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La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr]

Электронная книга - «La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr]». Краткое содержание книги:

Pendant plus de sept cent mille ans, le Peuple avait vécu dans une caverne profonde, un Nid. Au dehors, la Terre avait été bombardée tout ce temps par une pluie de comètes et d’astéroïdes : un phénomène qui se reproduit sur Terre tous les vingt-six millions d’années et qui est responsable de l’extermination en masse d’espèces, comme jadis les dinosaures.
Mais le Peuple avait survécu, grâce à la prévoyance de ceux qui l’avaient précédé : les vrais humains. Et cela avait été un choc pour Hresh, l’enfant curieux devenu homme-mémoire et chef de sa tribu, de découvrir que le Peuple n’était pas humain, tout au plus les descendants améliorés de singes disparus. Mais le Peuple représentait désormais l’humanité sur Terre et il lui fallait redécouvrir l’héritage que les grandes races avaient laissé, et trouver sa propre voie. A peine l’avait-il entrepris qu’il se heurtait à l’expansionnisme d’une autre espèce qui avait, elle aussi, franchi le Long Hiver, les hijks, une espèce intelligente, constituée sur le mode de la fourmilière, et qui proposait à tous les peuples l’adoration de sa reine, la Reine du Printemps.
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Il était donc en fin de compte incapable de se laisser obligeamment massacrer. À son heure dernière, Zechtior Lukin découvrait un aspect de son âme qu’il ne se serait jamais attendu à trouver.

Faux Consentant ! Hypocrite !

Il était au moins capable de le reconnaître. Il réfléchit encore quelques instants, puis chassa ces pensées de son esprit. Il était somme toute tel que les dieux l’avaient créé, en bien ou en mal.

Une multitude de hjjk l’entouraient. Leurs yeux brillants scintillaient comme autant de lunes sombres. Avec un rugissement de fureur, il se mit en position de combat et attendit d’un pied ferme les insectes qui convergeaient vers lui.

Il frappa et frappa encore, en jetant toutes ses forces dans la bataille, jusqu’à ce qu’il ne soit plus capable de frapper.

8

L’Épée de Dawinno

— As-tu quelques instants à m’accorder, Hresh ? demanda Husathirn Mueri.

Le chroniqueur, qui s’apprêtait à pénétrer dans la Maison du Savoir, s’arrêta en haut des marches et lança un regard interrogateur au fils de Torlyri. Husathirn Mueri grimpa les marches deux par deux et arriva en quelques instants à la hauteur de Hresh.

— Es-tu au courant de ce qui se passe dans notre cité ? demanda-t-il à voix basse.

— En général ou en particulier ?

— Je vois que tu n’es pas au courant, dit Husathirn Mueri en esquissant un petit sourire. En ce moment même, ton frère est au stade et il fait faire l’exercice à notre armée.

Hresh écarquilla les yeux. Cela faisait à peine trois jours que le Praesidium avait ratifié la nouvelle alliance avec la Cité de Yissou. Taniane et Thu-kimnibol s’étaient vigoureusement prononcés en faveur de la signature et seuls les esprits les plus circonspects, comme Puit Kjai, avaient objecté que ce traité entraînerait tôt ou tard Dawinno dans la guerre. Sans doute assez tôt, s’était dit Hresh sur le moment. Mais la situation semblait évoluer encore plus rapidement qu’il ne l’avait imaginé.

— Nous n’avons pas d’armée, dit-il. Il n’y a que la garde municipale.

— Eh bien, si, nous avons une armée maintenant ! Thu-kimnibol et ses amis l’ont formée pendant la nuit. Ils l’ont appelée l’Épée de Dawinno. Ton frère répète à qui veut l’entendre que nous allons incessamment être en guerre avec les hjjk et que nous devons nous y préparer.

Husathirn Mueri émit un son rauque qui, Hresh ne le comprit qu’au bout de quelques instants, devait être un rire.

— Imagine un peu ! poursuivit le prince de justice. La moitié de la cité chante en ce moment dans les chapelles de Kundalimon les louanges de la Reine des insectes et l’autre moitié fait des manœuvres dans le stade et s’apprête à aller la tuer !

— Si la guerre doit éclater, dit lentement Hresh, il va de soi que nous devons être prêts à combattre. Mais pourquoi Thu-kimnibol croit-il que…

— L’alliance conclue avec Salaman nous engage à lui porter secours, si Yissou est attaquée.

— Je le sais bien. Mais il n’y a pas eu d’action hostile de la part des hjjk.

— Pas encore.

— Avons-nous des raisons de croire que cela va se produire ?

