est ça ! Et moi, je suis la reine du Ghealdan ! Thom, le Jeu est terriblement dangereux, à Cairhien. Aucun rapport avec ce que tu as connu à Caemlyn. Les choses ont changé, et pas en bien. On commandite des assassinats, désormais. Si tu ne fais pas attention, tu finiras égorgé dans un caniveau.
— Mon amie, je ne participe plus au Grand Jeu. Je l’ai laissé derrière moi il y a vingt ans.
— Mouais… (Zera ne semblait pas en croire un mot.) Mais seigneur étranger ou non, abandon du Jeu ou pas, tu te produis dans les demeures des seigneurs locaux.
— Parce qu’ils paient bien !
— Certes, mais ils t’impliqueront dans leurs complots à la première occasion. Se servir des autres leur est aussi naturel que de respirer. Ton « berger » ne t’aidera pas, parce qu’ils lui auront vite bouffé le foie.
Thom renonça à convaincre son amie qu’il s’était rangé des intrigues.
— C’est tout ce que tu voulais me dire, Zera ?
— En gros, oui… Oublie le Grand Jeu et épouse Dena. Décati comme tu es, elle t’acceptera quand même, pour une raison qui me dépasse. Ne laisse pas passer cette chance et ne pense plus au reste.
— Merci du conseil, fit plutôt sèchement Thom.
Dena, l’épouser ? Lui coller un vieux mari sur les bras ? Avec le fardeau de mon passé, elle ne deviendra jamais barde de cour…
— Zera, si tu veux bien, j’ai besoin d’être un peu seul. Ce soir, j’ai une représentation chez dame Arilyn, devant un régiment d’invités. Il faut que je répète.
Zera ricana, hocha la tête en marmonnant et sortit en claquant la porte derrière elle.
Nerveux, Thom pianota un moment sur la table. Tenue chic ou pas, Rand était un berger. S’il avait été plus que cela – voire un mâle capable de canaliser le Pouvoir, comme le trouvère le soupçonnait dans un passé récent –, Moiraine et les autres Aes Sedai ne lui auraient jamais rendu sa liberté sans l’avoir apaisé. Même s’il avait trouvé le Cor, Rand al’Thor restait un simple péquenot.
— Il est hors du coup, dit Thom à voix haute, et moi aussi…
27
Une ombre dans la nuit
— Je n’y comprends rien, dit Loial. Je gagnais presque tout le temps, puis Dena est revenue, elle s’est jointe à nous et elle m’a écrabouillé. Un désastre pour moi à chaque lancer. « Une petite leçon », voilà ce qu’elle m’a dit après. Tu as une idée de ce que ça signifie, Rand ?