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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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En dépit de leur fatigue, cependant, l’approche des festivités les attira bientôt au-dehors, impatientes de voir commencer la cérémonie et d’entamer le festin. Un silence accompagna l’apparition des dix sorciers et de leurs servants, bientôt suivi d’une mêlée indescriptible lorsque les membres du Clan s’efforcèrent de prendre leurs places, en fonction de leurs rangs. Ils attachaient peu d’importance à l’ordonnance des assemblées ; il fallait seulement occuper la place qui revenait à chacun à l’intérieur de son propre clan. On était soit devant soit derrière tel ou tel, ou encore à droite ou à gauche de certains autres. Et il y avait toujours un clan ou deux qui changeait de place à la dernière minute, à la recherche d’un endroit offrant une meilleure vue du spectacle qu’était en soi la réunion de plus de deux cents des leurs.

On alluma avec toute la solennité voulue un gigantesque feu devant la caverne, avant d’ôter les pierres qui recouvraient les fosses où cuisait la viande. Les compagnes des chefs de rang élevé eurent le suprême privilège d’extraire du foyer les premiers quartiers de viande tendre et Brun vit avec fierté Ebra s’avancer à leur tête. L’acceptation d’Ayla par les mog-ur avait décidé de l’issue de la compétition. Brun et son clan se trouvaient de nouveau, plus forts que jamais, à la première place.

Puis les femmes de rang inférieur commencèrent à sortir la viande à l’aide de bâtons fourchus et à remplir les récipients en bois ou en os. Portant de grands plateaux, Broud et Voord s’approchèrent de Mog-ur, qui déclara solennellement :

— Cette Fête d’Ursus est également célébrée en l’honneur de Gorn, que le Grand Ours des Cavernes a choisi pour l’accompagner. Pendant son séjour au sein du clan de Norg, Ursus a vu que son peuple n’avait pas oublié ses leçons. Il a appris à connaître Gorn et l’a trouvé digne de l’escorter. Broud, et toi Voord, votre courage, votre force et votre endurance vous ont désignés pour lui démontrer le degré de bravoure des hommes de son Clan. Il vous a éprouvés de toute sa puissance, et il est content de vous. C’est pourquoi vous avez le privilège de lui apporter le dernier repas qu’il partagera avec son peuple jusqu’à son prochain retour du monde des esprits. Puisse l’Esprit d’Ursus nous accompagner toujours.

Les deux jeunes gens présentèrent leurs plateaux à toutes les femmes qui y déposèrent les meilleurs morceaux de tous les plats à l’exception de la viande, l’ours n’en ayant jamais été régalé durant sa captivité. Les deux jeunes hommes placèrent ensuite leurs plateaux devant la peau montée sur les piquets.

Puis Mog-ur poursuivit son discours.

— Vous avez bu de son sang, à présent mangez de sa chair et ne faites plus qu’un avec l’Esprit d’Ursus.

Ces mots marquaient le début des festivités. Broud et Voord reçurent les premières parts, suivis du reste des clans. Des soupirs d’aise et des grognements de plaisir s’élevèrent alors que chacun prenait place pour faire honneur au festin. La chair de l’animal végétarien était succulente, les légumes, les fruits et les céréales des plus savoureux, et l’aiguillon de la faim rendait tout cela plus délectable encore. Personne ne regrettait son jeûne forcé.

— Ayla, tu ne manges pas. Tu sais qu’il ne doit pas rester un seul morceau de viande.

— Je sais, Ebra, mais je n’ai pas faim.

— Ayla se fait du souci, signifia Uba, la bouche pleine. Je suis bien contente de ne pas être à sa place. Cette viande est tellement bonne que ça me déplairait d’avoir l’estomac noué en ce moment.

— Mange quand même un peu, insista Ebra. Tu as mis du jus de viande de côté pour Durc ? Cela lui fera le plus grand bien.

— Je viens juste de lui en donner, mais il n’a pas faim, Oga lui a donné le sein il n’y a pas longtemps. Oga, est-ce que Grev a faim ? J’ai une montée de lait, à en avoir mal aux seins.

— J’aurais dû attendre, mais ils avaient tellement faim tous les deux. Tu les nourriras demain, Ayla.

