Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sous les vents de Neptune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sous les vents de Neptune

Электронная книга - «Sous les vents de Neptune». Краткое содержание книги:

Cette formation sur les empreintes génétiques au Québec, Jean-Baptiste Adamsberg l’accueille avec soulagement. Deux semaines sans subir l'inexplicable hostilité de son adjoint Danglard, le paradis ! Mais une coupure de presse ravive de pesants souvenirs sur un meurtre commis durant sa jeunesse qui mettait en cause son frère Raphaël, disparu depuis. Le tueur au Trident serait-il de retour ? Un malaise et un coma éthylique plus tard, Adamsberg perd le contrôle. Seules la mansuétude d’un Danglard et l’ingéniosité de sa collaboratrice Violette Retancourt pourront le sortir, presque indemne, des affres du passé.
1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 89
Перейти на страницу:

Toutes ces affaires avaient en outre été bouclées, les coupables arrêtés, parfois même avec des aveux. Mais, à l’exception d’un autre adolescent, tout aussi malléable et affolé que Raphaël, il s’agissait de paumés, d’ivrognes errants ou semi-vagabonds, tous présentant au moment de l’arrestation un taux d’alcoolémie spectaculaire. Guère difficile de pousser à la confession ces hommes en déroute, si prompts à s’abandonner eux-mêmes.

Danglard écarta le gros chat blanc qui s’était posé sur ses pieds. Il était chaud et lourd. Il n’avait pas changé de nom depuis qu’il y a un an Camille le lui avait laissé avant de partir pour Lisbonne. À l’époque, c’était une toute petite boule blanche aux yeux bleus, qu’il appelait donc « La Boule ». Elle avait grandi en douceur, ne sachant griffer ni les fauteuils ni les murs. Danglard ne la regardait jamais sans penser à Camille, qui n’était pas très calée en autodéfense. Il souleva le chat en l’attrapant par le ventre, saisit le bout d’une de ses pattes et gratta d’un ongle le coussinet. Mais les griffes ne sortirent pas. La Boule était un cas. Il la posa sur sa table puis, finalement, la replaça sur ses pieds. Si tu es bien là, reste là.

Aucun des coupables arrêtés, inscrivit Danglard, ne conservait de souvenir du meurtre, formant une étonnante répétition d’amnésies. Dans sa vie de flic, il avait connu deux cas de perte de mémoire après un meurtre, par refus de voir l’épouvante, par déni de l’acte. Mais ce type d’amnésie psychologique ne pouvait expliquer ces huit concordances. L’alcool oui, en revanche. Quand il buvait énormément, plus jeune, il lui arrivait de se réveiller avec un blanc, un fragment manquant que ses compagnons de beuverie lui restituaient le lendemain. Il avait commencé à freiner après avoir appris que tout un public l’avait applaudi, en Avignon, nu sur une table en train de réciter du Virgile. En latin. C’était à l’époque où il avait déjà du ventre et, à cette pensée, il frémissait du spectacle offert. Très joyeux d’après ses amis, très charmant d’après ses amies. Oui, l’amnésie alcoolique, il connaissait la bête, blanche, mais son irruption n’était jamais prévisible. Parfois, même ivre mort, on se souvenait de tout, et parfois non.

Adamsberg frappa deux coups légers à la porte. Danglard fourra La Boule sous son bras et alla ouvrir. Le commissaire y jeta un rapide coup d’œil.

— Elle va bien ? demanda-t-il.

— Comme ça peut, répondit Danglard.

Sujet clos, message reçu. Les deux hommes s’accoudèrent à la table et Danglard replaça l’animal sur ses pieds avant d’exposer les doutes que lui posait cette vraie ou fausse série de meurtres. Adamsberg l’écoutait, le bras gauche serré contre lui, sa main droite écrasant sa joue.

— Je sais, interrompit-il. Croyez-vous que je n’ai pas eu tout le temps d’analyser et comparer toutes les mensurations de ces blessures ? Je les connais par cœur. Je sais tout de leurs divergences, de leurs profondeurs, de leurs formes, de leurs écartements. Mais mettez-vous dans la tête que le juge Fulgence n’a rien, mais vraiment rien d’un homme ordinaire. Il n’aurait pas été assez sot pour tuer toujours avec la même arme. Non, Danglard, l’homme est puissant. Mais il assassine avec son trident. C’est son emblème et le sceptre de son pouvoir.