— J’ai des raisons de le croire, dit Husathirn Mueri en regardant au loin d’un air songeur.

— Salaman nous répète depuis des années que les hjjk préparent l’invasion de Yissou et je sais que le mur qu’il a élevé jusqu’à une hauteur invraisemblable écrase complètement sa cité. Mais les hjjk n’ont jamais lancé une seule attaque. Toutes les prétendues menaces des hjjk n’ont jamais existé que dans sa tête. Pourquoi les choses seraient-elles différentes maintenant ?

— Je crois qu’elles le sont, dit Husathirn Mueri.

— Parce que Salaman a repoussé les propositions de paix de la Reine et que nous n’y avons pas répondu ?

— C’est une des raisons, mais pas la plus importante, à mon avis. Je pense que certains d’entre nous préparent activement la guerre en incitant les hjjk à agir contre nous.

— Que me dis-tu là, Husathirn Mueri ?

— Je peux le répéter, si tu veux.

— C’est une accusation très grave que tu portes ! As-tu la preuve de ce que tu avances ?

Le regard du prince de justice se perdit de nouveau au loin.

— Oui, dit-il sans tourner la tête.

— Le Praesidium devrait en être informé.

— Une ou plusieurs personnes très proches de toi sont impliquées dans cette affaire, Hresh. Vraiment très proches.

— Tes insinuations pesantes sur des menées conspiratrices commencent à m’agacer, Husathirn Mueri. Parle-moi sans détour ou laisse-moi en paix !

La consternation se peignit sur le visage de Husathirn Mueri.

— Je suis peut-être allé un peu trop loin, dit-il de son ton le plus patelin. J’ai peut-être tiré des conclusions trop hâtives. J’hésite à impliquer, du moins pour le moment, des gens qui sont peut-être innocents. Mais, si tu le permets, je vais te présenter les choses d’une autre manière. J’ai la conviction que certaines grandes forces dans l’univers nous poussent vers la guerre. Un conflit est inévitable. Il peut arriver que certaines choses soient inévitables, comme le fut la chute des étoiles de mort. Est-ce que tu me comprends, Hresh ?

Il était exaspérant d’entendre ces pieuses considérations philosophiques dans la bouche d’un athée tel que Husathirn Mueri. Mais Hresh se rendit compte qu’il n’arriverait à tirer de lui rien d’explicite, ni même de cohérent. Husathirn Mueri était résolu à rester évasif et elliptique, et il aurait beau multiplier les questions, jamais il ne réussirait à percer ses défenses.

On était toujours tenté en discutant avec Husathirn Mueri de sonder son esprit à l’aide de la seconde vue pour découvrir le sens qui restait caché derrière ses paroles. Hresh résista à la tentation. Husathirn Mueri devait s’attendre à une telle intrusion et être prêt à contre-attaquer.

— Que les dieux nous protègent, reprit Hresh avec une pointe d’irritation dans la voix, mais, si les hjjk attaquent Yissou, nous serons obligés de prêter main-forte à Salaman. Tels sont les termes du traité d’alliance. Pour ce qui est de tes allusions à une conspiration, je les considérerai comme des racontars tant que je n’aurai aucune raison de penser différemment. Quoi qu’il en soit, pourquoi l’existence de l’armée de Thu-kimnibol te perturbe-t-elle autant ? Si une guerre doit éclater, ne devons-nous pas nous y préparer ?

— Tu ne saisis pas ce que je veux dire et pourtant les mots sont sortis de ta propre bouche. Il s’agit de l’armée de Thu-kimnibol. Si la guerre est imminente, et je crois que Thu-kimnibol a raison de le penser, la responsabilité de former une armée incombe au Praesidium. La mobilisation doit être officiellement décrétée. Cela ne peut être une entreprise patriotique servant les intérêts privés d’un prince, aussi puissant soit-il. Comprends-tu, Hresh ? Ou bien es-tu tellement aveuglé par l’affection que tu portes à ton demi-frère que tu as oublié de qui il est le fils ? Veux-tu un nouveau Harruel dans notre cité ? Réfléchis bien, Hresh.

Hresh eut l’impression de recevoir un coup de poignard.

En un instant, il se trouva ramené très loin en arrière, quand il n’était encore qu’un enfant. C’était le Jour de la Séparation. D’un côté était rassemblée la tribu de Koshmar et, en face, se tenaient ceux qui avaient choisi de suivre Harruel et de quitter Vengiboneeza. Parmi eux se trouvait Minbain, la mère de Hresh et la compagne de Harruel, mais le jeune chroniqueur avait décidé de rester. « J’ai encore beaucoup à faire ici », avait-il dit.

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