La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Nynaeve portait une des robes qu’on lui avait offertes à Fal Dara. Le vêtement vert pâle brodé de petites fleurs blanches convenait merveilleusement à son teint, sinon à son humeur, qui n’avait rien de printanière.
— Pour commencer, je meurs d’ennui du matin au soir, marmonna-t-elle, et voilà qu’il faut tout faire à la vitesse du vent.
— Le temps n’attend personne, répondit Sheriam, et, si la Roue tisse comme elle l’entend, elle tisse aussi quand elle l’entend. La patience est une vertu que nous devons toutes posséder, mais il convient aussi de savoir s’adapter aux changements de rythme.
Nynaeve se retint de foudroyer du regard la Maîtresse des Novices. L’Aes Sedai aux cheveux roux tirant sur les flammes avait un défaut terriblement agaçant : même quand ce n’était pas le cas, elle donnait l’impression de réciter par cœur des proverbes.
— C’est quoi, cette structure ? demanda Nynaeve, de plus en plus agacée.
— Un ter’angreal…
— Et ça devrait me dire quelque chose ? Au moins, expliquez-moi à quoi ça sert.
— Mon enfant, les fonctions d’un ter’angreal sont multiples. Comme les angreal et les sa’angreal, ce sont des vestiges de l’Âge des Légendes qui obéissent au Pouvoir de l’Unique. Mais les ter’angreal ne sont pas aussi rares que les deux autres artefacts. Si certains ont besoin pour fonctionner de l’intervention d’une Aes Sedai, d’autres réagissent à la présence de n’importe quelle femme capable de canaliser le Pouvoir. On dit même que certains fonctionneraient pour n’importe quel profane. Contrairement aux angreal et aux sa’angreal, ils sont conçus pour accomplir une tâche bien spécifique. Nous en avons un autre, dans la tour, qui scelle les serments – en d’autres termes, qui engage pour de bon ceux qui les prêtent. Lorsque tu seras élevée au statut de sœur à part entière, tu prononceras tes vœux en le touchant. Tu jureras de ne jamais proférer autre chose que la vérité, de ne jamais fabriquer une arme susceptible d’aider un homme à en tuer un autre, et de ne jamais utiliser agressivement le Pouvoir de l’Unique, sauf pour tuer un Suppôt ou un monstre – et dans les cas de légitime défense, pour préserver ta vie, celle de ton Champion ou celle d’une autre sœur.
Nynaeve secoua la tête, pas convaincue. Ces engagements lui semblaient trop lourds, et en même temps trop légers, et elle ne se gêna pas pour le dire.
— Il fut un temps où les Aes Sedai ne prêtaient pas serment… On savait qui elles étaient et quelle cause elles défendaient, et ça suffisait largement. Beaucoup de sœurs regrettent qu’il n’en soit plus ainsi, mais la Roue tourne et les choses changent. Notre serment, qui n’a rien de secret, rassure les nations et leur permet d’établir des rapports avec nous sans craindre que nous retournions contre elles le Pouvoir de l’Unique. Entre les guerres des Trollocs et la guerre des Cent Années, nous avons adopté ces nouvelles règles, et c’est grâce à elles que la Tour Blanche est encore debout. Grâce à elles, mon enfant, que nous pouvons toujours lutter contre les Ténèbres… (Sheriam prit une profonde inspiration.) Par la Lumière ! j’essaie de t’apprendre en quelques minutes ce que n’importe quelle autre femme présente ici à ta place aurait eu des années pour assimiler ! C’est impossible, tout simplement. Pour l’heure, tu dois t’intéresser aux ter’angreal. Nous ne savons pas pourquoi ils furent fabriqués, et nous n’en utilisons qu’une infime partie. À des fins, tu dois le savoir, qui n’ont peut-être aucun rapport avec ce que visaient les concepteurs de ces artefacts.
» Ceux que nous n’utilisons plus ont coûté des vies, il faut également que tu le saches. Au fil des siècles, plus d’une Aes Sedai est morte, ou a perdu tout son pouvoir, en tentant de se servir d’un de ces mystérieux dispositifs.
