Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– J’espère que non, répondit Starbuck, c’est une assez misérable potion.
– Oui, oui, garçon, s’écria Stubb, nous allons vous apprendre à droguer un harponneur, pas de vos remèdes par-là, vous cherchez à nous empoisonner, n’est-ce pas? Vous avez contracté sur nous des assurances sur la vie et vous voulez tous nous faire passer de vie à trépas pour empocher les bénéfices, n’est-ce pas?
– Ce n’est pas moi, répondit Pâte-Molle, c’est tante Charité qui a apporté le gingembre à bord en me priant de ne jamais donner d’alcool aux harponneurs mais seulement cette gingembrade, comme elle l’appelle.
– Gingembrade! gingembrée canaille! emportez ça! et volez à vos placards pour y trouver quelque chose de mieux. J’espère n’avoir pas tort, monsieur Starbuck. Ce sont les ordres du capitaine: un grog pour le harponneur qui est sur la baleine.
– Ça va, seulement ne le frappez plus, mais…
– Oh! je ne fais jamais de mal quand je frappe, sauf quand c’est une baleine ou quelque chose du même genre, et ce gars est une belette. Qu’allez-vous dire, sir?
– Seulement ceci: descends avec lui et cherche toi-même ce que tu veux.
Lorsque Stubb réapparut, il avait un flacon sombre dans une main et une sorte de boîte à thé dans l’autre. Le flacon contenait de l’alcool et fut tendu à Queequeg, l’autre, le cadeau de tante Charité, fut généreusement offert à la mer.
CHAPITRE LXXIII Stubb et Flask tuent une baleine franche et en discutent
Pendant tout ce temps, il convient de s’en souvenir, une prodigieuse tête de cachalot était suspendue au flanc du Péquod. Laissons-la où elle est en attendant d’avoir l’occasion de nous en occuper. Nous avons pour le moment d’autres besognes urgentes et ce que nous pouvons faire de mieux, au sujet de cette tête, c’est de prier le ciel que les caliornes tiennent bon.
Au cours de la nuit et de la matinée, le Péquod avait progressivement dérivé dans des eaux jaunes de krill qui témoignaient de la présence inusitée de baleines franches, espèce de léviathans dont bien peu eussent soupçonné qu’ils fréquentassent ces parages en pareille saison. Et bien que les équipages dédaignent habituellement de livrer la chasse à des créatures aussi viles, et bien que le Péquod n’ait nullement été armé dans le but d’en pêcher, et bien qu’il en ait déjà rencontré un grand nombre près des Crozets sans mettre à la mer, maintenant surtout qu’un cachalot avait été pris et déjointé, on reçut, avec une surprise unanime, l’ordre de prendre ce jour-là une baleine franche, si l’occasion s’en présentait.
Il n’y eut pas longtemps à attendre. Sous le vent, s’élevèrent de hauts souffles et les baleinières de Stubb et de Flask furent envoyées en chasse. S’éloignant toujours davantage, elles furent bientôt hors de vue des hommes en vigie, mais ceux-ci aperçurent soudain au loin un grand remous d’eau blanche et annoncèrent peu après qu’une pirogue, sinon les deux, était tirée par le gibier. Un certain laps de temps s’écoula, puis on vit nettement deux pirogues remorquées droit sur le navire par la baleine. Le monstre approcha la quille de si près qu’on eût pu lui croire des intentions malignes lorsque soudain, à quelque trois perches des bordages, il sonda dans un maëlstrom et disparut comme s’il avait passé sous le navire.
– Coupez! coupez! cria-t-on du navire aux baleinières qui semblèrent un instant sur le point de s’écraser contre la coque du Péquod. Mais ayant encore bien des brasses de ligne dans la baille, la baleine ne sondant pas très rapidement, les hommes lui filèrent d’abondance la ligne et, nageant à toc d’avirons, cherchèrent à gagner l’avant du navire. Pendant un moment la lutte fut très critique car les hommes laissaient filer la ligne dans un sens et nageaient dans l’autre. Cette traction contraire menaçait de les envoyer par le fond. Mais ils ne cherchaient à gagner que quelques pieds et ils tinrent bon jusqu’à ce qu’ils y fussent parvenus; aussitôt une trépidation courut comme l’éclair le long de la quille, tandis que la ligne tendue à l’extrême raclait le dessous du navire pour surgir à l’avant, claquante et frémissante, secouant si vivement l’eau dont elle ruisselait, que les gouttes retombèrent comme des éclats de verre, tandis que la baleine réapparaissait elle aussi et que les pirogues étaient une fois de plus libres de s’envoler. Mais la baleine, à bout de forces, ralentit et changeant à l’aveugle de direction, revint sur l’arrière du navire, entraînant à sa suite les deux pirogues de sorte qu’elles avaient accompli un circuit fermé.
Cependant les hommes avaient embraqué leurs lignes toujours davantage, jusqu’à flanquer le gibier de chaque côté, la lance de Stubb répondant à celle de Flask. Ainsi la bataille se déroulait en rond autour du Péquod tandis que les requins qui pullulaient auparavant autour du corps du cachalot se ruaient vers le sang fraîchement versé, buvant avidement à chaque nouvelle blessure, comme les Israélites altérés aux fontaines jaillies du rocher sous le bâton du patriarche.
Enfin le souffle s’épaissit, avec une convulsion et un vomissement effrayants, la baleine roula sur le dos, morte.
Tandis que les deux chefs de pirogue capelaient solidement la queue et préparaient le remorquage de cette masse, une conversation s’engagea entre eux.
– Je me demande bien où le vieux veut en venir avec ce monceau de lard infect, dit Stubb dégoûté d’avoir affaire à un léviathan aussi ignoble.
– Où il veut en venir? dit Flask tout en lovant un surplus de ligne à l’avant de la pirogue, n’avez-vous jamais entendu dire qu’un navire qui a en même temps une tête de cachalot à tribord et une tête de baleine franche à bâbord, n’avez-vous jamais entendu dire, Stubb qu’il ne peut plus jamais chavirer?
– Pourquoi pas?
– Je n’en sais rien, mais j’ai entendu ce fantôme de gomme-gutte de Fedallah le dire et il a l’air très au fait en matière de sortilèges marins. Mais je me dis parfois qu’il attirera finalement le mauvais sort sur le navire. Je n’aime qu’à moitié ce gars-là, Stubb. Avez-vous remarqué que ce croc dépassant de ses lèvres est comme qui dirait sculpté en tête de serpent, Stubb?
– Qu’il coule bas! Je ne le regarde jamais, mais si une nuit sombre me fournit l’occasion de le trouver se tenant tout près de la rambarde et qu’il n’y ait personne alentour… regardez bien, Flask… et il désigna la mer en faisant des deux mains un geste singulier. Oui, je le ferais! Flask, pour moi ce Fedallah est le diable déguisé. Croyez-vous cette histoire à dormir debout comme quoi il aurait embarqué clandestinement? C’est le diable, je vous dis. La raison pour laquelle vous ne lui voyez pas la queue c’est qu’il la relève pour la cacher, je suppose qu’il la porte enroulée dans sa poche. Maudit soit-il! Maintenant que j’y pense, il lui faut toujours de l’étoupe pour mettre dans le bout de ses bottes.
– Et il dort sans les enlever, n’est-ce pas? Et il n’a pas de hamac, mais je l’ai plus d’une fois vu la nuit couché sur une glène de cordage.