Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 127 128 129 130 131 132 133 134 135 ... 233
Перейти на страницу:

Il lui était déjà arrivé de prendre la fuite à cheval quand son intuition le lui soufflait ; très souvent, même. Mais, cette fois, pas question. Il avait juré de se venger de ces morveux, et s’il n’était pas en reste pour briser les serments faits aux autres, il tenait toujours ceux qu’il se faisait à lui-même.

Et puis il fallait prendre John Farson en considération. Si Jonas n’avait jamais parlé à l’Homme de Bien en personne (et n’en avait jamais eu envie ; Farson traînait la réputation d’être un fou dangereux à lubies), il s’était trouvé en rapport avec George Latigo, qui serait probablement à la tête du détachement des hommes de Farson, attendu d’un jour à l’autre. C’était Latigo qui avait engagé à l’origine les Grands Chasseurs du Cercueil, leur versant une énorme avance en liquide (que Jonas n’avait pas encore partagée avec Reynolds et Depape) et leur promettant une part du butin de guerre encore plus considérable si jamais les principales forces de l’Affiliation étaient anéanties dans ou alentour des Monts Shavéd.

Latigo n’avait rien d’une petite pointure, d’accord, mais restait sans comparaison avec celle qui tirait ses ficelles. Et, d’ailleurs, on n’obtenait jamais de forte récompense sans courir de risques. S’ils livraient à bon port chevaux, bœufs, charretées de légumes frais, articles de sellerie, le pétrole et le cristal — surtout le cristal —, tout irait bien. S’ils échouaient dans leur mission, il était plus que vraisemblable que Farson et ses séides joueraient chaque soir au polo avec leurs têtes. C’était là une possibilité, Jonas le savait. Un jour ou l’autre, cette possibilité deviendrait réalité, aucun doute n’était permis. Mais quand sa tête fausserait enfin compagnie à ses épaules, ce divorce ne serait pas provoqué par de doucereux blancs-becs tels que Dearborn et ses amis, quelle que soit leur lignée ancestrale.

Mais s’il entretient une liaison avec la friandise d’automne de Thorin… s’il a été capable de protéger un secret comme celui-là, quels autres secrets a-t-il protégés ? Peut-être qu’il joue aux Castels avec toi.

Si c’était le cas, il n’allait pas y jouer longtemps. La première fois que le jeune Messire Dearborn pointerait son nez au coin de sa Butte, Jonas serait là pour le lui moucher.

Le problème de l’heure était : où se rendre en premier ? Au Bar K pour jeter un coup d’œil trop longtemps différé au cantonnement des garçons ? C’était faisable ; tous trois devaient recenser les chevaux de la Baronnie sur l’Aplomb. Mais ce n’était pas à cause des chevaux qu’il risquait sa tête, hein ? Non, les chevaux n’étaient qu’un petit ajout attractif, aux yeux de l’Homme de Bien.

Jonas dirigea donc sa monture vers Citgo.

6

Il vérifia d’abord les citernes. Elles étaient comme elles l’avaient toujours été et devaient l’être — alignées en ordre parfait, avec leurs roues neuves prêtes à se mettre en branle au moment voulu et dissimulées par leur nouveau camouflage. Quelques branches de pin qui faisaient écran jaunissaient à la pointe, mais les récentes pluies avaient admirablement contribué à préserver leur verdure. Jonas n’aperçut aucune trace de modification inquiétante.

Il gravit ensuite la colline, suivant le pipeline, avec des arrêts de plus en plus fréquents pour se reposer ; quand il atteignit le portail pourrissant qui séparait la pente du pétroléum, sa patte folle le faisait gravement souffrir. Il examina le portail, fronçant le sourcil en apercevant les taches salissant le barreau du haut. Cela pouvait aussi bien ne rien vouloir dire, mais Jonas imagina qu’on avait pu préférer escalader le portail plutôt que prendre le risque de l’ouvrir et de le faire sortir de ses gonds.

Il passa l’heure qui suivit à déambuler autour des derricks, prêtant une attention soutenue à ceux qui fonctionnaient encore, à l’affût d’un indice. Il découvrit des traces à foison, mais il était impossible (surtout après une semaine particulièrement humide) d’en déduire quoi que ce soit de concluant. Les garçons de l’Intérieur avaient pu venir par ici ; mais aussi bien cette bande de sales mioches de la ville ou même Arthur l’Aîné et son ost de paladins. Cette incertitude mit Jonas d’une humeur massacrante ; Jonas ne supportait l’incertitude que devant le tableau d’une partie de Castels.

