Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Pour vous, ils ne sont que chair à flèches. Je puis les mettre à meilleur emploi sur le Mur. Donnez-les-moi pour en user à ma guise, et je vous montrerai où trouver votre victoire… et des hommes par la même occasion. »
Stannis se massa la nuque. « Vous marchandez comme une vieillarde avec un cabillaud, lord Snow. Ned Stark vous aurait-il enfanté avec une poissonnière ? Combien d’hommes ?
— Deux mille. Peut-être trois.
— Trois mille ? De quelle sorte d’hommes parlons-nous ?
— D’hommes fiers. Pauvres. Chatouilleux sur le chapitre de l’honneur, mais féroces combattants.
— Vous avez intérêt à ne pas me jouer un tour de bâtard. Si je veux échanger trois cents combattants contre trois mille ? Assurément, je le veux. Je ne suis pas un parfait imbécile. Si je laisse également la fille avec vous, ai-je votre parole que vous monterez étroitement la garde auprès de notre princesse ? »
Elle n’est pas princesse. « Comme il plaira à Votre Grâce.
— Ai-je besoin de vous faire prêter serment devant un arbre ?
— Non. » Était-ce de l’humour ? Avec Stannis, la chose était difficile à dire.
« Marché conclu, alors. Bien. Où sont ces hommes ?
— Vous les trouverez ici. » Jon étala sa main brûlée sur la carte, à l’ouest de la route Royale et au sud du Don.
— Ces montagnes ? » Stannis devint soupçonneux. « Je ne vois là aucune indication de châteaux. Ni route, ni ville, ni bourg.
— La carte n’est pas le territoire, disait souvent mon père. Des hommes vivent dans les hautes vallées et les alpages depuis des milliers d’années, gouvernés par leurs chefs de clan. Vous les qualifieriez de nobliaux, bien qu’ils n’usent pas de tels termes entre eux. Les champions des clans se battent avec d’énormes épées à deux mains, tandis que les hommes ordinaires envoient des pierres à la fronde et font assaut de bâtons en frêne des montagnes. Un peuple querelleur, il faut le dire. Quand ils ne se battent pas entre eux, ils gardent leurs troupeaux, pèchent dans la baie des Glaces et élèvent les plus hardies montures que vous trouverez jamais.
— Et ils se battront pour moi, pensez-vous ?
— Si vous le leur demandez.
— Pourquoi devrais-je quémander ce qui m’est dû ?
— Demander, ai-je dit, non quémander. » Jon retira sa main. « Il ne sert à rien d’envoyer des messages. Votre Grâce devra elle-même aller à leur rencontre. Partager avec eux le pain et le sel, boire la bière, écouter leurs cornemuseurs, vanter la beauté de leurs filles et le courage de leurs fils, et leurs épées seront pour vous. Les clans n’ont plus vu de roi depuis que Torrhen Stark a plié le genou. Votre arrivée les honorera. Ordonnez-leur de combattre pour vous, et ils s’entre-regarderont en se demandant : qui est cet homme ? Ce n’est pas mon roi.
— De combien de clans me parlez-vous ?
— Une quarantaine, petits et grands. Flint, Wull, Norroit, Lideuil… Gagnez-vous le Vieux Flint et le Grand Quartaut, et le reste suivra.
— Le Grand Quartaut ?
— Le Wull. Il a la plus grosse panse des montagnes, et le plus grand nombre d’hommes. Les Wull pèchent dans la baie des Glaces et content à leurs petits que les Fer-nés viendront les prendre s’ils ne se conduisent pas bien. Pour parvenir jusqu’à eux, Votre Grâce devra traverser les terres des Norroit, toutefois. Ce sont les habitants les plus proches du Don et ils ont toujours vécu en bonne intelligence avec la Garde. Je pourrais vous donner des guides.
— Vous pourriez ? » Stannis ne laissait pas passer grand-chose. « Ou vous le ferez ?
— Je vous en donnerai. Vous en aurez besoin. Et des poneys au pied sûr. Là-haut, les chemins ne sont plus guère que des sentiers de chèvres.
