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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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Le lendemain, Ayla essaya d’allumer un feu avec le bois qui restait de son précédent séjour, mais elle n’eut pas la force suffisante pour provoquer une étincelle, et c’est précisément ce qui la sauva. Droog et Crug découvrirent le chemin qui menait à la prairie tandis que la mère et le fils dormaient, et s’ils avaient senti un feu ou même des cendres chaudes, ils les auraient surpris. Ils s’approchèrent si près de leur refuge qu’ils auraient entendu le nouveau-né s’il s’était mis à pleurer. Mais l’ouverture de la grotte était si bien dissimulée par le vieux buisson de noisetiers que ni l’un ni l’autre ne remarqua rien. Et la chance continua de sourire à Ayla. Les pluies printanières qui tombaient sans discontinuer avaient transformé les abords du ruisseau en un véritable marécage et effacé toute trace de passage d’un être humain. Les deux hommes possédaient une telle expérience de la chasse que non seulement ils étaient capables d’identifier les empreintes de tous les membres du clan, mais qu’ils auraient tout de suite repéré les pousses coupées ou les trous laissés par l’arrachage des racines si Ayla avait pu cueillir de quoi manger. Une fois encore, ce fut sa faiblesse qui la sauva.

Lorsqu’un peu plus tard, elle s’aventura dehors, elle eut un haut-le-cœur en découvrant les traces des deux hommes qui s’étaient arrêtés pour boire au ruisseau. Après cette découverte, elle n’osa plus sortir de la grotte, et elle tressaillait à chaque fois qu’un coup de vent agitait les branches des noisetiers.

Les provisions qu’elle avait apportées tiraient à leur fin. En fouillant dans le panier qu’elle avait laissé dans la grotte la fois précédente, elle ne récolta que quelques noisettes sèches ou gâtées, ainsi que les crottes des petits rongeurs qui ne s’étaient pas privés de puiser à satiété dans ses réserves. Elle se souvint alors qu’elle avait caché de la viande de daim séchée au fond de la caverne. Soulevant les pierres, elle s’aperçut avec joie que rien n’avait été touché et que la viande était en bon état, mais sa joie fut brutalement interrompue.

Un bruissement la fit se retourner et elle vit, le cœur battant, les branchages bouger.

— Uba ! s’écria-t-elle en voyant la petite fille se faufiler dans la caverne. Comment as-tu fait pour me trouver ?

— Je t’ai suivie quand tu es partie. Je craignais qu’il t’arrive quelque chose. Tiens, je t’ai apporté de quoi manger et une infusion pour faire monter le lait. C’est maman qui l’a préparée.

— Est-ce qu’Iza sait où je suis ?

— Non, mais elle sait que je le sais. Je crois qu’elle ne tient pas à le savoir directement, autrement elle serait obligée de le dire à Brun. Oh, Ayla, Brun est furieux contre toi. Les hommes te cherchent.

— Je sais, j’ai vu leurs empreintes, mais ils n’ont pas trouvé la grotte.

— Broud ne cesse de se vanter d’avoir toujours su que tu étais une rebelle. Je n’ai presque pas vu Creb depuis ton départ, il passe son temps là où il y a les esprits, et maman est très malheureuse. Elle te fait dire de ne pas revenir.

— Si elle ne t’a pas parlé de moi, comment a-t-elle pu te transmettre le message ? demanda Ayla.

— Elle a préparé plus de nourriture que nécessaire hier au soir et ce matin aussi, mais pas trop quand même de peur que Creb ne se doute que c’était pour toi. Après, elle a préparé l’infusion en se lamentant et en se parlant à elle-même.

Elle me regardait droit dans les yeux en répétant : « Ah, si quelqu’un pouvait dire à Ayla de ne pas revenir ! Ma pauvre enfant, ma pauvre fille, elle n’a rien à manger, elle est si faible. Elle a besoin de lait pour nourrir son bébé... »

« Ensuite elle est partie en laissant cette outre pleine et toute la nourriture enveloppée.

« Elle m’a certainement vue quand je suis partie derrière toi, poursuivit Uba. J’ai été étonnée qu’elle ne me crie pas après en me voyant rentrer si tard. Brun et Creb lui en veulent beaucoup de ne pas leur avoir dit ton intention de fuir. S’ils savaient qu’elle pouvait découvrir ta cachette en me suivant ou en m’obligeant à lui en parler, ils la puniraient très sévèrement. Mais ni elle ni personne ne m’a rien demandé. On ne fait jamais beaucoup attention aux enfants, surtout les filles. Ayla, je sais que je devrais dire à Creb où tu es, mais je ne veux pas que Brun te maudisse. Je ne veux pas que tu meures.

Ayla sentit son cœur battre à grands coups qui résonnaient jusqu’à ses tympans. Qu’avait-elle fait là ? Elle n’avait pas bien mesuré son état de faiblesse et la difficulté qu’elle aurait à survivre avec un bébé dans des conditions aussi dures. Elle avait projeté de revenir le jour de la Cérémonie du Nom. Que vais-je faire, maintenant ? Elle serra son enfant contre elle, le visage torturé d’inquiétude.

Elle n’avait pas eu le choix, pensa-t-elle encore. Comment aurait-elle pu consentir à éliminer son enfant ?

Uba regardait tendrement la jeune mère qui, perdue dans ses pensées, semblait avoir complètement oublié sa présence.

— Ayla, dit-elle timidement. Tu veux bien me le montrer ? Je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir.

— Mais bien sûr, Uba, signifia la jeune femme, confuse d’avoir pendant un moment ignoré la petite fille qui venait de faire un si long chemin pour lui transmettre le message d’Iza, et qui risquait d’encourir un grave châtiment si l’on venait à s’apercevoir qu’elle connaissait la cachette. Tu veux le prendre dans tes bras ?

— Oh oui, si tu le permets.

Ayla lui déposa le bébé sur les genoux, et Uba commença à le démailloter, non sans en avoir demandé d’un geste la permission à Ayla, qui acquiesça avec un faible sourire.

Uba regarda tour à tour Ayla et le bébé, et Ayla de nouveau.

— Il n’est pas estropié comme Creb, dit-elle. Il est un peu maigre, mais c’est seulement sa tête qui est différente, presque comme la tienne. Après tout, toi, tu ne ressembles à personne du clan.

— Iza m’a adoptée quand j’étais petite. Elle dit que je suis née chez les Autres, mais je fais partie du clan maintenant, déclara Ayla fièrement avant de baisser la tête d’un air accablé. Mais plus pour longtemps, ajouta-t-elle.

— Tu ne regrettes jamais ta mère, pas Iza, ta vraie mère ? demanda Uba, curieuse.

— Iza est la seule mère que je me rappelle. Je ne me souviens de rien avant mon arrivée dans le clan, répondit Ayla qui pâlit soudain. Uba, où vais-je aller si je ne peux pas rentrer à la caverne ?

— Je ne sais pas, Ayla. Maman a dit que Brun perdrait la face si tu l’obligeais à accepter ton fils et c’est pour ça qu’il est tellement en colère. Il dit que quand une femme force un homme à faire quelque chose, cet homme n’est plus respecté par les autres hommes. Même s’il te maudit après, il perdra la face, parce que là encore tu l’auras forcé à faire une chose contre sa volonté. Je ne veux pas que tu t’en ailles, Ayla, mais si tu reviens, tu risques la mort.

La jeune femme contempla le visage bouleversé de la fillette sans s’apercevoir qu’elle-même était en larmes. Elles tombèrent dans les bras l’une de l’autre.

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