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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Des flots rouges ruisselaient maintenant aux flancs du monstre comme des ruisseaux jaillissant des collines. Il ne roulait plus dans l’écume, mais dans le sang, son corps à la torture, et jusqu’au loin le sillage n’était plus qu’un bouillonnement sanglant. Le soleil bas, illuminant cette mer cramoisie, posait sur le visage des hommes un masque de braise qui les transformait en Peaux-Rouges, cependant que l’évent de la bête à l’agonie laissait fuser à jets saccadés une vapeur blanche, au même rythme véhément des bouffées que le second enfiévré tirait de sa pipe. À chaque coup, il ramenait sa lance tordue, par la ligne qui lui était attachée, la redressait à coups rapides, encore et encore, sur le plat-bord, et encore et encore, il la replongeait dans la baleine.

– Embraquez! Embraquez! cria-t-il alors au fileur, lorsque la colère du cachalot affaibli désarma. Serrez… tout près! Et la pirogue se rangea contre lui flanc à flanc. Penché à l’extrême à l’avant, Stubb fouilla lentement le poisson de sa longue lance aiguë, la maintenant profond, il la tournait et la retournait comme s’il cherchait méticuleusement quelque montre en or qu’elle eût avalée et qu’il eût craint de briser avant d’avoir pu l’extraire. Mais la montre d’or qu’il quêtait c’était le centre vital du poisson. Il fut atteint. Et la bête sortit brusquement de sa torpeur pour entrer dans cette phase inexprimable où l’on dit qu’elle «fleurit», se vautrant atrocement dans son sang, elle s’enveloppa de toutes parts d’un embrun furieux, impénétrable, bouillonnant, si bien que la pirogue en péril, reculant instantanément, eut bien à faire pour se dégager à l’aveugle de ce crépuscule délirant et retrouver la lumière du jour.

Son «flurry» s’affaiblit et la baleine réapparut à la vue, roulant d’un flanc sur l’autre, un spasme dilatant et contractant son évent dans un râle d’agonie aigu et fêlé. Enfin, après avoir laissé fuser, flot par flot, vers le ciel épouvanté, les caillots de son sang, pareil à la lie épaisse d’un vin pourpre, ils retombèrent et ruisselèrent sur son flanc immobile. Son cœur avait éclaté!

– Elle est morte, monsieur Stubb, dit Daggoo.

– Oui… nos deux pipes sont éteintes! Et retirant la sienne de sa bouche, Stubb en secoua les cendres sur la mer et, pendant un moment, resta à contempler pensivement l’immense cadavre qu’il venait de faire.

CHAPITRE LXII Le dard

Un mot au sujet d’un épisode du chapitre précédent. Selon l’usage immuable de la pêcherie, la baleinière déborde du navire avec son chef de pirogue, ou tueur de baleines, comme timonier temporaire, son harponneur, ou piqueur de baleines, nageant à l’aviron de pointe, appelé aviron du harponneur. Il faut un bras énergique et puissant pour lancer le premier fer dans le poisson, car souvent ce qu’on appelle le dard long, fer pesant, doit être lancé à une distance de vingt ou trente pieds. Pourtant, quelque longue et épuisante que puisse être la poursuite, on attend du harponneur qu’il ne cesse de tirer sur l’aviron pendant toute sa durée et, en vérité, on attend même de lui qu’il donne aux autres l’exemple d’une activité surhumaine, non seulement par son effort incroyable à l’aviron, mais encore en poussant des exclamations retentissantes et répétées d’encouragement. Ce que signifie crier continuellement à tue-tête lorsque tous les muscles sont tendus à craquer, nul ne le sait qui n’en a point fait l’expérience. Le tout premier je suis incapable de brailler de bon cœur et de travailler à corps perdu en même temps. C’est alors que, s’époumonnant et exténué, tournant le dos au gibier, le harponneur entend tout à coup le cri excitant: «Debout! Pique!» Il lui faut aussitôt laisser tomber son aviron, l’assurer, se tourner à demi, s’emparer de son harpon en le dégageant de la fourche et, avec le peu de force dont il dispose encore, essayer de le lancer tant bien que mal dans la baleine. Il n’y a rien d’étonnant, dès lors, à ce que, si l’on prend l’ensemble d’une flotte baleinière, sur cinquante occasions offertes de piquer, il n’y en ait pas cinq qui réussissent, rien d’étonnant à ce que tant de malheureux harponneurs soient voués aux malédictions et honnis, rien d’étonnant à ce que tant d’entre eux se fassent sauter les vaisseaux sanguins dans l’effort, rien d’étonnant à ce que des cachalotiers ne fassent que quatre barils d’huile en quatre ans, rien d’étonnant à ce que l’industrie baleinière soit une mauvaise affaire pour de nombreux armateurs, car c’est du harponneur que dépend le succès du voyage, et si on le prive de son souffle, comment attendre qu’il le retrouve au moment où le besoin en est le plus impérieux.

