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Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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— Christ ressuscité ! s’exclama-t-elle. Je suis tombée sur un idéaliste ! »

Tancrède éclata de rire.

« Non, je ne crois pas en être un. Je ne suis pas inflexible à ce point. »

S’efforçant de ne pas trahir sa pensée, il chercha ses mots un instant. Il ne voulait surtout pas qu’elle se fasse une fausse idée de lui.

« Pour que la justice ait un sens, je pense qu’elle doit être totale. Si des gens peuvent faire ce qui a été infligé à Viviane sans être inquiétés, alors cette justice n’est qu’une illusion. Mon devoir est de me dresser contre cette ignominie et d’aller chercher les coupables là où ils sont afin qu’ils rendent des comptes. Si je ne le fais pas, pourquoi suis-je ici ? Ne suis-je pas un miles Christi, un soldat du Christ ? Je suis censé n’avoir qu’une raison de vivre : la défense de notre religion et de valeurs auxquelles nous croyons. Et selon moi, la justice est la première d’entre elles. »

À son grand étonnement, il s’aperçut que c’était peut-être la première fois qu’il formulait aussi clairement sa pensée profonde. Cette sincérité parut toucher Clorinde. Elle le regarda différemment, comme si elle ne le découvrait que maintenant.

« Vous êtes un singulier personnage, Tancrède de Tarente, dit-elle pensivement.

— Pourquoi ?

— Je ne sais pas… Il y a en vous un curieux mélange. »

Je viens de penser exactement la même chose d’elle, songea Tancrède.

« Vous êtes le parfait exemple d’intégration totale dans le système, d’une certaine manière vous êtes même ce que le système a engendré de mieux, de plus abouti. Et pourtant vous semblez en désaccord constant avec celui-ci.

— Peut-être. Je n’y ai jamais réfléchi en ces termes-là. Mais une chose est sûre : le système, comme vous l’appelez, nous promet quelque chose, une sorte d’idéal, et je suis prêt à me battre pour cela… y compris à me battre contre le système lui-même si cela s’avère nécessaire. »

Clorinde ne répondit pas, se contentant de hocher la tête doucement en souriant.

« Mais je parle, je parle, reprit Tancrède. Il y a des sujets sur lesquels il ne faut pas me lancer sinon je ne m’arrête plus. À votre tour, dites-moi donc un peu qui vous êtes ! Après tout, je ne sais rien, si ce n’est votre nom.

— C’est déjà un début ! Mon nom exact est Clorinda di Severo – les Français disent Clorinde. Je suis italienne, mais j’ai vu le jour à Asmera, en Éthiopie, où mon père, ambassadeur du Vatican, était en poste à ma naissance. J’y ai passé les premières années de ma vie, et probablement aussi les plus heureuses. Il m’arrive d’ailleurs de me faire appeler Clorinde d’Asmera en souvenir de cette époque.

— Vous êtes un peu africaine, alors. Vous avez vécu longtemps là-bas ? »

Son beau visage se crispa soudain, les coins de sa bouche s’abaissèrent et ses yeux cessèrent de briller comme ils venaient de le faire à l’évocation de son enfance.

« Non, je… j’ai dû quitter ce continent à neuf ans. Ma famille a eu un accident et… je suis la seule à en être revenue.

— Oh, je suis désolé.

— Ne le soyez pas, répondit-elle, le regard baissé, vous ne pouviez pas savoir. Et puis c’est de l’histoire ancienne. (Elle affirma un peu sa voix pour continuer) À mon retour, j’ai passé quelques années dans un couvent pour jeunes filles, puis j’ai eu la chance d’entrer dans une école militaire. À la fin de mes études, je me suis donc engagée dans les armées chrétiennes pour servir la cause du Dominium Mundi. »

Comprenant qu’il avait pénétré sans le vouloir sur un terrain sensible, Tancrède préféra changer de sujet, pour ne pas l’embarrasser.

« Et maintenant, vous faites partie du célèbre régiment des Amazones. Comme guerrière, je suppose ?