— Et vous voulez que j’entre dans celui-ci ? demanda Nynaeve, indignée.
La lumière fluctuait moins, désormais. Cela dit, la Sage-Dame ne voyait toujours pas ce qu’il y avait à l’intérieur du ter’angreal.
— Nous savons très bien comment il fonctionne… Pour faire simple, il te confrontera à tes pires peurs. (Sheriam eut un sourire engageant.) Personne ne te demandera de quoi il s’agissait, et tu en diras uniquement ce que tu auras envie d’en dire. Les angoisses d’une femme n’appartiennent qu’à elle…
Nynaeve pensa à sa phobie des araignées, surtout dans le noir. Mais ce n’était sûrement pas ce genre de peur qu’évoquait Sheriam.
— J’entre par une arche, je sors par une autre, et cela à trois reprises. C’est vraiment tout ce que j’aurai à faire ?
L’Aes Sedai ajusta son châle d’un mouvement d’épaules un peu agacé.
— Si tu veux présenter les choses comme ça, la réponse est « oui »… En chemin, je t’ai dit ce que tu devais savoir sur la cérémonie – plus précisément, tout ce qu’on est autorisée à savoir avant de passer l’épreuve. Une novice parvenue à ce point aurait appris tout ça par cœur, mais n’aie pas peur de commettre des erreurs. Si nécessaire, je te rafraîchirai la mémoire. Tu es sûre d’être prête ? Si tu veux reculer, je suis toute disposée à ajouter ton nom dans le registre des novices.
— Non !
— Comme tu voudras… Maintenant, je vais te dire deux choses qu’aucune femme n’entend jamais avant d’être entrée dans cette salle. Pour commencer, lorsque tu seras engagée dans le processus, sache que tu devras aller jusqu’au bout. Si tu refuses l’obstacle, quel que soit ton potentiel, on t’expulsera gentiment de la tour avec assez d’argent pour tenir un an – et le conseil « amical » de ne plus jamais revenir.
Nynaeve voulut se récrier qu’elle n’était pas du genre à abandonner, mais Sheriam lui fit signe de se taire.
— Écoute-moi, et réponds quand tu sauras de quoi tu parles. Deuxième point, si tu persévères, tu te mettras en danger. Ici même, je veux dire. Certaines femmes sont entrées dans le ter’angreal et n’en sont jamais sorties. Tu entends ce que je dis ? Elles se sont volatilisées ! Pour survivre, tu devras être très forte. Si tu faiblis… (Le silence de Sheriam en dit plus long qu’un discours entier.) Je t’offre ta dernière chance de rebrousser chemin, mon enfant. Si tu le fais, j’ajouterai ton nom dans le registre des novices, et tu n’auras qu’un blâme dans ton dossier. Tu pourras revenir ici deux fois, et au troisième refus on t’expulsera de la tour. Mais se dérober n’a rien de honteux. Tu ne serais pas la première, d’ailleurs… Moi-même, j’ai reculé lors de mon premier passage dans cette salle.
» Maintenant, tu peux parler.
Nynaeve coula un regard de biais aux arches d’argent. La lumière ne fluctuait plus, soudain devenue stable et tamisée, comme pour suggérer la confiance. Pour apprendre ce qu’elle désirait apprendre, Nynaeve avait besoin de la liberté de manœuvre d’une Acceptée. Sinon, elle ne pourrait pas observer et poser des questions à sa guise.
Moiraine doit payer le mal qu’elle nous a fait. Et c’est moi qui lui rendrai la monnaie de sa pièce.
Sheriam avança lentement et la Sage-Dame lui emboîta le pas.
Comme si c’était un signal, la sœur rouge campée près de la table prit la parole :
— Qui nous amènes-tu, ma sœur ? demanda-t-elle à la Maîtresse des Novices.
— Une candidate à l’Acceptation, ma sœur, répondit Sheriam.
— Est-elle prête ?
— Elle laissera derrière elle ce qu’elle fut, surmontera ses peurs et deviendra une Acceptée.
— Connaît-elle ses plus intimes angoisses ?
— Elle n’a jamais eu à les affronter, mais aujourd’hui, elle le désire.