Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
« Vers Akya… Par tous les diables, avec qui communiquent-ils, puisque tout le monde est mort là-bas ?
— Visiblement, répondit Pascal en s’allumant une nouvelle cigarette, quelqu’un ne l’est pas.
— Ne tirons pas de conclusion hâtive tant que nous n’avons pas davantage d’éléments, intervins-je. J’en parlerai à Tancrède pour avoir son avis. Avec son expérience militaire, peut-être trouvera-t-il une explication à laquelle nous ne pensons pas. »
Les visages de mes compagnons se rembrunirent aussitôt. Manifestement, ils peinaient toujours à considérer Tancrède comme un véritable allié, malgré les risques qu’il avait déjà pris pour nous.
« Est-ce bien prudent de tenir ce gars au courant de tout ce que nous savons ? » lâcha Pascal en soufflant une bouffée de fumée.
Merci de ton soutien, lui répondis-je en mon for intérieur.
À voix haute, je me contentai de dire, en essayant d’être convaincant : « Oui. J’ai vraiment confiance en lui, c’est quelqu’un de bien, je vous assure. Sanche et Colin l’ont rencontré aussi, ils savent que ce type est réglo. »
Colin opina du chef, mais Sanche garda le silence, réticent à soutenir ouvertement un engagé volontaire. Les préjugés étaient aussi répandus chez les inermes que partout ailleurs.
« Il y a à peine deux mois que tu le connais ! insista Pascal, toujours sceptique.
— Et alors ? Ça ne fait pas nécessairement de lui un traître. »
Je sentis que le temps était venu de faire une petite mise au point.
« De toute manière, je ne vois pas en quoi lui demander son avis sur ce sujet mettrait en péril le Réseau. Si vous voulez que j’arrête de le voir, dites-le-moi et je m’inclinerai. Néanmoins, je vous préviens qu’en ce cas je cesserai également de m’impliquer dans la résistance comme je l’ai fait jusqu’à présent. Cela n’aurait plus de sens pour moi si vous pensiez que je ne sais pas placer ma confiance. »
Ma voix n’avait pas tremblé, et j’avais parlé d’un ton neutre. Cependant, je venais de jouer gros. Si le groupe me désavouait sur cette question, je serais forcé de laisser tomber le Métatron Hérétique et toutes mes activités au sein du Réseau pour redevenir simple pupitreur au Diamant. Ils insisteraient certainement pour que je reste, même sans voir Tancrède, mais après ce coup de bluff, ce serait ridicule de ma part. Par contre, s’ils approuvaient, ma position de leader s’en trouverait consolidée encore un peu plus, faisant de moi leur chef une bonne fois pour toutes.
Un silence embarrassé suivit mes paroles, chacun préférant laisser à quelqu’un d’autre le soin de répondre à ma tirade. Pascal, comprenant parfaitement le coup que je venais de jouer, me fusilla du regard, puis haussa les épaules en écrasant sa cigarette à peine entamée.
« Bien sûr que nous avons confiance en ton jugement, dit Sanche qui, étant l’aîné, se sentit obligé de parler pour les autres. Avec les brimades que nous subissons tous à bord, il est compréhensible que nous ayons du mal à accepter l’idée qu’un militaire puisse collaborer avec nous. Mais si tu penses que nous devons lui faire confiance, alors je te suis. »
Il avait dû exprimer l’opinion générale, car le reste du groupe acquiesça et l’incident fut clos, même pour Pascal qui accepta lui aussi de me laisser faire à ma manière.
Pour d’évidentes raisons de sécurité, la réunion ne devait pas durer trop longtemps, aussi nous décidâmes de remettre à plus tard les autres sujets à traiter et de nous séparer.
En partant, je pris Clotilde à part pour lui dire :
« Beau travail pour les communications tachy. Mais attention à ne pas abuser du hack pour les zones interdites. Si jamais ils t’attrapaient, ce serait une perte terrible pour le Réseau, personne n’a ton talent pour pirater. »
Elle m’adressa un regard en coin.