— Absolument, répondit-elle, reconnaissante de son attention, je venais de parquer ma monture quand je vous ai vu entrer dans ce fameux box.

— Vous avez un bipède de combat ? Mais quelle classe êtes-vous ?

— Classe 3.

— Classe 3 ? Vous m’impressionnez. »

Elle eut un petit rire léger.

« Vous avez l’air surpris. Ne me dites pas que vous faites partie de ceux qui pensent qu’une femme n’a rien à faire sur un champ de bataille ?

— Non, loin de moi cette idée. J’ai souvent combattu auprès de femmes, je connais leur valeur.

— Ceci dit, je ne suis peut-être plus Classe 3 pour très longtemps. Je dois passer l’Épreuve Méta d’ici quelques jours.

— Méta ! s’écria Tancrède, stupéfait. Par tous les diables, je crois bien que vous êtes la première femme Méta que je rencontre ! »

Même si Clorinde n’aimait pas trop que l’on jure, le plaisir d’avoir impressionné un guerrier aussi fameux que Tancrède de Tarente l’emporta.

« Attendez, je ne le suis pas encore. Vous êtes bien placé pour savoir que l’Épreuve n’est pas une simple formalité.

— Pour vous, je suis sûr que si ! »

Ce n’était pas de la flagornerie, il le pensait vraiment, elle était si splendide, si fière, si altière qu’elle ne pouvait échouer.

« Me permettrez-vous de venir vous soutenir ? demanda-t-il.

— Je ne sais pas… fit-elle, feignant d’hésiter. Je crois que oui.

— Alors, vous pouvez compter sur moi », répondit un Tancrède, conquis.

31 août 2205 TR

Le séjour de Liétaud à l’hôpital s’acheva le dernier jour du mois d’août.

Engilbert l’attendait dans le grand hall du Central-Charité, assis bien droit dans l’un des sièges alignés par dizaines dans ce vaste espace. Voyant son frère sortir d’un ascenseur en boitillant, il se porta à sa rencontre.

« C’est gentil d’être venu me chercher, lui dit Liétaud. Il ne fallait pas te donner cette peine, j’aurais pu rejoindre l’unité tout seul.

— Je sais, mais ça me fait plaisir. »

À tout hasard, Liétaud chercha Tancrède des yeux, mais il savait qu’il ne viendrait pas puisque ce matin avait lieu l’épreuve Méta de sa nouvelle – et mystérieuse – amie. Bien qu’il lui ait vaguement parlé de cette Clorinde lors de ses dernières visites, il s’était montré très évasif et Liétaud avait eu beau essayer de lui tirer les vers du nez, il avait refusé d’en dire plus. Néanmoins, ce qui n’avait pas échappé au jeune Flamand, c’était l’état inhabituel dans lequel cette rencontre avait mis Tancrède : il était sur un petit nuage. Il ne l’avait jamais vu comme ça. Cela ne manquait d’ailleurs pas de l’amuser de voir ce redoutable soldat, terreur des champs de bataille, tomber amoureux comme le premier adolescent venu. Cela l’amusait, mais lui faisait mal aussi au souvenir de sa relation avec Viviane. Il songea alors que c’était peut-être la raison pour laquelle Tancrède n’avait pas voulu s’étendre sur le sujet.

Ils sortirent par le portail principal et Liétaud dut s’appuyer sur son frère pour descendre le grand escalier. Les fibres musculaires toutes neuves que les nanochirs avaient développées dans ses chairs pendant des jours et des jours ne lui faisaient pas vraiment mal, il trouvait plutôt que ça le tirait, comme un vêtement neuf encore un peu raide.

« Alors, tu dois être soulagé de sortir enfin de l’hôpital ? lui dit Engilbert.

— C’est peu de le dire ! s’écria Liétaud. L’enfermement m’était devenu insupportable. Je vais enfin pouvoir revenir aux entraînements. Il ne manquerait plus que j’arrive sur cette planète sans être en condition physique.

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