Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
« Nous n’y serions jamais arrivés sans l’Arpenteur, dit Frodo. Mais nous avions besoin de vous. Je ne savais que faire sans vous. »
« J’ai été retenu, dit Gandalf, et c’est venu bien près de causer notre perte. Mais je n’en suis pas sûr : c’était peut-être mieux ainsi. »
« J’aimerais vraiment que vous me racontiez ce qui s’est passé ! »
« Chaque chose en son temps ! Vous n’êtes pas censé parler ou vous soucier de quoi que ce soit aujourd’hui, sur l’ordre d’Elrond. »
« Mais bavarder m’empêcherait de penser et de me poser des questions, ce qui est tout aussi fatigant, dit Frodo. Je suis parfaitement éveillé, à présent, et tant de choses me viennent à l’esprit qui méritent une explication. Qu’est-ce qui vous a retenu ? Vous devriez au moins me dire cela. »
« Vous apprendrez bientôt tout ce que vous désirez savoir, dit Gandalf. Nous tiendrons un Conseil dès que vous serez en état. Pour l’instant, je me contenterai de dire que j’ai été fait prisonnier. »
« Vous ? » s’écria Frodo.
« Oui, moi, Gandalf le Gris, dit gravement le magicien. Il y a bien des puissances dans le monde, pour le bien ou pour le mal. Il en est de plus grandes que moi ; et il en est d’autres auxquelles je n’ai pas encore été mesuré. Mais mon heure approche. Le Sire de Morgul et ses Cavaliers Noirs sont sortis. La guerre se prépare ! »
« Alors vous connaissiez déjà ces Cavaliers – avant qu’ils se dressent sur mon chemin ? »
« Oui, je les connaissais. En fait, je vous ai déjà parlé d’eux une fois ; car les Cavaliers Noirs sont les Spectres de l’Anneau, les Neuf Serviteurs du Seigneur des Anneaux. Mais si j’avais su qu’ils avaient refait surface, j’aurais immédiatement pris la fuite avec vous. Je n’ai entendu parler d’eux qu’après vous avoir quitté en juin ; mais cette histoire devra attendre. Pour l’instant, nous avons échappé au désastre, grâce à Aragorn. »
« Oui, dit Frodo, c’est l’Arpenteur qui nous a sauvés. Pourtant, il me faisait peur au début. Sam ne lui a jamais vraiment fait confiance, je pense, du moins pas avant notre rencontre avec Glorfindel. »
Gandalf sourit. « On m’a tout raconté au sujet de Sam, dit-il. Il ne doute plus, à présent. »
« J’en suis heureux, dit Frodo, car je me suis pris d’affection pour l’Arpenteur. Mais affection n’est pas le mot juste. Je veux dire qu’il m’est cher ; même s’il est étrange, et sombre par moments. En fait, il me fait souvent penser à vous. Je ne savais pas qu’il y avait des hommes comme lui chez les Grandes Gens. Je pensais… enfin, je les pensais simplement grands, et plutôt bêtes : gentils et bêtes, comme Fleurdebeurre, ou bêtes et méchants, comme Bill Fougeard. Mais dans le Comté, on ne connaît pas beaucoup les Hommes, sauf peut-être les Briennais. »
« Vous ne les connaissez pas beaucoup eux non plus, si vous pensez que le vieux Filibert est bête, dit Gandalf. Il est sage à sa manière. Il réfléchit moins qu’il ne parle, et moins vite ; pourtant, il finirait par voir au travers d’un mur de brique (comme on dit à Brie). Mais des Hommes comme Aragorn fils d’Arathorn, il n’y en a plus beaucoup en Terre du Milieu. La lignée des Rois d’au-delà de la Mer est quasi éteinte. Il se peut que cette Guerre de l’Anneau soit leur dernière aventure. »
« Quoi ? Vous voulez dire que l’Arpenteur est du peuple des anciens Rois ? dit Frodo, ébahi. Je croyais que ces gens avaient tous disparu il y a longtemps. Je pensais qu’il n’était qu’un Coureur. »
« Qu’un Coureur ! s’écria Gandalf. Mais mon cher Frodo, c’est précisément ce que sont les Coureurs. Ce sont, ici dans le Nord, les derniers représentants de ce grand peuple, des Hommes de l’Ouest. Ce n’est pas la première fois qu’ils me viennent en aide, et leur aide me sera nécessaire dans un proche avenir ; car nous voilà parvenus à Fendeval, mais l’Anneau n’y restera pas. »
« Je suppose que non, dit Frodo. Mais ma seule pensée jusqu’à présent était de me rendre ici ; et j’espère ne pas devoir aller plus loin. C’est bien agréable de se reposer sans avoir rien d’autre à faire. Après un mois d’exil et d’aventures, je m’aperçois que c’est bien suffisant à mon goût. »
Il se tut et ferma les paupières. Au bout d’un moment, il reprit. « J’ai bien calculé, dit-il, et je n’arrive pas à faire coïncider le total des jours au 24 octobre. Nous devrions être le 21. Nous devons avoir atteint le Gué dès le 20. »
« Vous avez parlé et calculé beaucoup plus que vous ne l’auriez dû, dit Gandalf. Comment sentez-vous votre épaule et vos côtes ? »
« Je ne sais pas, répondit Frodo. Je ne les sens pas du tout, ce qui est déjà mieux, mais… » – il fit un effort – « j’arrive à bouger mon bras un peu, maintenant. Oui, il reprend vie. Il n’est pas froid », ajouta-t-il, tâtant sa main gauche de son autre main.