« Je te remercie de ta sollicitude, dit-elle en souriant. Mais j’espère que je ne manquerai pas qu’au Réseau… »
Pris au dépourvu, je ne trouvai rien à répondre. Je la laissai s’éloigner sans rien ajouter. Soudain, je reçus une tape dans le dos. C’était Pascal qui m’avait rattrapé. Il regarda Clotilde quitter la zone, un air entendu sur le visage.
« Dis donc, dit-il, faussement en colère, ça ne te suffit pas de faire un putsch dans le groupe, il faut en plus que tu dragues la seule nana ! »
Soulagé de constater qu’il ne me tenait pas rigueur pour la petite passe d’armes qui nous avait opposés, je fus également étonné qu’il ait pu interpréter mon comportement avec Clotilde comme de la drague. Franchement, je n’y avais même pas pensé. Enfin, pas vraiment…
Lorsque Tancrède entra dans sa chambre, Liétaud tuait le temps en regardant une série documentaire sur l’Intra, quelque chose qui traitait d’une des nombreuses espèces animales qui vivaient, paraît-il, à l’état sauvage avant la Guerre d’Une Heure et la Grande Extinction qui avait suivi.
« Ah, Tancrède, mon ami ! s’exclama-t-il dès qu’il le vit, coupant aussitôt le son de sa plaque.
— Liétaud, mon frère d’armes, comment te sens-tu aujourd’hui ? »
Le Flamand porta les mains à sa longue chevelure rousse, faisant mine de se l’arracher.
« Comment je me sens ? Je me sens bouillir littéralement, les jambes me démangent, voilà comment je me sens ! Si je ne me retenais pas, je sauterais par cette fenêtre et m’enfuirais de ce damné hôpital. Je ne peux plus supporter cette chambre minuscule ! »
Ayant ôté sa veste pour être plus à l’aise, Tancrède la suspendit à la patère derrière la porte.
« Allons, dit-il en se retournant, tu n’en as plus pour très longtemps. Quelques jours, tout au plus.
— Peu m’importe. C’est trop long ! Je meurs d’ennui !
— Console-toi en pensant à la petite fortune que cela t’aurait coûtée sur Terre, ici les hospitaliers sont payés par l’armée ! Par ailleurs, les effets de la reconstruction cellulaire accélérée sont en général bénéfiques. Tu te sentiras plus performant après cet accident qu’avant. Peut-être qu’enfin tu ressembleras davantage à un vrai soldat qu’à une petite fille ! »
Liétaud éclata de rire.
« Dis donc, l’ancien, attends un peu que je sois rétabli et on verra ça ! »
Tancrède rit à son tour tandis qu’il s’asseyait sur l’unique chaise de la chambre.
« On m’a communiqué les résultats de l’enquête sur l’accident, dit-il en redevenant sérieux.
— Ah, je t’écoute.
— Ils ont conclu à une erreur dans le planning des entraînements : ce piège aurait dû être disposé pour la section suivante et non pas pour la nôtre.
— Ils n’ont rien trouvé de mieux ?
— Non.
— Et qu’en penses-tu ?
— La même chose que toi, ce n’est guère crédible.
— C’est le moins que l’on puisse dire. »
Liétaud scruta le visage de son ami, soupçonneux.
« Tu n’es pas venu juste pour me dire ça, n’est-ce pas ? Tu en sais davantage ? »
Tancrède sourit, se leva et alla se poster près de la fenêtre d’où l’on voyait les jardins du Central-Charité.
« Oui, je me suis débrouillé pour savoir quelle était l’unité juste après nous. C’était la 34 I/C.
— La 34 I/C, attends voir… dit Liétaud en se passant la main sur l’arrière du crâne comme il faisait toujours lorsqu’il réfléchissait. Ce ne serait pas celle de Van Nizan, par hasard ?