Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Ramsay Snow, riposta Wylla Manderly.
— Qu’il en soit comme il vous plaira. Sous quelque nom que vous voudrez, il sera bientôt marié à Arya Stark. Si vous devez être fidèle à votre promesse, donnez-lui votre allégeance, car il sera votre prochain sire de Winterfell.
— Il ne sera jamais le mien ! Il a obligé lady Corbois à l’épouser, puis l’a enfermée dans un cachot et l’a forcée à se dévorer les doigts. »
Un murmure d’assentiment courut à travers la cour du Triton. « La pucelle dit juste », déclara un homme massif en blanc et pourpre dont la cape était fermée par une paire de clés de bronze entrecroisées. « Roose Bolton est froid et rusé, certes, mais l’on peut traiter avec Roose. Nous avons tous connu pire. Mais son bâtard de fils… On le dit fou, et cruel. Un monstre.
— On le dit ? » Rhaegar Frey portait une barbe soyeuse et un sourire sardonique. « Ses ennemis disent cela, assurément… Mais c’était le Jeune Loup, le monstre. Plus fauve qu’humain, celui-là, bouffi d’orgueil et altéré de sang. Et dénué de loyauté, comme le seigneur mon grand-père l’a appris pour son chagrin. » Il écarta les mains. « Je ne blâme pas Blancport de l’avoir soutenu. Mon grand-père a commis la même grave erreur. Dans toutes les batailles du Jeune Loup, Blancport et les Jumeaux combattaient côte à côte sous ses bannières. Robb Stark nous a tous trahis. Il a abandonné le Nord aux cruelles volontés des Fer-nés afin de se tailler un plus avenant royaume au long du Trident. Puis il a abandonné les seigneurs du fleuve qui avaient risqué pour lui tant et plus, et, rompant son pacte de mariage avec mon grand-père, il a épousé la première gueuse ouestrienne qui lui a attiré l’œil. Le Jeune Loup ? C’était un ignoble chien, et il a péri comme tel. »
La cour du Triton s’était tue. Davos sentit l’atmosphère se glacer. Lord Wyman contemplait Rhaegar devant lui comme s’il s’agissait d’un cafard qui ne méritait qu’un talon sans pitié… Et alors, abruptement, il branla lourdement du chef, faisant ballotter tous ses mentons. « Un chien, certes. Il ne nous a rapporté que le chagrin et la mort. Un ignoble chien, assurément. Poursuivez. »
Rhaegar Frey reprit. « Le chagrin et la mort, certes… Et ce seigneur oignon vous en apportera encore, avec ses discours de vengeance. Ouvrez les yeux, comme l’a fait le seigneur mon grand-père. La Guerre des Cinq Rois est pratiquement conclue. Tommen est notre roi, notre seul roi. Nous devons l’aider à panser les blessures de ce triste conflit. Comme fils légitime de Robert, héritier du cerf et du lion, le Trône de Fer lui revient de droit.
— Sages paroles, et véridiques, commenta lady Wyman Manderly.
— Non, ce n’est pas vrai. » Wylla Manderly tapa du pied.
« Tais-toi donc, malheureuse, la morigéna lady Leona. Les jeunes filles devraient être un ornement pour l’œil, et non point une douleur pour l’oreille. » Elle empoigna la fillette par sa tresse et l’entraîna hors de la salle en dépit de ses clameurs de protestation. Voilà ma seule amie dans cette salle qui disparaît, se dit Davos.
« Wylla a toujours été une enfant entêtée, expliqua sa sœur en manière d’excuse. Je crains qu’elle ne fasse une épouse entêtée. »
Rhaegar haussa les épaules. « Le mariage l’assouplira, je n’en doute point. Une main ferme et une parole douce.
