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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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Les Granéens se trouvaient plus intelligents que les humains. Ils considéraient les hommes comme des animaux à domestiquer, si possible en douceur, mais en tout cas à dompter, à convertir en une caste supplémentaire destinée à servir les « Maîtres » quasi invisibles.

Bury parlait des extra-terrestres et les haïssait. Des images défilaient dans sa tête, parfois à la simple pensée des Granéens, et toujours la nuit, quand son insomnie le torturait. Il faisait des cauchemars dans lesquels entraient un scaphandre et une armure de combat de Marine. La combinaison approchait dans son dos et trois petites paires d’yeux luisaient derrière la visière. Parfois le rêve se terminait sur un nuage de monstres extra-terrestres à six bras, moulinant, mourant dans le vide, dérivant autour d’une tête d’homme et alors Bury réussissait à dormir. Mais parfois, à la fin du cauchemar, Bury hurlait, impuissant, vers les hommes de garde du Lénine tandis que la combinaison spatiale entrait dans le vaisseau de guerre. Alors Bury se réveillait, nageant dans une sueur glacée. Il fallait prévenir les Kateriniens.

Ils écoutaient, mais n’y croyaient pas. Bury le sentait. Ils avaient entendu ses cris avant qu’il n’arrive à leur bord ; la nuit, ils entendaient ses hurlements et ils le croyaient fou.

Plus d’une fois, Bury remercia Allah de lui avoir donné Buckman. L’astrophysicien était un personnage étrange, mais au moins Bury pouvait-il lui parler. Au début, la « garde d’honneur » qui siégeait devant la porte de la cabine de Bury avait intrigué Buckman, mais avant longtemps il l’ignora, tout comme il ignorait la plupart des inexplicables activités de ses frères les hommes.

Buckman avait étudié les documents granéens concernant l’Œil de Murcheson et le Sac à Charbon. « Très bon travail ! Il y a certains faits que je veux vérifier personnellement, et je ne suis pas sûr de certaines de leurs hypothèses… mais ce satané Kutuzov me refuse l’usage des télescopes du Lénine.

— Buckman, se peut-il que les Granéens soient plus intelligents que nous ?

— Eh bien, ceux auxquels j’ai eu affaire sont plus brillants que la plupart des gens que je connais. Prenez mon beau-frère, par exemple… Mais, bien sûr, vous voulez dire en général ? » Buckman se gratta la mâchoire tout en réfléchissant. « Peut-être sont-ils plus intelligents que moi. Ils ont mené à bien un travail bigrement complet. Mais ils sont plus limités qu’ils ne le pensent. Durant tous leurs millions d’années, ils n’ont pu voir de près que deux étoiles. »

La définition de l’intelligence que Buckman donnait était étroite.

Bury renonça très tôt à prévenir Buckman de la menace granéenne. L’astrophysicien lui aussi pensait que Bury était fou. Mais évidemment, pour Buckman, tout le monde l’était.

Que Allah soit loué d’avoir laissé Buckman !

Les autres scientifiques civils étaient assez amicaux mais ils ne voulaient qu’une chose de Bury : une analyse des possibilités d’échanges avec les Granéens. Bury la résumait en huit mots : Les tuer avant qu’ils ne nous tuent ! Même Kutuzov trouvait ce jugement lapidaire.

L’amiral écoutait bien poliment et Bury pensait l’avoir convaincu que l’on devrait abandonner sur place les ambassadeurs de Grana ; que seul un idiot comme Horvath prendrait des ennemis à bord du seul vaisseau encore capable de prévenir l’Empire du péril extraterrestre ; et que le Lénine n’était même pas sûr d’y réussir.

Tout cela créait une splendide occasion pour Bury de s’entraîner à être patient. Et si sa patience craqua jamais, seul Nabil le sut et plus rien ne pouvait surprendre Nabil.

44. Conseil de guerre

Dans la salle à manger d’apparat du Lénine, se dressait une représentation de l’empereur. Le regard de Léonidas IX plongeait sur la longueur de la grande table d’acier. Des drapeaux impériaux et des pavillons de combat flanquaient l’image du souverain. Des tableaux de batailles spatiales tirées de l’histoire du Premier et du Second Empire étaient pendus sur toutes les cloisons et, dans un coin, un cierge brûlait devant une icône de Sainte-Catherine. Il y avait même un système spécial de ventilation pour que la mèche brûle toujours, même en apesanteur.

David Hardy ne pouvait s’empêcher de sourire de cette icône. La pensée qu’une telle image pût se trouver à bord d’un vaisseau portant le nom de Lénine l’amusait. Il supposait que soit Kutuzov ne savait rien de l’histoire du communisme – après tout, cela s’était passé longtemps auparavant –, soit ses sentiments nationalistes russes prenaient le dessus. La deuxième solution était la plus vraisemblable car, pour la plupart des sujets impériaux, Lénine était un héros du passé, un homme connu par sa légende mais non dans le détail. De tels personnages étaient nombreux : César, Ivan le Terrible, Napoléon, Churchill, Staline, Washington, Jefferson, Trotski, tous plus ou moins des contemporains les uns des autres (sauf aux yeux des vrais historiens). L’histoire pré-atomique a tendance à se comprimer quand on la considère d’une distance temporelle suffisante.

La salle commença à se remplir de scientifiques et d’officiers. Les Marines gardaient libres deux places : celle de la tête de la table et celle située immédiatement à sa droite – et ce malgré la tentative qu’avait faite Horvath de s’y asseoir. Le ministre de la Science avait haussé les épaules devant le flot de protestations russes des Marines et s’était dirigé vers l’autre extrémité de la table, où il avait déplacé un biologiste, puis chassé un autre scientifique de la chaise située à sa droite, sur laquelle il avait invité David Hardy à s’asseoir. Si l’amiral voulait jouer aux jeux du prestige, libre à lui ; Antoine Horvath connaissait lui aussi le sujet.

Il regarda les autres entrer dans la salle. Cargill, Sinclair et Renner arrivèrent ensemble. Puis Sally Fowler et le capitaine Blaine ; étrange, pensa Horvath, que Blaine puisse maintenant aborder une pièce remplie de monde sans aucun cérémonial. Un Marine indiqua des places à la tête de la table, mais Rod et Sally s’assirent au milieu de celle-ci. Il peut se le permettre, pensa Horvath, il est bien né. Mon fils lui aussi naîtra avec un titre. Le travail que j’ai fourni ici devrait suffire à me placer sur la prochaine liste d’anoblissement…

« Garde à vous ! »

Les officiers se levèrent, ainsi que la plupart des scientifiques. Horvath réfléchit un instant puis les imita. Il tourna les yeux vers la porte, s’attendant à y voir l’amiral, mais seul le capitaine Mikhailov s’y tenait. Nous allons donc devoir y passer deux fois, songea Horvath.

L’amiral le prit par surprise : il entra à l’instant où Mikhailov atteignait son siège et marmonna « Repos, messieurs » si vite que le canonnier Marine n’eut pas le temps de l’annoncer. Si quelqu’un avait voulu infliger un affront à Kutuzov, il allait devoir se trouver une autre occasion.

« Le commandant Borman va nous lire l’ordre de mission de l’expédition, dit froidement Kutuzov.

— Section douze : Conseil de guerre. Paragraphe premier. Le vice-amiral commandant l’expédition demandera les conseils du personnel scientifique et des officiers supérieurs du Mac-Arthur sauf quand, de l’avis de l’amiral et du sien seulement, une perte de temps mettrait en péril la sécurité du vaisseau de guerre le Lénine.

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