« Bien ! dit Gandalf. Il se remet vite. Bientôt, vous serez de nouveau en parfaite santé. Elrond vous a guéri : cela fait des jours qu’il vous soigne, depuis qu’on vous a amené ici. »
« Des jours ? » dit Frodo.
« Eh bien, quatre nuits et trois jours, pour être exact. Les Elfes vous ont transporté du Gué le 20 au soir, et c’est là que vous avez perdu le compte. Nous étions terriblement inquiets, et Sam est resté à votre chevet pratiquement jour et nuit, sauf pour porter des messages. Elrond est un maître de la guérison, mais notre Ennemi possède des armes mortelles. Pour tout vous dire, j’avais très peu d’espoir, car je soupçonnais que la blessure, quoique refermée, puisse encore contenir un fragment de la lame. Il est resté introuvable jusqu’à hier soir ; Elrond a alors retiré un éclat. Il était profondément enfoui et s’enfonçait toujours plus avant. »
Frodo frissonna, se rappelant le cruel poignard à lame dentelée qui s’était volatilisé dans les mains de l’Arpenteur. « Ne vous affolez pas ! dit Gandalf. Il n’y est plus, à présent. Il a été fondu. Et il semble que les Hobbits ne disparaissent pas facilement. J’ai connu de solides guerriers parmi Grandes Gens qui auraient rapidement succombé à cet éclat, tandis qu’il est resté en vous pendant dix-sept jours. »
« Qu’est-ce qu’ils auraient fait de moi ? demanda Frodo. Qu’est-ce que les Cavaliers essayaient de faire ? »
« Ils ont tenté de vous percer le cœur avec un poignard de Morgul, qui demeure dans la plaie. S’ils avaient réussi, vous seriez devenu comme eux, mais plus faible, et sous leur commandement. Vous seriez devenu un spectre sous la domination du Seigneur Sombre ; et il vous aurait tourmenté pour avoir essayé de garder son Anneau – s’il est un tourment plus insupportable que de vous le faire dérober, pour ensuite le voir à son doigt. »
« Grâce au ciel, je ne me rendais pas compte de l’horrible danger où j’étais ! dit Frodo d’une voix ténue. J’avais mortellement peur, bien sûr ; mais si j’en avais su davantage, je n’aurais même pas osé bouger. C’est merveille que j’aie pu m’en sauver ! »
« Oui, la fortune ou le destin vous ont aidé, dit Gandalf, sans oublier le courage. Car votre cœur n’a pas été touché ; seule votre épaule a été percée, et c’est parce que vous vous êtes battu jusqu’au bout. Mais vous étiez à un doigt d’y rester, si je puis dire. Votre péril était d’autant plus grave que vous portiez l’Anneau, car alors, vous étiez vous-même à moitié dans le monde des spectres, et ils auraient pu vous saisir. Vous pouviez les voir, eux, et ils pouvaient vous voir aussi. »
« Je sais, dit Frodo. Ils étaient terribles à contempler ! Mais comment expliquer que tous aient pu voir leurs chevaux ? »
« Parce que c’étaient de vrais chevaux ; tout comme leurs vêtements noirs sont de vrais vêtements, qu’ils portent pour donner forme à leur néant quand ils sont en commerce avec les vivants. »