— Demain j’aurai de quoi allaiter dix bébés, dit Ayla. Cette nuit, ils dormiront comme des souches. Le somnifère au datura est prêt. Uba vous dira la quantité à leur faire boire car moi, je n’aurai pas le temps. Creb m’attend à la fin du repas, et je ne reviendrai qu’à la fin de la cérémonie.

— Ne tarde pas trop, notre danse commencera après que les hommes se seront réunis dans la caverne. Certaines guérisseuses sont expertes à donner le rythme. La danse des femmes au Rassemblement est un événement à ne pas rater, affirma Ebra avec des gestes empreints d’enthousiasme.

— Iza n’a pas eu le temps de me montrer grand-chose en matière de rythme, tu sais.

— Vous avez tellement de choses à apprendre, vous les guérisseuses, dit Ovra.

— Dommage qu’Iza n’ait pas pu venir, dit Ebra. Je suis heureuse qu’ils t’aient enfin acceptée, Ayla, mais Iza me manque. Il y a des moments où j’oublie qu’elle n’est pas ici, et je la cherche du regard.

— Moi aussi, j’aimerais bien qu’elle soit là, dit Ayla. Ça ne me plaisait pas du tout de la laisser. Elle est beaucoup plus malade qu’elle ne le laisse paraître. J’espère qu’elle prend beaucoup de soleil et se repose bien.

— Elle partira dans l’autre monde à son heure, comme chacun d’entre nous, dit Ebra, philosophe.

Ayla frissonna malgré la chaleur de la nuit. Il lui était venu soudain un sombre pressentiment, qui était comme un vent glacé soufflant au soir d’une belle journée d’été. Et puis Mog-ur apparut et, sur son signe, elle se leva rapidement pour regagner la caverne, sans parvenir à chasser une sourde inquiétude.

Dans la caverne, à son foyer, elle prit l’écuelle d’Iza qu’elle avait disposée sur sa couche, une écuelle patinée par des usages répétés depuis des générations. Elle sortit la petite bourse teintée de rouge de son sac de guérisseuse et en vida le contenu. A la lumière de la torche qui éclairait la grotte, elle examina les racines. Iza lui avait indiqué maintes fois comment évaluer la quantité appropriée, mais Ayla avait encore des doutes sur le dosage convenable pour les dix mog-ur. La force du breuvage ne dépendait pas seulement du nombre, mais aussi de la taille des racines et de leur âge.

Elle n’avait jamais vu Iza procéder, en raison du caractère sacré du breuvage interdisant de le préparer en dehors du rite. Les filles de guérisseuses apprenaient à le doser en observant leurs mères lors des cérémonies et plus encore grâce à leur mémoire ancestrale. Mais Ayla n’était pas née dans le Clan. Elle choisit plusieurs racines, puis en ajouta encore une pour faire bonne mesure. Elle se rendit ensuite à l’entrée de la caverne où Creb lui avait dit d’attendre. La cérémonie commençait.

Il y eut d’abord le son des tambours de bois, puis le martèlement des lances sur le sol, et enfin le staccato des battements sur le cylindre de bois creux. Les servants passèrent parmi les hommes avec les coupes d’infusion de datura, et bientôt tous se laissèrent porter par le rythme lancinant. Les femmes restèrent à l’écart, leur tour viendrait plus tard. Tandis que la danse des hommes se transformait en véritable transe, Ayla attendait anxieusement.

Une tape sur l’épaule la fit sursauter : elle n’avait pas entendu les mog-ur venir du fond de la caverne. Les sorciers sortirent silencieusement pour se placer en cercle autour de la peau d’ours. Mog-ur se tenait face à la bête qui se dressait de toute sa hauteur devant lui, dans un mouvement à jamais figé, simple simulacre de force et de sauvagerie, mais qui semblait néanmoins menaçante.

Ayla vit le grand sorcier faire un signe aux servants qui jouaient sur les instruments de bois, leur intimant de s’arrêter. Comme le silence se faisait soudain, les hommes levèrent les yeux, surpris de découvrir les mog-ur là où il n’y avait personne un instant auparavant.

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