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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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« Les Sept défendent Blancport, déclara lady Leona. Nous ne craignons ni votre reine rouge ni son dieu. Qu’elle envoie les sortilèges qu’elle voudra. Les prières de gens pieux nous protégeront contre le mal.

— En vérité. » Lord Wyman tapota lady Leona sur l’épaule. « Lord Davos, si bel et bien vous êtes lord, je sais ce que votre soi-disant roi attend de moi. De l’acier, de l’argent et un genou ployé. » Il déplaça son poids pour s’accouder. « Avant d’être tué, lord Tywin a offert à Blancport le plein pardon pour notre soutien au Jeune Loup. Il a promis que mon fils me serait rendu dès que j’aurais acquitté une rançon de trois mille dragons et prouvé ma loyauté au-delà de tout doute. Roose Bolton, qui a été nommé notre gouverneur du Nord, exige que je renonce à mes revendications sur les terres et les châteaux de lord Corbois, mais jure que mes autres possessions demeureront intactes. Walder Frey, son beau-père, m’offre une de ses filles pour épouse, et des maris pour les filles de mon fils ici présentes, derrière moi. Ces termes me paraissent généreux, une bonne base pour une paix juste et durable. Vous voudriez que je les repousse. Aussi, je vous le demande, chevalier oignon – que m’offre lord Stannis en retour de mon allégeance ? »

La guerre, le malheur et le cri des hommes qui brûlent, aurait pu répondre Davos. « Une occasion d’accomplir votre devoir », préféra-t-il dire. C’était la réponse qu’aurait donnée Stannis à Wyman Manderly. Une Main doit parler avec la voix de son roi.

Lord Wyman se tassa de nouveau sur son trône. « Le devoir. Je vois.

— Blancport n’est point assez fort pour tenir seul. Vous avez besoin de Sa Grâce autant qu’elle a besoin de vous. Ensemble, vous pouvez défaire vos ennemis communs.

— Messire, intervint ser Marlon dans son armure d’argent ornementée, me permettez-vous de poser quelques questions à lord Davos ?

— À votre guise, cousin. » Lord Wyman ferma les yeux.

Ser Marlon se tourna vers Davos. « Combien de lords nordiens se sont-ils déclarés en faveur de Stannis ? Dites-le-nous.

— Arnolf Karstark a juré de rejoindre Son Altesse.

— Arnolf n’est point un lord véritable, seulement un gouverneur. Quels châteaux lord Stannis détient-il, à l’heure actuelle, je vous prie ?

— Son Altesse a pris pour base Fort-Nox. Au sud, il tient Accalmie et Peyredragon. »

Mestre Théomore se racla la gorge. « Uniquement pour le moment. Accalmie et Peyredragon ont une défense légère et ne tarderont guère à tomber. Et Fort-Nox est une ruine hantée, un lieu sinistre et terrible. »

Ser Marlon poursuivit. « Combien d’hommes Stannis peut-il aligner sur le champ de bataille, pouvez-vous nous le dire ? Combien de chevaliers galopent à ses côtés ? Combien d’archers, de francs coureurs, combien d’hommes d’armes ? »

Trop peu, Davos le savait. Stannis était monté au Nord avec quinze cents hommes tout au plus… Mais si Davos donnait une telle réponse, sa mission ici serait une cause perdue. Il chercha des mots en bredouillant et n’en trouva aucun.

« Votre silence est la seule réponse dont j’aie besoin, ser. Votre roi ne nous apporte que des ennemis. » Ser Marlon se tourna vers le lord son cousin. « Votre Seigneurie a demandé au chevalier oignon ce que Stannis nous propose. Laissez-moi répondre. Il nous propose la défaite et la mort. Il voudrait vous faire chevaucher un cheval d’air et livrer bataille avec une épée de vent. »

Le gras lord ouvrit lentement les yeux, comme si l’effort le dépassait presque. « Mon cousin tranche jusqu’à l’os, comme toujours. Avez-vous encore autre chose à me dire, chevalier oignon, ou pouvons-nous mettre un terme à cette grossière comédie ? Je me lasse de votre visage. »

