Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
— Kivrin a-t-elle participé au dégagement de la tombe du chevalier ?
— Kivrin ?
L’infirmière fit claquer le battant derrière elle.
— Monsieur Dunworthy, vous ne devez pas rester ici…
— Avant de partir, le dimanche, vous lui avez laissé des instructions. Lesquelles ?
— Vous risquez de…
Mary entra, en enfilant des gants de chirurgien.
— Il ne faut pas venir ici sans T.P., James, lui reprocha-t-elle.
— C’est ce que je ne cesse de lui répéter, docteur Ahrens, fit l’infirmière. Mais il…
— Lui avez-vous demandé de travailler sur la tombe du chevalier ?
Badri hocha la tête, un mouvement imperceptible.
— Alors, elle a été exposée au virus, conclut Dunworthy. Le dimanche, quatre jours avant son départ.
— Oh, non ! murmura Mary.
— Qu’y a-t-il ? Que s’est-il passé ? voulut savoir le tech en essayant de se lever. Où est Kivrin ?
Il les regarda tour à tour.
— Vous l’avez ramenée, n’est-ce pas ? Dès que vous avez su ce qui venait de se produire, j’espère ?
— Ce qui venait de se produire ? répéta Mary.
— Vous ne l’avez pas laissée là-bas, au moins ? Elle n’est pas en 1320 mais en 1348.
25
— C’est impossible, murmura Dunworthy.
— 1348 ? répéta Mary, incrédule. Mais… c’est l’année de la peste noire !
Non, elle ne peut pas être en 1348, pensa-t-il. Selon Andrews, le décalage maximum est de cinq ans et Badri a déclaré que les calculs de Puhalski étaient exacts.
— 1348, fit encore Mary.
Il la vit lorgner les moniteurs, peut-être dans l’espoir d’y trouver la confirmation que Badri avait sombré dans la folie.
— En êtes-vous certain ?
Il hocha la tête.
— J’ai su que quelque chose clochait dès que j’ai constaté le décalage…
— Il n’a pas pu être important à ce point, intervint Dunworthy. Andrews a contrôlé les paramètres et affirmé qu’il ne pouvait dépasser cinq ans.
— Il était au contraire insignifiant. Seulement quatre heures, alors que le minimum est de deux jours lorsqu’on remonte aussi loin dans le passé.
Dunworthy n’avait pas songé à interroger l’autre tech à ce sujet.
— J’ignore ce qui s’est produit, ajoutait Badri. J’avais d’épouvantables migraines, pendant que je réglais le transmetteur.
— Le virus, commenta Mary. Avec la désorientation, ce sont les premiers symptômes.
Elle s’affala sur la chaise et répéta :
— 1348.
Il ne pouvait le croire. Il avait envisagé les pires possibilités, mais pas que Kivrin fût en 1348. L’année où la peste avait décimé Oxford. Pour Noël.
— C’est le peu d’importance du décalage qui m’a mis la puce à l’oreille. J’ai demandé les coordonnées…
— Vous m’avez dit que vous aviez vérifié les calculs de Puhalski, l’accusa Dunworthy.
— Parce que cet homme n’avait encore procédé à aucun transfert et que Gilchrist est une nullité. Elle n’était plus au point de rendez-vous ? Pourquoi ne l’avez-vous pas ramenée ?
— Parce que nous ignorions ce qui s’était passé, dit Mary. Vous ne nous avez fourni aucune explication. Vous déliriez.
— La peste a tué cinquante millions de gens, fit Dunworthy. La moitié des Européens.
— James ! gronda Mary.
— J’ai essayé de vous en informer, affirma Badri. Je suis allé vous retrouver pour vous dire de la récupérer avant qu’elle ne s’éloigne.
Il s’était précipité vers le pub sans seulement s’accorder le temps de prendre sa veste, malgré une pluie diluvienne. Il s’était frayé un chemin au sein de la foule des gens sortis acheter des cadeaux, bousculant sacs et parapluies, comme s’ils n’existaient pas. À son arrivée, trempé et transi, il grelottait de fièvre. Ce n’est pas normal.
