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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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Elle se dirigea péniblement vers la rivière et s’y lava sans réussir à se débarrasser de la douleur lancinante ni de son trouble. Pourquoi Broud m’a-t-il fait ça ? Iza dit que les hommes désirent assouvir leurs besoins avec les femmes qui leur plaisent, or moi je suis laide. Et pourquoi un homme voudrait-il faire mal à une femme qui lui plaît ? Les femmes aussi semblent y prendre du plaisir, sinon pourquoi feraient-elles tant de gestes pour les encourager ? Cela ne gêne pas Oga quand Broud lui fait ça, au moins une fois par jour, si ce n’est plus.

Ayla fut soudain horrifiée à la pensée que Broud puisse recommencer de lui faire ça. Désespérée, elle songea un bref instant à ne pas revenir à la caverne. Elle se réfugierait dans sa grotte secrète. Mais celle-ci était trop proche de la caverne et puis elle ne pourrait jamais y tenir tout un hiver. Enfin, et surtout, elle ne pouvait quitter Iza, Creb et Uba. Elle ne savait que faire, consciente qu’elle ne pourrait se refuser à Broud. Il ne m’a jamais fait ça quand je n’étais pas encore une femme. Pourquoi ne suis-je pas restée une petite fille ? A quoi bon être une femme si on a un totem trop puissant pour avoir des enfants ? Surtout si un homme vous force de cette façon ? A quoi bon ?

Le soleil était déjà bas à l’horizon quand elle remonta chercher les deux perdrix qu’elle avait laissées sur le tertre. En regardant la rivière, elle se souvint combien elle avait été heureuse de chasser à cet endroit. Elle avait l’impression que cela faisait une éternité. Puis elle se traîna jusqu’à la caverne, souffrant le martyre à chaque pas.

Comme le soleil disparaissait derrière les arbres, Iza se sentait de plus en plus anxieuse. Elle s’était mise à la recherche d’Ayla dans tous les sentiers avoisinants et avait poussé jusqu’au promontoire rocheux pour scruter le chemin qui descendait vers les steppes. Creb, lui aussi, était préoccupé quoiqu’il s’efforçât de n’en rien laisser paraître. Quand la nuit tomba, Brun lui-même commença à s’inquiéter. Iza fut la première à la voir revenir. Elle s’apprêtait à la réprimander, mais elle se ravisa en la voyant.

— Ayla ! Tu es blessée ! Que s’est-il passé ?

— Broud m’a battue, répondit-elle d’un air accablé.

— Mais pourquoi ?

— Je lui ai désobéi, lui signifia la jeune femme en entrant dans la caverne.

Que pouvait-il s’être passé ? se demanda Iza. Cela faisait bien longtemps qu’Ayla ne désobéissait plus à Broud. Alors pourquoi s’était-elle révoltée aujourd’hui contre lui ? Et lui, pourquoi n’avait-il rien dit ? Il savait que j’étais inquiète. Il est rentré quand le soleil était au plus haut. Comment se fait-il qu’Ayla rentre seulement maintenant ? Iza jeta un regard furtif dans la direction du foyer de Broud et le vit, contre tous les usages, dévisager Ayla d’un air narquois.

La scène n’avait pas échappé à Creb : le visage tuméfié d’Ayla, son expression désespérée, le regard triomphant et mauvais que Broud fixait sur elle depuis qu’elle était entrée dans la caverne. Il savait que la haine de Broud n’avait fait que croître au cours des années et que l’impassible soumission de la jeune fille l’exaspérait encore plus que sa révolte enfantine. Mais cette fois un élément nouveau était intervenu, donnant à Broud le sentiment d’avoir barre sur elle. En dépit de sa perspicacité, Creb ne pouvait en deviner la nature.

Le lendemain, Ayla, redoutant de quitter le foyer, fit durer son repas matinal aussi longtemps que possible. Mais Broud l’attendait, excité par le souvenir de son plaisir de la veille. Quand il lui fit de nouveau le signe convenu, elle fut tentée de prendre la fuite, mais elle se résigna. Malgré ses efforts pour demeurer silencieuse, la souffrance lui arracha des cris qui suscitèrent la curiosité de tous ceux qui se trouvaient à proximité. Ils ne comprenaient pas plus ces cris de douleur que le soudain intérêt de Broud pour cette laideronne.

