Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr]
La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr]

Электронная книга - «La reine du printemps [The Queen of Springtime - fr]». Краткое содержание книги:

Pendant plus de sept cent mille ans, le Peuple avait vécu dans une caverne profonde, un Nid. Au dehors, la Terre avait été bombardée tout ce temps par une pluie de comètes et d’astéroïdes : un phénomène qui se reproduit sur Terre tous les vingt-six millions d’années et qui est responsable de l’extermination en masse d’espèces, comme jadis les dinosaures.
Mais le Peuple avait survécu, grâce à la prévoyance de ceux qui l’avaient précédé : les vrais humains. Et cela avait été un choc pour Hresh, l’enfant curieux devenu homme-mémoire et chef de sa tribu, de découvrir que le Peuple n’était pas humain, tout au plus les descendants améliorés de singes disparus. Mais le Peuple représentait désormais l’humanité sur Terre et il lui fallait redécouvrir l’héritage que les grandes races avaient laissé, et trouver sa propre voie. A peine l’avait-il entrepris qu’il se heurtait à l’expansionnisme d’une autre espèce qui avait, elle aussi, franchi le Long Hiver, les hijks, une espèce intelligente, constituée sur le mode de la fourmilière, et qui proposait à tous les peuples l’adoration de sa reine, la Reine du Printemps.
1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 143
Перейти на страницу:

Il attendit le retour de son fils, le regard fixé sur le bout de ses doigts.

Biterulve revint quelques minutes plus tard, un rouleau à la main.

— Je pense que c’est ça, dit-il.

— Lis-le-moi. Mes yeux sont fatigués, cette nuit.

— Il est scellé, père !

— Brise le sceau, mais fais-le proprement.

— Est-ce bien raisonnable, père ?

— Donne-moi ça ! s’écria Salaman en lui arrachant le rouleau des mains.

Il était en effet fermé par le sceau rouge de Taniane portant l’empreinte du chef. Un message secret adressé à Thu-kimnibol. Eh bien, aucun sceau n’était inviolable. Le roi ordonna aux gardes de lui apporter un couteau et une torche, puis il commença à chauffer le sceau jusqu’à ce que la substance dont il était fait soit assez amollie pour qu’il puisse l’ouvrir, libérant la large feuille de vélin enroulée.

— Lis-moi tout de suite ce message, dit le roi.

Biterulve posa les doigts sur le vélin et le texte du message apparut. Comme il n’avait pas l’habitude de l’écriture qui, sous l’influence de la langue Beng, avait maintenant cours dans la Cité de Dawinno, il hésita quelques instants. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour s’adapter.

— C’est très court, dit-il. Taniane dit seulement : Rentre immédiatement, toutes choses cessantes. Et elle ajoute : La situation est très grave. Nous avons besoin de toi.

— C’est tout ?

— Il n’y a rien d’autre, père.

Salaman prit la feuille de vélin, l’enroula de nouveau et replaça soigneusement le sceau.

— Remets le rouleau dans la sacoche où tu l’as trouvé, dit-il à son fils.

Un garde apparut.

— Il refuse de boire le bouillon chaud, sire. Il est trop faible. Il a l’air épuisé par le manque de nourriture et il a beaucoup souffert du froid. Je pense qu’il risque de mourir.

— Faites-le-lui avaler de force, dit le roi. Je ne veux pas qu’il claque dans mes bras. Allons, ne restez pas là, empoté !

— C’est inutile, sire, dit un autre garde en s’avançant. Il est mort.

— Mort ? Vous en êtes sûr ?

— Il s’est redressé d’un seul coup, il a crié quelque chose en Beng et tout son corps s’est mis à trembler d’une manière affreuse. Puis il est retombé sur le lit et, depuis, il ne bouge plus.

Ces gens du sud, se dit Salaman. Incapables de supporter un voyage de quelques semaines dans le froid.

Mais, pour les gardes, il fit précipitamment quelques signes sacrés et entonna un psaume à Yissou.

Puis il leur ordonna d’aller quérir un guérisseur, pour le cas où il resterait encore un souffle de vie dans le corps du messager. Et aussi de prendre toutes les dispositions utiles pour l’inhumation.

— Tu vas emmener son xlendi dans les écuries du palais, dit-il à Biterulve, puis tu monteras les sacoches dans ma chambre et tu les mettras sous clé. Ensuite, tu iras réveiller Thu-kimnibol, tu lui raconteras ce qui s’est passé et tu lui diras qu’on lui remettra le message demain matin.

— Et toi, père ?

— Je pense que je vais remonter un petit moment dans le pavillon. J’ai besoin de mettre de l’ordre dans mes idées.