J’ai essayé de vous en informer. C’était exact. « Elle a tué la moitié des Européens », avait-il dit. « C’est les rats », et « Quelle est l’année ? » Oui, il avait tenté de le leur dire.
— Alors, il y a nécessairement eu une erreur de coordonnées, dit Dunworthy en se penchant vers le malade.
Badri se tassa contre son oreiller, tel un animal aux abois.
— Or, vous avez dit qu’elles étaient correctes.
— James ! le mit en garde Mary.
— Tout problème d’une autre nature aurait automatiquement entraîné l’annulation du transfert. N’avez-vous pas refait les calculs sans trouver la moindre erreur ?
— Si, mais j’étais malgré tout inquiet. Je craignais qu’un détail m’ait échappé. C’est pourquoi j’ai saisi à nouveau toutes les données le matin du transfert.
Le matin du transfert. Alors qu’il souffrait d’épouvantables migraines, qu’il était fiévreux et désorienté. Dunworthy le revit entrer des instructions sur la console, regarder les moniteurs en fronçant les sourcils. Je l’ai vu, pensa-t-il. Je l’ai vu envoyer Kivrin affronter la peste noire.
— Je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai dû…
— L’épidémie a exterminé des villages entiers, rappela Dunworthy. Les morts étaient si nombreux qu’il ne restait personne pour les enterrer.
— Fichez-lui la paix, intervint Mary. Ce n’est pas sa faute. Il était malade.
— Kivrin a été exposée à ce virus, elle aussi. Et elle se retrouve en 1348.
— James !
Mais il ne l’entendit pas. Il avait ouvert la porte et était déjà sorti dans le couloir.
Colin se balançait sur une chaise, qu’il essayait de faire tenir en équilibre sur ses deux pieds postérieurs.
— Vous voilà, dit-il.
Dunworthy passa devant lui, sans ralentir le pas.
— Où allez-vous ? Grand-tante Mary m’a dit de ne pas vous lâcher tant que vous n’auriez pas reçu votre renforcement de cellules T. Et pourquoi n’avez-vous pas de T.P. ?
Il alla pour se lever et la chaise bascula. Pendant qu’elle tombait avec fracas, il plongea latéralement, amortit la chute avec ses paumes et se redressa d’un bond.
Dunworthy poussait déjà les portes du service.
Colin les franchit en dérapant.
— Elle m’a interdit de vous laisser partir.
— Je n’ai pas le temps. Elle est en 1348.
— Grand-tante Mary ?
Dunworthy repartit.
— Kivrin ? comprit Colin en piquant un sprint pour le rattraper. C’est impossible. C’est bien l’année de la peste noire, non ?
Dunworthy s’engouffra dans l’escalier et dévala les marches.
— Quelque chose m’échappe. Comment peut-elle se retrouver en 1348 ?
Dunworthy poussa les portes du rez-de-chaussée et se dirigea vers la cabine téléphonique du couloir. Il fouillait ses poches, pour trouver l’agenda que Colin lui avait offert.
— De quelle manière allez-vous la tirer de là ? demandait ce dernier. Le laboratoire est fermé.
Dunworthy sortit le calepin et le feuilleta.
— M. Gilchrist ne vous laissera pas entrer. Comment comptez-vous accéder au transmetteur ?
Le numéro d’Andrews était inscrit à la dernière page. Il décrocha le combiné.
— Et qui va utiliser cet appareil ? M. Chaudhuri ?
— Andrews.
— Je croyais qu’il avait les foies ?
— Je ne vais pas abandonner Kivrin, grommela Dunworthy qui avait terminé de composer l’indicatif.
Une femme répondit :
— 24837, j’écoute. H.F. Shepherds’ S.A.
Il baissa les yeux sur son calepin.
— J’essaie de joindre Ronald Andrews. Quel est votre numéro ?