Il retourna sur ses pas, ayant dans l’idée de descendre la pente à cheval avant de rentrer en ville. Sa jambe lui faisait un mal de chien et il avait envie d’une boisson forte pour l’apaiser.

À mi-chemin du portail, il aperçut la piste cavalière, envahie de mauvaises herbes, qui reliait Citgo à la Grand-Route et poussa un soupir. Il n’y aurait rien à voir sur ce tronçon de voie, supposa-t-il, mais quitte à avoir poussé jusqu’ici, autant valait finir le boulot.

Au cul le boulot, c’est boire un coup qu’il me faut.

Mais Roland n’était pas le seul à voir parfois son entraînement supplanter ses envies. Jonas soupira encore une fois, se frictionna la jambe, puis retourna vers la double ornière herbeuse du sentier. Où après tout, sembla-t-il, il y avait quelque découverte à faire.

Ça gisait dans l’herbe du fossé, à moins d’une dizaine de pas de l’endroit où l’ancienne voie rejoignait la Grand-Route. D’abord, il ne distingua qu’une forme lisse et blanche dans les broussailles et crut qu’il s’agissait d’un caillou. Puis il aperçut une cavité ronde et noire qui ne pouvait être qu’une orbite. Ce n’était donc pas un caillou, mais bien un crâne.

Jonas s’accroupit en grommelant et pécha la chose, tandis que, dans son dos, les rares derricks vivaces continuaient à couiner et à cogner sourdement. Un crâne de corneille. Il l’avait déjà vu. Enfer, les trois quarts de la ville l’avaient vu, d’après lui. Il appartenait à ce m’as-tu-vu d’Arthur Heath… qui, en bon m’as-tu-vu, avait besoin de petits accessoires.

— C’est ce qu’il appelait la vigie, murmura Jonas. Il l’accrochait parfois au pommeau de sa selle, non ? Et d’autres fois, il le portait en sautoir.

Oui, ce morveux l’avait autour du cou, cette fameuse soirée au Repos des Voyageurs, quand…

Jonas retourna le crâne d’oiseau. Quelque chose cliqueta à l’intérieur comme une dernière pensée. Jonas l’inclina et le secoua sur sa paume : un fragment de chaîne en or en tomba. Le garçon l’avait porté ainsi, la chaîne avait dû se casser, le crâne avait chu dans le fossé et sai Heath ne s’était pas donné la peine de le rechercher. L’idée que quelqu’un pourrait le retrouver ne lui avait probablement pas traversé l’esprit. Les garçons étaient l’insouciance même. Ça tenait du miracle qu’ils deviennent des hommes, au bout du compte.

Même si le visage de Jonas reflétait le calme, tandis qu’il se tenait là agenouillé à examiner le crâne de la vigie, derrière son front que ne creusait aucun pli, il était furieux comme jamais. Ils sont venus rôder par ici, parfait — encore une chose qui l’aurait fait ricaner pas plus tard qu’hier. Il devait présumer qu’ils avaient vu les citernes, camouflage ou pas, et s’il n’avait pas eu la chance de tomber sur ce crâne, il ne l’aurait jamais su avec certitude.

— Quand j’en aurai fini avec eux, leurs orbites seront aussi creuses que les vôtres, Sire Corneille. Je me chargerai moi-même de l’énucléation.

Il allait se débarrasser du crâne quand il se ravisa. Ça pouvait toujours servir. Le tenant à la main, il repartit en quête de son cheval.

7

Coraline Thorin descendait la Grand-Rue en direction du Repos des Voyageurs, la tête comme une enclume rouillée et le cœur barbouillé. Une heure seulement qu’elle était debout, mais sa gueule de bois était tellement sévère qu’une journée entière lui semblait déjà s’être écoulée. Elle buvait trop ces derniers temps et elle le savait — presque chaque soir, maintenant —, tout en faisant très attention de ne point boire plus d’un coup ou deux (et toujours de petits coups) en présence d’autrui. Jusqu’alors, elle pensait n’avoir éveillé les soupçons de personne. Et tant qu’on ne la soupçonnerait point, elle persisterait, supposait-elle. Comment supporter autrement son abruti de frère ? Et cette ville d’abrutis ? Et, bien entendu, de savoir que tous les rancheros de l’Association du Cavalier, plus une bonne moitié des grands propriétaires terriens, étaient des traîtres ?

1 ... 127 128 129 130 131 132 133 134 135 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)