Davos ressentit une pointe de désespoir. Sa Grâce aurait dû envoyer un autre homme, un lord, un chevalier ou un mestre, quelqu’un qui aurait su parler en son nom sans trébucher sur sa langue. « La mort, s’entendit-il dire. Il y aura la mort, certes. Votre Seigneurie a perdu un fils aux Noces pourpres. J’en ai perdu quatre sur la Néra. Et pourquoi ? Parce que les Lannister ont volé le trône. Allez à Port-Réal et regardez Tommen de vos propres yeux, si vous doutez de ma parole. Un aveugle le verrait. Ce que vous propose Stannis ? La vengeance. La vengeance pour mes fils et les vôtres, pour vos maris, vos pères et vos frères. Vengeance pour votre lord assassiné, votre roi assassiné, vos princes massacrés. Vengeance !

— Oui », pépia une voix d’enfant, légère et flûtée.

Elle appartenait à la fillette aux sourcils blonds et à la longue tresse verte. « Ils ont tué lord Eddard, lady Catelyn et le roi Robb, reprit-elle. Il était notre roi ! Il était brave et bon, et les Frey l’ont assassiné. Si lord Stannis doit le venger, nous devrions rejoindre lord Stannis. »

Manderly l’attira à lui. « Wylla, chaque fois que tu ouvres la bouche, tu me donnes envie de t’expédier chez les Sœurs du Silence.

— J’ai simplement dit…

— Nous avons entendu ce que tu disais », coupa la plus grande des deux filles, sa sœur. « Des sottises d’enfant. Ne dis pas de mal de nos amis Frey. L’un d’eux sera bientôt ton seigneur et époux.

— Non, déclara la jeune fille en secouant la tête. Jamais. Je n’accepterai jamais. Ils ont tué le roi. »

Lord Wyman s’empourpra. « Si. Quand viendra le jour dit, tu prononceras tes vœux nuptiaux, sinon tu rejoindras les Sœurs du Silence et tu ne parleras plus jamais. »

La malheureuse parut abattue. « Grand-père, je vous en prie…

— Tais-toi, mon enfant, renchérit lady Leona. Tu as entendu le seigneur ton grand-père. Tais-toi ! Tu n’y connais rien.

— Je connais la promesse, insista la fillette. Mestre Théomore, dites-leur ! Mille ans avant la Conquête, une promesse a été faite, et des serments ont été prêtés dans l’Antre du Loup, devant les anciens dieux et les nouveaux. Quand nous étions en grand malheur, sans amis, chassés de nos maisons et en péril de nos vies, les loups nous ont recueillis, nourris et protégés contre nos ennemis. La cité est bâtie sur la terre qu’ils nous ont donnée. En retour, nous avons juré que nous serions toujours leurs. Des hommes de Stark ! »

Le mestre tripota la chaîne autour de son cou. « Certes, des serments solennels ont été jurés aux Stark de Winterfell. Mais Winterfell est tombé et la maison Stark a été anéantie.

— Parce qu’ils les ont tous tués ! »

Un autre Frey prit la parole. « Lord Wyman, si je puis ? »

Wyman Manderly lui adressa un hochement de tête. « Rhaegar. Nous avons toujours plaisir à entendre vos nobles avis. »

Rhaegar Frey remercia de ce compliment avec une courbette. Il avait trente ans, ou peu s’en fallait, les épaules arrondies et la panse en marmite, mais il était richement vêtu d’un pourpoint en agneau doux, gris et bordé de tissu d’argent. Sa cape était d’argent, elle aussi, doublée de vair et retenue au col par une broche représentant les tours jumelles. « Dame Wylla, dit-il à la jeune fille à la tresse verte, la loyauté est une vertu. J’espère que vous en montrerez autant envers Petit Walder lorsque vous serez unis par les liens du mariage. Quant aux Stark, la maison n’est éteinte que par la branche mâle. Les fils de lord Eddard sont morts, mais ses filles vivent encore, et la plus jeune vient dans le Nord pour épouser le brave Ramsay Bolton.

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