— Sinon, il reste les Sœurs du Silence. » Lord Wyman changea de position sur son trône. « Quant à vous, chevalier oignon, j’ai assez entendu de trahison pour un jour. Vous voudriez me faire risquer ma cité pour un faux roi et un faux dieu. Vous voudriez me faire sacrifier mon seul fils vivant pour que Stannis Baratheon puisse carrer son cul pincé sur un trône sur lequel il n’a aucun droit. Je n’en ferai rien. Ni pour vous. Ni pour votre seigneur. Ni pour personne. » Le lord de Blancport se hissa sur ses pieds. L’effort colora son cou d’une fluxion rouge. « Vous êtes toujours un contrebandier, ser, venu dérober mon or et mon sang. Vous voudriez prendre le chef de mon fils. Je crois que je vais prendre le vôtre, en lieu et place. Gardes ! Emparez-vous de cet homme ! »
Avant que Davos ait seulement eu l’idée de réagir, il fut cerné de tridents d’argent. « Messire, protesta-t-il, je suis un émissaire.
— Ah vraiment ? Vous vous êtes introduit dans ma cité à la dérobée, comme un contrebandier. Je le déclare, vous n’êtes point lord, ni chevalier, ni émissaire, rien qu’un voleur et un espion, un trafiquant ès mensonges et trahisons. Je devrais vous arracher la langue avec des pinces portées au rouge et vous livrer à Fort-Terreur pour y être écorché. Mais la Mère est charitable et moi aussi. » Il adressa un signe à ser Marlon. « Cousin, emportez cette créature dans l’Antre du Loup, et tranchez-lui le chef et les mains. Je veux qu’on me les apporte avant mon souper. Je ne pourrai avaler une bouchée que je n’aie vu la tête de ce contrebandier au bout d’une pique, avec un oignon enfoncé entre ses dents de menteur. »
Schlingue
Ils lui donnèrent un cheval et une bannière, un pourpoint de laine douce et une chaude cape de fourrure, et le lâchèrent. Pour une fois, il ne puait pas. « Reviens avec ce château, dit Damon Danse-pour-moi en aidant Schlingue tout tremblant à monter en selle, ou continue à galoper et vois jusqu’où tu iras avant que nous te rattrapions. Oui-da, ça lui plairait, ça. » Avec un large sourire, Damon cingla la croupe du cheval de la mèche du fouet, et la vieille haridelle hennit et se mit en route.
Schlingue n’osa pas regarder en arrière, de crainte de voir à ses trousses Damon, Dick le Jaune, Grogne et le reste, que tout ceci ne soit qu’une nouvelle malignité de lord Ramsay, une épreuve cruelle pour jauger ses réactions si on lui confiait un cheval et qu’on le libérait. Se figurent-ils que je vais m’enfuir ? La haridelle qu’on lui avait donnée était une misérable bête, cagneuse et efflanquée ; jamais il ne pourrait espérer distancer les belles cavales montées par lord Ramsay et ses chasseurs. Et Ramsay n’aimait rien tant que de lancer la meute hurlante de ses filles sur les traces d’une proie toute fraîche.
D’ailleurs, s’enfuir ? Où donc ? Derrière lui se trouvaient les camps, peuplés des hommes de Fort-Terreur et ceux que les Ryswell avaient ramenés des Rus, séparés par l’ost de Tertre-bourg. Au sud de Moat Cailin, une autre armée remontait la route, une armée de Bolton et de Frey marchant sous les bannières de Fort-Terreur. À l’est de la route s’étendait une côte lugubre et désolée et une mer froide et salée ; à l’ouest, les marais et les paluds du Neck, infestés de serpents, de lézards-lions et de démons des tourbières aux flèches empoisonnées.
Il ne s’enfuirait pas. Il ne le pouvait pas.
Je lui livrerai le château. Je le ferai. Je le dois.
Le jour était gris, humide et brumeux. Le vent soufflait du sud, moite comme un baiser. Au loin, on distinguait les ruines de Moat Cailin, enveloppées de mèches de brouillard matinal. Son cheval avançait vers elles au pas, ses sabots produisant de légers bruits de ventouse en se dégageant de la vase gris-vert.
Je suis déjà passé par ici. Cette pensée était dangereuse, et il la regretta immédiatement. « Non, dit-il, non, c’était un autre homme, c’était avant que tu connaisses ton nom. » Il s’appelait Schlingue. Il devait s’en souvenir. Schlingue, Schlingue, cela commence comme cheval.