La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
— Tu es sûre ? sûre et certaine ? (Au bord des larmes, la veuve de Bran acquiesça.) Marin, si tu as eu des soupçons d’empoisonnement, pourquoi ne t’en es-tu pas ouverte au Cercle des Femmes ?
— Malena a dit que Bran et Haral ne marchaient pas dans la Lumière. Sinon ils n’auraient pas pu s’opposer ainsi à la Sage-Dame ! D’après elle, ils sont morts parce que la Lumière les a abandonnés. Elle parle sans arrêt de « péché ». Elle a affirmé que Paet al’Caar était un pécheur, parce qu’il a parlé contre elle après la mort de Bran et de Haral. Il avait seulement dit qu’elle n’avait pas votre don pour la guérison, mais elle a dessiné le Croc du Dragon sur sa porte – en plein jour, afin que tout le monde la voie avec son morceau de charbon dans la main. Les deux fils du forgeron sont morts au cours de la semaine suivante. La pauvre Nela les a trouvés comme ça un matin, alors qu’elle allait les réveiller. Elle est sortie dans la rue, hagarde, riant et pleurant à la fois, comme une folle. Elle criait que Paet était le Ténébreux en personne – et l’assassin de ses fils. Le lendemain, le pauvre homme s’est pendu. (Marin baissa craintivement le ton.) J’ai encore quatre filles vivantes sous mon toit. Comprenez-vous ce que ça veut dire, vivantes ? Il est hors de question que je les mette en danger.
Nynaeve se sentit glacée jusqu’à la moelle des os.
— Marin, tu ne peux pas laisser faire ça…
« La sortie se présentera à toi, mais une seule fois. Sois forte. »
La Sage-Dame repoussa cette pensée parasite.
— Si le Cercle des Femmes parle d’une seule voix, vous vous débarrasserez de cette « furie ».
— S’opposer à Malena ? Nous tremblons toutes de peur devant elle. De plus, elle veille sur les enfants… Ils tombent souvent malades, ces derniers temps. Heureusement, elle fait de son mieux. À votre époque, presque personne ne mourait de maladie…
— Marin, écoute-moi ! N’as-tu pas compris pourquoi les enfants sont malades ? Quand la peur ne marche pas, Malena vous fait croire qu’elle est indispensable pour sauver les petits. Elle les empoisonne, mon amie. Comme Bran, comme Haral…
— C’est impossible… Pas les enfants. Non, pas eux !
— Crois-moi, Marin, elle le fait.
« La sortie se présentera… »
Cette fois, Nynaeve refoula impitoyablement la pensée.
— Y a-t-il dans le Cercle une femme qui m’écoutera ? Quelqu’un qui ne tremble pas de peur devant Malena ?
— Tout le monde a peur, mais Corin Ayellin te prêtera peut-être une oreille attentive. Dans ce cas, deux ou trois autres femmes pourraient se laisser dessiller les yeux. Nynaeve, si le Cercle vous soutient, vous redeviendrez notre Sage-Dame ? Vous êtes la seule capable de résister à Malena, même une fois que ses crimes seront connus. Si vous saviez comment elle est…
— Je reprendrai mon poste, oui.
« La sortie… »
Assez, avec la sortie ! Ce sont mes villageois !
— Prends ta cape, nous allons chez Corin.
Avant que les deux femmes soient à mi-chemin de chez Corin, Nynaeve vit une grande harpie décharnée se diriger vers l’auberge à longues enjambées tout en détruisant les fleurs sur son passage avec un gros bâton en bois de saule. Maigre ou non, elle avait l’air puissante – et d’une détermination sans faille. Cenn Buie la suivait en boitillant.
— Malena…, souffla Marin.
Elle tira Nynaeve à l’abri, entre deux maisons, et murmura :
— J’étais sûre que Cenn Buie irait la chercher.
Pour une raison inconnue, Nynaeve regarda par-dessus son épaule… et vit qu’une arche d’argent se dressait dans son dos, faisant toute la largeur du passage. Une lumière blanche y dansait.