— Choisissez, objecta Danglard. Une seule arme ou plusieurs ? Les blessures divergent.

— Même chose. Ce qu’il y a de saisissant dans ces différences d’écartement, c’est qu’elles sont faibles, Danglard, très faibles. Les espacements entre les perforations, latéraux ou d’avant arrière, bougent, mais de peu. Revoyez, Danglard. Quelles que soient les variantes, la longueur totale de la ligne des trois blessures ne dépasse jamais 16,9 cm. C’était le cas pour le meurtre de Lise Autan, dont je tiens pour acquis que le juge a utilisé son trident : 16,9 cm, avec un espace de 4,7 cm entre la première perforation et la seconde, et de 5 cm entre la seconde et la troisième. Regardez les autres victimes. La n° 4, Julien Soubise, tué au couteau : 5,4 cm et 4,8 cm d’espacement sur une longueur totale de ligne de 10,8 cm. La n° 8, Jeanne Lessard, au poinçon : 4,5 cm et 4,8 cm, longueur totale 16,2 cm. Les plus longues lignes sont obtenues avec les poinçons ou les tournevis, les plus courtes avec les couteaux, en raison de la finesse de la lame. Mais jamais la ligne ne dépasse 16,9 cm. Comment expliquez-vous cela, Danglard ? Que huit meurtriers différents, frappant chacun trois coups, n’excèdent jamais une ligne de 16,9 cm ? Depuis quand existe-t-il une borne mathématique, quand on frappe au ventre ?

Danglard fronça les sourcils, silencieux.

— Quant à l’autre variation des impacts, reprit Adamsberg, celle d’avant en arrière, elle est plus réduite encore : pas plus de 4 mm d’écart quand il s’agit d’un couteau, encore moins quand c’est un poinçon. Largeur maximale de la ligne de frappe : 0,9 cm. Pas plus, jamais plus. C’était l’épaisseur des perforations sur le corps de Lise. Comment expliquez-vous ces limites d’amplitude ? Par une règle ? Par un code des meurtriers ? Tous bourrés qui plus est, avec la main qui tremble ? Tous amnésiques ? Tous perdus ? Mais pas un qui aurait osé frapper sur plus de 16,9 cm de long et 0,9 cm de large ? Par quel miracle, Danglard ?

Danglard réfléchissait vite et se ralliait à la justesse des arguments du commissaire. Mais il ne discernait pas comment ces disparités de blessures pouvaient s’accommoder d’une seule arme.

— Vous visualisez un trident de laboureur ? demanda Adamsberg en traçant un rapide croquis. Voici le manche, voici la barre de traverse renforcée et, ici, les trois pointes. Le manche et la barre demeurent, mais les pointes changent. Vous comprenez, Danglard ? Les pointes changent. Mais, bien sûr, dans la limite de la dimension fixe de la barre de traverse : soit 16,9 cm de long sur 0,9 cm de large, pour l’outil qui nous occupe.

— Vous voulez dire que l’homme dessoude chaque fois les trois pointes et soude provisoirement sur la traverse d’autres lames, changeantes ?

— Vous y êtes, capitaine. Il ne peut pas changer d’outil. Il y est névrotiquement attaché et cette fidélité donne la preuve de sa pathologie. Il faut que l’outil demeure et c’est pour lui une condition absolue. Le manche et la traverse en sont l’âme, l’esprit. Mais par sécurité, le juge en modifie chaque fois les pointes, y fixant des lames de couteaux, de poinçons, d’opinels.

— Ce n’est pas si simple, de souder.

— Si, Danglard, c’est plutôt facile. Et même si la soudure n’est pas très solide, n’oubliez pas que l’outil ne sert qu’une fois. Pour pénétrer verticalement, et non pour labourer.

— Ce qui oblige le tueur, selon votre idée, à se procurer pour chaque meurtre quatre couteaux ou quatre poinçons similaires : trois pour en détacher les pointes et les fixer sur le trident, et un pour le glisser dans la main du bouc émissaire.

— Précisément et ce n’est pas une tâche complexe. C’est bien pourquoi, chaque fois, l’arme du crime est commune et surtout, elle est neuve. Un outil tout neuf dans la main d’un vagabond, vous trouvez cela logique ?

Danglard passa longuement la main sur son menton.

— Il n’a pas opéré de cette manière pour la jeune Lise, dit-il. Il a tué avec son trident puis enfoncé le poinçon dans chacune des blessures.

1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)