— Des sentiers de chèvres ? » Le roi rétrécit ses yeux. « Je vous parle d’un mouvement rapide, et vous me faites perdre mon temps sur des sentiers de chèvres ?
— Quand le Jeune Dragon a conquis Dorne, il a eu recours à un sentier de chèvres pour contourner les tours de guet dorniennes sur les Osseux.
— Je connais l’histoire, moi aussi, mais Daeron l’a exagérée dans son bouquin prétentieux. Ce sont les vaisseaux qui ont remporté cette guerre, et non point des sentiers de chèvres. Poingdechêne a brisé Bourg-Cabanes et remonté la moitié de la Sang-vert tandis que le gros des forces dorniennes était engagé dans la Passe-du-Prince. » Stannis tambourina des doigts sur la carte. « Ces lords des montagnes ne s’opposeront pas à mon passage ?
— Hormis par des banquets. Chacun essaiera de surpasser les autres en hospitalité. Le seigneur mon père a dit qu’il n’avait jamais mangé moitié si bien qu’en visitant les clans.
— Pour trois mille hommes, je suppose que je peux endurer quelques cabrettes et du gruau », concéda le roi, bien que le ton de sa voix rechignât même à cela.
Jon se tourna vers Mélisandre. « Madame, un avertissement loyal. Les anciens dieux sont puissants dans ces montagnes. Les hommes des clans ne souffriront point qu’on insulte leurs arbres-cœur. »
La remarque parut amuser la femme rouge. « Ne craignez rien, Jon Snow, je ne troublerai pas vos sauvages des montagnes et leurs dieux sombres. Ma place est ici, auprès de vous et de vos valeureux frères. »
C’était la dernière chose qu’aurait désirée Jon Snow, mais avant qu’il puisse formuler une objection, le roi déclara : « Où voudriez-vous que je mène ces vaillants guerriers, sinon contre Fort-Terreur ? »
Jon jeta un coup d’œil à la carte. « Motte-la-Forêt. » Il frappa le lieu du doigt. « Si Bolton a l’intention d’attaquer les Fer-nés, vous le devez aussi. L’endroit se compose d’un rempart et d’une motte castrale au sein d’une forêt profonde, facile à prendre par surprise. Un castel de bois, défendu par une digue de terre et une palissade en rondins. La progression sera plus lente à travers les montagnes, je vous l’accorde, mais là-haut votre ost pourra se déplacer sans être vu, pour émerger presque aux portes de Motte. »
Stannis se frictionna la mâchoire. « Lors du premier soulèvement de Balon Greyjoy, j’ai battu les Fer-nés en mer, où ils sont les plus féroces. Sur terre, pris à l’improviste… Certes. J’ai remporté une victoire sur les sauvageons et leur Roi-d’au-delà-du-Mur. Si je peux également écraser les Fer-nés, le Nord saura qu’il a de nouveau un roi. »
Et j’aurai mille sauvageons, se dit Jon, et aucun moyen d’en nourrir ne serait-ce que la moitié.
Tyrion
La Farouche Pucelle avançait à travers le brouillard comme un aveugle tâtonne dans une salle inconnue de lui.
La septa Lemore priait. Les brumes amortissaient le son de sa voix pour l’amenuiser, l’assourdir. Griff arpentait le pont, sa maille cliquetant doucement sous sa cape en peau de loup. De temps en temps, il touchait son épée, comme pour s’assurer qu’elle pendait toujours à sa hanche. Rolly Canardière maniait la perche sur tribord, Yandry, celle sur bâbord. Ysilla tenait la barre.
« Je n’aime pas cet endroit, marmonna Haldon Demi-Mestre.
— Un peu de brouillard vous effraie ? » se gaussa Tyrion, bien qu’à la vérité, il y en eût beaucoup. À la proue de la Farouche Pucelle, veillait Griff le Jeune avec la troisième perche, pour les écarter des périls quand ils surgissaient dans le brouillard. Les lanternes avaient été allumées en proue et en poupe, mais la brume était si épaisse qu’à mi-navire, le nain distinguait à peine une lumière flottant en avant et une autre qui les suivait. Lui-même avait pour consigne de s’occuper du brasero et de ne pas laisser le feu s’éteindre.