Broud jouissait du nouveau pouvoir qu’il exerçait sur Ayla et il en usait largement, à la grande surprise du clan qui le voyait délaisser son avenante compagne pour cette fille hideuse qu’il haïssait. Au bout de quelque temps, Ayla cessa de souffrir mais elle continua de détester cela. Et c’est justement ce qui plaisait à Broud. Il l’avait remise à sa place, il avait affirmé sa supériorité et enfin trouvé un moyen de la faire réagir. Il aimait la voir trembler à son approche, il se délectait de sa soumission forcée. Il lui suffisait d’y penser pour se sentir envahi d’un désir frénétique. Son activité sexuelle, déjà considérable, s’était encore accrue. Tous les matins où il ne partait pas à la chasse, il la prenait, puis de nouveau le soir et parfois même dans le courant de la journée. Il lui arrivait souvent de se réveiller la nuit dans un état de grande excitation, et il se soulageait alors sur sa compagne. Il était jeune et sain, au zénith de sa puissance sexuelle, et plus elle le haïssait pour ce qu’il lui faisait subir, plus il en tirait du plaisir.

Ayla perdit tout son entrain. Elle se sentait abattue, morose, sans plus de goût à rien. Un seul sentiment l’occupait : sa haine implacable pour Broud et le viol quotidien de son corps qu’il lui infligeait.

Si elle s’était toujours montrée propre et soignée, multipliant les ablutions à la rivière, ses cheveux à présent formaient une masse terne et emmêlée, et elle portait continuellement le même vêtement, sans jamais se préoccuper de le nettoyer. Elle renâclait à accomplir les corvées ménagères, obligeant les hommes les moins brutaux à la corriger. Elle perdit tout intérêt pour les plantes médicinales, cessa de parler, si ce n’est pour répondre à des questions directes, ainsi que d’aller à la chasse. Le malaise provoqué par son état gagna tout le monde au foyer de Creb.

Iza, qui ne comprenait pas les motifs de ce changement soudain, était fort inquiète. Elle savait que cela tenait à l’inexplicable intérêt que Broud portait à Ayla, mais il dépassait son entendement de voir une telle cause produire un tel effet. Elle surveillait attentivement Ayla, et quand la jeune femme commença à éprouver régulièrement au réveil un malaise, elle craignit qu’un mauvais esprit se fût emparé d’elle.

Mais Iza, en guérisseuse expérimentée, fut la première à remarquer qu’Ayla ne respectait pas l’isolement relatif auquel les femmes étaient astreintes lorsque leurs totems se battaient, et elle redoubla de vigilance envers sa fille adoptive. L’hypothèse qui lui vint à l’esprit lui parut d’abord extravagante. Mais après l’écoulement d’une autre lune, Iza se sentit sûre de son fait. Un soir, en l’absence de Creb, elle appela Ayla.

— Je voudrais te parler.

— Oui, répondit Ayla en se traînant auprès d’elle.

— Quand ton totem s’est-il battu pour la dernière fois, Ayla ?

— Je n’en sais rien.

— Je veux que tu fasses un effort pour y réfléchir. Les esprits se sont-ils battus en toi depuis que les arbres ont perdu leurs fleurs ?

La jeune fille rassembla avec peine ses souvenirs.

— Une fois, peut-être.

— C’est bien ce que je pensais, dit Iza. Tu as des nausées le matin, n’est-ce pas ?

— Oui.

Ayla croyait que ses malaises étaient dus aux assauts de Broud, si pénibles à supporter qu’elle en vomissait son repas du matin et même parfois celui du soir.

— Est-ce que tu as mal aux seins ?

— Oui, un peu.

— Et ils ont grossi, n’est-ce pas ?

— Je crois. Mais pourquoi poses-tu ces questions ?

— Ayla, dit-elle en la regardant avec sérieux, je ne comprends pas ce qui a pu se passer et j’ai même du mal à y croire, mais je suis sûre d’avoir raison.

— Et en quoi as-tu raison ?

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