Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
— Il s’agit en fait de deux plantes, une mâle et une femelle. Elle a une longue tige qui s’élève d’un bouquet de feuilles proche du sol, et une grappe de petites fleurs près du sommet de la tige. Celles du plant mâle sont blanches. C’est la racine du plant femelle qui contient le produit actif, et ses fleurs sont plus petites et vertes.
— Elles poussent dans les forêts de pins ? demanda Ayla.
— Oui, mais en terrain très humide. C’est une plante qui aime l’eau.
— Tu n’aurais jamais dû aller si loin, ce jour-là, Iza. J’étais tellement inquiète... Oh, attends, j’ai une nouvelle contraction !
La guérisseuse considéra le visage émacié et douloureux de la jeune femme. Oui, l’accouchement serait long et difficile, se dit-elle.
— Il ne pleuvait pas quand je suis partie, reprit-elle, désireuse de distraire Ayla. Je pensais qu’il ferait beau. Mais que veux-tu, le temps est parfois imprévisible. Il y a une chose que je voulais te demander, Ayla. Tu m’as bien appliqué un cataplasme d’herbes comme celui que j’emploie pour les rhumatismes de Creb, n’est-ce pas ?
— Oui.
— Mais je ne t’ai jamais appris cela.
— Je sais. Tu toussais tellement et tu crachais le sang. Je cherchais à te donner quelque chose qui calme les spasmes et en même temps te fasse cracher plus facilement. Ces cataplasmes pour Creb font pénétrer la chaleur et ils stimulent le sang. J’ai pensé qu’ils rendraient plus fluides les mucosités, et qu’ainsi la toux serait moins pénible. Et ensuite, je t’ai donné une décoction calmante. Il semble que ça t’a fait du bien.
— Oui, c’était très efficace, acquiesça Iza qui se demanda si elle y aurait pensé elle-même.
Ayla était décidément une bonne guérisseuse, et son talent irait grandissant avec le temps et l’expérience. Elle est digne de ma lignée, pensa Iza. Il faut que j’en parle à Creb. Il se peut que je quitte ce monde plus tôt que je le prévoyais. Ayla est femme, maintenant, et elle est en mesure de me remplacer... si elle survit à son accouchement.
A la fin de l’après-midi, les contractions se firent plus fréquentes et Iza administra à Ayla une décoction analgésique pour la soulager. Étendue sur sa couche, le front en sueur, la jeune femme gémissait de douleur à chaque spasme, tandis qu’Iza, assistée d’Ebra, s’activait auprès d’elle.
Assis autour du feu dans le foyer de Brun, les hommes avaient interrompu leur conversation et fixaient le sol d’un air morne.
— Son bassin est trop étroit, Ebra, déclara Iza. L’enfant ne passera jamais.
— Ne penses-tu pas qu’il faudrait crever la poche des eaux ? Ça pourrait l’aider, proposa Ebra.
— J’y ai pensé, mais j’attendais le moment propice. Je vais le faire à la fin de cette contraction. Tu veux me passer le bâtonnet ?
Ayla se cambra violemment en saisissant la main des deux femmes et poussa un long cri déchirant.
— Ayla, je vais essayer de t’aider, signifia Iza après que la contraction fut passée. Tu me comprends ?
Ayla acquiesça sans un mot.
— Je vais crever la poche des eaux. Il faut que tu t’accroupisses, ça aidera le bébé à sortir. Tu vas y arriver ?
— Je vais essayer, murmura Ayla.
Iza inséra le bâtonnet, et les eaux surgirent, provoquant une nouvelle contraction.
— Lève-toi, maintenant, ordonna la guérisseuse.
Iza et Ebra soulevèrent la jeune femme et la soutinrent chacune par un bras tandis qu’elle essayait de s’accroupir sur la peau de bête.
— Vas-y, pousse maintenant, Ayla.
— Elle n’y arrive pas, dit Ebra. Elle n’a plus de force.
— Ayla, il faut que tu pousses plus fort, insista Iza.
— Je ne peux pas, répondit faiblement Ayla.