Il sortit. En débouchant dans la rue, il tourna la tête vers la gauche pour voir si les Consentants n’étaient pas revenus danser sur la place du Soleil. Mais elle était déserte. Il porta la main à sa tête qui lui élançait encore, puis il se baissa et ramassa une poignée de neige qu’il frotta sur son front douloureux. Il eut l’impression que cela lui faisait du bien.

L’aube n’allait pas tarder à se lever. Le vent mugissait toujours avec la même intensité, mais il ne tombait plus que quelques flocons de neige. Elle formait sur le sol un épais tapis. Salaman n’avait pas souvenir d’une chute de neige aussi abondante depuis trente ans. Était-ce pour cela que ces énergumènes étaient sortis ? Pour danser dans la neige et manifester leur joie devant un événement aussi rare ?

— Des Consentants, murmura-t-il. Des Consentants.

Il faut que je parle de cela avec Athimin. Dès que possible.

Il remonta l’escalier menant au chemin de ronde et demeura un long moment immobile devant la fenêtre de son pavillon, le regard perdu dans l’immensité neigeuse des plaines du sud, jusqu’à ce que son esprit soit entièrement vide et que la tension de ses muscles se soit un peu relâchée. Il vit poindre à l’orient les premières lueurs rosées du jour naissant. La nuit tout entière n’avait été qu’un rêve interminable. Mais il se sentait étrangement dispos, comme s’il avait accédé à un état où la simple possibilité de la fatigue n’existait pas… Ou bien, peut-être, comme s’il était mort sans s’en rendre compte, à un moment ou à un autre de cette nuit de folie.

Il redescendit lentement l’escalier jusqu’au pied de la muraille, enfourcha son xlendi et regagna le palais en traversant la cité qui commençait de s’éveiller.

Athimin fut le premier à être admis dans la Salle des Cérémonies où Salaman, étrangement impassible, était assis sur le trône royal. Il y avait quelque chose de curieux dans l’attitude du prince qui s’avançait vers le trône, une singulière hésitation qui déplut au roi. Athimin avait d’ordinaire la démarche énergique et décidée qui seyait au deuxième des huit fils du roi. Mais, ce matin-là, c’est d’un pas furtif qu’il marchait en lançant à son père des regards méfiants et en semblant prêt à lever le bras pour se protéger le visage.

— Que les dieux t’accordent une bonne journée, père, dit-il d’une voix étrangement peu assurée. Il paraît que tu as passé une mauvaise nuit. La dame Sinithista…

— Je vois que tu lui as déjà parlé.

— Nous avons déjeuné tous les trois, avec Chham, et elle semblait très perturbée. Elle nous a dit que tu avais fait un horrible cauchemar et que tu étais sorti en pleine nuit, comme un possédé…

— La dame Sinithista, le coupa Salaman, ferait mieux de fermer sa bouche royale, sinon je me chargerai de le faire. Mais je ne t’ai pas demandé de venir pour parler de la nature de mes rêves, poursuivit-il en lançant au prince un regard pénétrant. Qui sont les Consentants, Athimin ?

— Les Consentants, sire ?

— Oui, les Consentants. Tu connais ce terme, n’est-ce pas ?

— Euh ! Oui, père. Mais je m’étonne que, toi, tu le connaisses.

— Je l’ai appris cette nuit et ce fut l’une de mes nombreuses aventures nocturnes. Je me trouvais dans la rue, devant le corps de garde, quand j’ai aperçu sur la place du Soleil un groupe de lunatiques qui dansaient nus dans la neige. J’ai demandé à Biterulve qui m’accompagnait qui étaient ces gens et il m’a répondu : « Ce sont des Consentants, père. » Mais il a été incapable de m’en dire plus. Il a quand même ajouté que tu serais à même de me renseigner.

Athimin se dandinait nerveusement d’une jambe sur l’autre. Salaman ne l’avait jamais vu aussi indécis, aussi agité, et il commençait à flairer un relent de trahison.

— Ce sont des Consentants, père… Ces danseurs que tu as vus… Ces gens que tu as qualifiés à juste titre de cinglés…

— J’ai employé le mot lunatique. Ceux qui sont soumis aux influences de la lune et atteints de folie, même si, pendant qu’ils dansaient, l’astre de la nuit n’était guère visible à travers les bourrasques de neige. Qui sont ces gens, Athimin ?

— Des gens bizarres et malheureux dont l’esprit est dérangé par des sornettes et des inepties. Il faut avoir le cerveau un peu dérangé pour aller danser quand soufflent les vents malins ou pour s’ébattre tout nu dans la neige. Rien ne les embarrasse, car ils ont la conviction que la mort n’est pas importante, qu’il ne faut jamais reculer devant un risque, mais faire tout ce qu’on juge bon de faire, sans crainte ni gêne.

1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)