Si la baleine est par chance harponnée, l’instant qui suit est également critique, tandis qu’elle commence à fuir, le chef de pirogue et le harponneur commencent eux aussi à courir de l’avant à l’arrière, menacés par le danger et menace pour les autres. Car c’est à ce moment-là qu’ils changent de place, le chef de pirogue prenant son poste à l’étrave.

Il m’est indifférent qu’on vienne me soutenir le contraire, mais je prétends que cela est à la fois idiot et superflu. Le chef devrait être à l’avant depuis le début, il devrait lancer et le harpon et la lance, et ne devrait pas avoir à ramer du tout, sauf lors de circonstances particulières où tout pêcheur sait ce qu’il a à faire. Je sais que cela entraînerait parfois une légère perte de vitesse dans la chasse, mais une longue expérience des baleiniers de plus d’une nation m’a convaincu que la majorité des échecs de la pêche est due moins à la rapidité de la baleine qu’à l’épuisement du harponneur.

Pour avoir un maximum d’efficacité, les harponneurs de ce monde devraient bondir sur leurs pieds au sortir de l’oisiveté et non d’un dur effort.

CHAPITRE LXIII La fourche

Du tronc croissent les branches et des branches les rameaux. De même les sujets fertiles font croître les chapitres.

La fourche mentionnée dans une page précédente mérite une description. C’est une tige de bois à encoche, de forme particulière, de quelque deux pieds de haut, encastrée verticalement dans le plat-bord de la pirogue, près de l’étrave, de manière à fournir un support au manche du harpon, dont la lame ressort sur l’avant afin qu’il soit aussi facile à saisir qu’un fusil pendu au mur pour le coureur des bois. Il est d’usage que deux harpons reposent sur la fourche, respectivement appelés premier et deuxième fers.

L’extrémité de la ligne est frappée sur l’estrope de ces deux harpons afin qu’ils puissent, dans la mesure du possible, être lancés presque instantanément l’un après l’autre dans la même baleine, de sorte qu’à la première résistance offerte, l’un reste ancré si l’autre cède. Les chances sont ainsi doublées. Mais il arrive souvent qu’ayant reçu son premier fer, la baleine fuie aussitôt avec de violents soubresauts, rendant impossible au harponneur, pourtant prompt comme l’éclair dans ses mouvements, de lancer son second fer. Toutefois, le second harpon étant déjà relié à la ligne et celle-ci se mettant à filer, il faut à tout prix, que d’une façon ou d’une autre, l’arme soit jetée, quelque part et de quelque manière que ce soit, hors de la baleinière, afin de préserver l’équipage du danger qu’il représente. En ce cas, il est simplement lancé à l’eau. La plupart du temps, cette mesure de prudence est réalisable grâce à ce qu’il reste de ligne en réserve dans la baille et dont il a été question au chapitre précédent. Mais cette action critique n’est pas toujours accomplie sans accidents des plus graves, voire mortels.

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