— Mais il le faut, Ayla ! Essaye, sans quoi ton bébé va mourir ! dit Iza, se gardant d’ajouter qu’elle aussi mourrait avec lui.
Faisant appel à des ressources d’énergie insoupçonnées, Ayla rassembla ses dernières forces, prit une grande inspiration et s’accrocha à la main d’Iza. Proche de l’évanouissement, le front emperlé de sueur sous l’effort, elle avait l’impression que tous ses os se brisaient.
— Vas-y, Ayla. Encore, encore, l’encourageait Iza. La tête commence à sortir, continue !
Prenant une autre inspiration, Ayla poussa de nouveau. Elle sentit sa peau et ses muscles se déchirer, mais elle continua à pousser de plus belle, jusqu’au moment où la tête du bébé émergea de l’étroit passage. Iza entreprit alors de le tirer délicatement. Le plus dur était fait.
— Encore un effort, Ayla, un dernier petit effort pour le délivrer. La jeune femme se tendit une fois encore avant de perdre connaissance.
Iza attacha un morceau de nerf teint à l’ocre rouge au cordon ombilical du nouveau-né avant de le couper avec les dents. Puis elle lui donna des petites tapes sur les pieds jusqu’à ce que sa faible plainte se transforme en un puissant vagissement. Il est vivant, pensa-t-elle avec soulagement. Mais au moment où elle s’apprêtait à le nettoyer, le cœur lui manqua. Toute cette souffrance pour en arriver là... Elle emmaillota l’enfant dans la peau de lapin déjà préparée pour lui, puis elle confectionna pour Ayla un cataplasme de racines mâchées. La jeune mère gémit en ouvrant les yeux.
— Mon bébé, Iza... C’est un garçon ou une fille ? demanda-t-elle.
— C’est un garçon, Ayla, répondit la guérisseuse. (Elle s’empressa d’ajouter, pour ne pas lui laisser de vains espoirs :) Mais il est anormal.
Le faible sourire d’Ayla se mua en une grimace horrifiée.
— Non ! Ce n’est pas possible ! Montre-le-moi !
— C’est ce que je redoutais, dit Iza en lui apportant l’enfant. C’est hélas fréquent quand une femme a une grossesse difficile. Je suis navrée, Ayla.
La jeune femme écarta la peau de lapin et regarda son fils. Il avait les bras et les jambes plus grêles que ceux d’Uba à sa naissance, plus longs également, mais pourvus du nombre exact de doigts aux pieds et aux mains. Son minuscule pénis ne laissait aucun doute sur son sexe. Son crâne était quelque peu déformé par les épreuves de son entrée dans le monde, mais ce n’était pas le plus grave : Iza savait qu’il reprendrait une forme acceptable d’ici peu. C’étaient plutôt la conformation générale de sa tête, sa grosseur anormale, sans parler du petit cou maigre trop fragile pour supporter ce poids énorme, qui paraissaient bizarres.
A l’image des individus composant le Peuple du Clan, le nouveau-né avait des arcades sourcilières proéminentes mais, au lieu de s’interrompre brusquement, son front décrivait un renflement ressemblant à une bosse au-dessus des sourcils. Son crâne, de forme arrondie, n’avait pas la longueur voulue, et au lieu de se prolonger en une forme oblongue, il s’arrêtait net au niveau de la nuque bien arquée. Ses traits étaient le plus surprenant : de grands yeux ronds, un nez beaucoup plus petit que la normale, une grande bouche mais des mâchoires étroites comparées à celles du clan, et sous la bouche, une espèce de protubérance osseuse qui le défigurait irrémédiablement. Quand Iza avait pris le bébé dans ses bras, en voyant sa tête ballotter, elle avait sérieusement douté qu’il pût un jour parvenir à la tenir droite.
Blotti contre sa mère, le bébé cherchait déjà à téter, et Ayla l’aida à trouver son sein.
— Tu ne devrais pas, Ayla, lui dit Iza avec douceur. Ne lui donne pas de forces, car on va bientôt te t’enlever, et tu auras encore plus de peine à te séparer de lui.
— Me séparer de lui ? s’écria Ayla, interloquée. Mais c’est mon bébé ! Mon fils !