« La sortie se présentera à toi, mais une seule fois. Sois forte. »
— Elle nous a vues ! cria Marin. Et elle vient par ici.
Malena avait planté là le vieux Cenn, qui ne savait que faire. Un sourire cruel sur les lèvres, la Sage-Dame de Champ d’Emond avançait lentement vers des proies qui ne pouvaient plus lui échapper.
Marin tira sur la manche de Nynaeve.
— Il faut courir, puis nous cacher… Cenn lui a certainement dit qui vous êtes. Elle déteste qu’on ose seulement prononcer votre nom.
L’arche d’argent attirait irrésistiblement le regard de Nynaeve.
« La sortie… »
Elle secoua la tête, tentant de raviver sa mémoire.
Ce n’est pas réel…
Pourtant, la terreur qui tordait les traits de Marin semblait bien réelle.
« Pour survivre, tu devras être très forte. »
— Nynaeve, elle m’a vue avec vous ! Par pitié ! Elle m’a vue !
Malena approchait toujours, implacable.
Mes villageois… Mais ce n’est pas réel, et la sortie…
Ravalant un sanglot, Nynaeve brisa l’étreinte de Marin, qui lui avait pris le bras.
— Pour l’amour de la Lumière, au secours, Nynaeve ! Au secours !
Sachant que ces mots la hanteraient longtemps, Nynaeve franchit l’arche.
Alors que l’ultime cri de Marin retentissait encore à ses oreilles, la Sage-Dame émergea dans la vaste salle dont elle distinguait à peine les contours. Et cette fois, lorsqu’on lui versa de l’eau sur la tête, elle ne tressaillit même pas.
— Te voilà purifiée de la fausse fierté et de la fausse ambition. Ainsi, tu viens à nous lavée et pure, en ton cœur comme en ton âme.
Dès que la sœur rouge se fut écartée, Sheriam vint prendre le bras de Nynaeve. Quand elle reconnut la Maîtresse des Novices, la Sage-Dame la saisit par le col de sa robe.
— Dites-moi que ce n’était pas réel ! Pas réel !
— C’était dur ? (Sheriam se dégagea sans mal, comme si elle avait l’habitude des réactions violentes.) C’est de pire en pire, et la troisième fois n’échappe pas à la règle…
— Pour revenir, j’ai abandonné mes amis… mes villageois… dans la Fosse de la Perdition.
Lumière, fais que ce n’ait pas été réel ! Je ne voulais pas… Mais je dois punir Moiraine, je le dois !
— Il y a toujours une raison de ne pas revenir… Un obstacle ou une diversion… Ce ter’angreal tend aux femmes des pièges qu’il puise dans leur esprit. Ce sont des rets plus résistants que l’acier et plus mortels que le poison. Voilà pourquoi cette épreuve existe. Une candidate doit désirer devenir une Aes Sedai à n’importe quel prix. Rien ne doit la détourner de son chemin. La Tour Blanche ne peut pas se satisfaire de moins. Et c’est ce que nous exigeons de toi.
— C’est demander beaucoup, souffla Nynaeve.
Campée devant la troisième arche, la sœur rouge l’attendait déjà.
La troisième sera la pire ? Comment est-ce possible, après ce que je viens de vivre ?
— J’ai peur, Sheriam…
— Une très bonne chose, mon enfant ! Tu veux devenir une Aes Sedai et canaliser le Pouvoir. Qui peut envisager un tel destin sans angoisse ? La peur t’inspirera la prudence et, grâce à la prudence, tu resteras en vie. (La Maîtresse des Novices força Nynaeve à se placer face à la dernière arche, mais elle ne l’abandonna pas tout de suite.) Personne ne te contraindra à entrer une troisième fois…
— Si je refuse, on me jettera dehors sans espoir de retour, c’est ça ? (Sheriam acquiesça.) Bien, je suis prête.
— La troisième fois est pour ce qui sera. La sortie se présentera à toi, mais une seule fois. Sois forte.
Nynaeve courut vers l’arche et s’y jeta comme pour s’y noyer.